Au nom d’Allah le Clément, le Miséricordieux, Louanges à Allah.

 

Qu'est-ce que l'adoption en islam?

 

Est-il permis d'adopter des enfants en islam? Si oui, est-ce qu’une fille adoptée doit porter le hijab quand elle atteint l’âge de neuf ans en présence de son père et de ses frères?

De même, dans le cas d’un garçon adopté, la mère et la sœur doivent-elles observer le port du hijab en sa présence ?

            En ce qui concerne la question de l'adoption d'un point de vue islamique, nous devons séparer deux points : d'une part, le fait d’aider des enfants orphelins et des pauvres; et d'autre part les implications d'une telle aide.

En ce qui concerne le fait d'aider les pauvres et les orphelins, l'Islam est non seulement d'accord avec cela, mais plus, il le recommande fortement. Dans toutes les formes de charités, l'orphelin et le pauvre sont mentionnés comme étant les principaux bénéficiaires de ces aides. Le prophète a encouragé les musulmans à s'occuper des orphelins:

"Au paradis, le tuteur de l'orphelin et moi-même seront comme ces deux doigts"; il fit alors un "V" avec l'index et le majeur et les écarta. (Boukhari)

Et en ce qui concerne ceux qui ne respectent pas les droits des enfants orphelins, Allah a mis en garde  :

« Ceux qui mangent [disposent] injustement des biens des orphelins ne font que manger du feu dans leurs ventres. Ils brûleront bientôt dans les flammes de l'Enfer. »
Sourate 4:verset 10

L'Islam approuve donc pleinement la notion d'aide à l'orphelin et au pauvre, ainsi que le fait de les prendre sous son aile. Et s'il n'y a personne pour prendre soin des enfants orphelins et des pauvres, cette responsabilité incombera alors au gouvernement islamique. Cependant, quand nous arrivons aux implications et aux conséquences légales de l'adoption, nous trouvons quelques différences entre l'Islam et le système actuel prévu en occident.

Dans le système occidental, l'adoption signifie non seulement qu'un enfant est confié aux  soins d'une personne ou de plusieurs personnes; mais également que l'enfant adopté portera le nom de famille du parent adoptif.
Par exemple, si un enfant appelé John Stuart Mill est adopté par M. William Bourassa, il deviendra John W. Bourassa. Si cette adoption a lieu dans la petite enfance, alors l'enfant ne connaitra probablement jamais sa véritable filiation et ou son vrai nom de famille.
C'est cette partie du procédé d'adoption que l'Islam n'accepte pas. Ainsi en islam, si on utilise le mot "adoption", cela signifie tutelle.

Dans l’Arabie préislamique, le système d'adoption était semblable à ce que nous voyons maintenant en occident : l'enfant prenait le nom de famille du père adoptif. Quand l'Islam est venu, il a catégoriquement rejeté ce procédé.

Voyons un exemple avec la vie du prophète Muhammad:

Quand le prophète s’est marié avec Khadija, , elle lui a donné un esclave connu sous le nom de Zayd ben Haritha (Zayd fils de Haritha). Le prophète a tellement bien pris soin de Zayd que leur rapport est passé de celui d'un maître envers son esclave, à celui d’un père envers son fils. Zayd était l'une des premières personnes à accepter l'Islam. Cependant, son père et ses oncles qui étaient à sa recherche, le retrouvèrent un jour à la Mecque. Ils se rendirent donc chez le prophète Muhammad pour lui expliquer que Zayd avait été capturé par quelques voleurs qui l’avaient ensuite marchandé pour l'esclavage. Le prophète le libéra aussitôt pour le rendre à sa famille. Mais Zayd refusa de laisser le prophète Muhammad et de rentrer chez son père. Haritha, le père de Zayd, se fâcha de cette réponse et proclama que dorénavant Zayd ne serait plus son fils. Le prophète répondit immédiatement en adoptant Zayd. Zayd fut dès lors connu sous le nom de Zayd ben Muhammad (Zayd, fils de Muhammad). Et cette situation a perduré jusqu’à l’émigration du prophète à Médine. Zayd avait alors grandi et était devenu un homme marié. Cependant, son mariage était un échec. C’est pendant cette pèriode qu’Allah a descendu quelques versets liés au divorce de Zayd dans lequel Il a également parlé de la question du changement de nom des enfants adoptés. Il a dit :

« Appelez-les du nom de leurs pères : c’est plus équitable devant Allah. Mais si vous ne connaissez pas leurs pères, alors considérez-les comme vos frères en religion ou vos alliés. Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais (vous serez blâmés pour) ce que vos cœurs font délibérément. Allah, cependant, est Pardonneur et Miséricordieux. »
Sourate 33:verset 5

Après la révélation de ce verset, Zayd s'est donc de nouveau appelé Zayd ben Haritha et plus Zayd ben Muhammad. Néanmoins, ce changement de nom n'a pas affecté les rapports du prophète avec Zayd. Ils étaient toujours très proches.

Le Qur'an indique donc qu’appeler les enfants adoptés par le nom de leur père adoptif est contraire à "la vérité," et donc, qu’ils doivent s'appeler par le nom de leur vrai père biologique.

Implications de ces versets :

Ce qui signifie que l'adoption en islam (en fait la tutelle) ne change nullement les rapports entre personnes :
Dans le cas de la famille biologique, l'adoption n’annule pas les liens de sang entre l'enfant et ses vrais parents, ni ne crée une vrai relation (sanguine) entre lui et ses parents adoptifs et leurs enfants.

L’implication pratique, c’est que toutes les règles qui s'appliquent entre l'enfant adopté et ses parents biologiques sont encore valides :

Par exemple, l'enfant sera toujours considéré comme un Mahram dans sa famille biologique; car un enfant adopté ne peut pas épouser les enfants de ses propres parents biologiques; il ou elle est également habilité à recevoir l’héritage de ses parents biologiques; et il n'y a donc aucun besoin de hijab entre l'enfant et sa vraie famille.

Tandis qu’avec le système d'adoption en occident, il est tout à fait possible qu'une personne se retrouve à épouser les enfants de ses parents (- ses frères et soeurs de sang) !

Dans le cas de la famille adoptive, d'autre part, les règles qui s'appliquent entre personnes étrangères sont encore valides:

Par exemple, l'adoption ne créera pas de Mahramiyyat entre l'enfant adopté et sa nouvelle famille - une fille adoptée devra donc observer le hijab en présence de son père et de ses frères adoptifs; pareillement, la mère et les sœurs devront observer le hijab en présence du fils adopté; l'enfant adopté pourra même épouser un des enfants des parents adoptifs.

En Islam, le droit de la transmission d’héritage est basé sur les rapports sanguins :

"Cependant ceux qui sont liés par la parenté ont priorité les uns envers les autres, d'après le Livre d'Allah."
Sourate 8: verset 75

Cependant, si ils le désirent, les parents adoptifs peuvent toujours donner une partie de leurs biens à l'enfant adopté.

Adoption et rapport adoptif :

Il y a seulement un cas d'adoption où une sorte de rapport familial, Mahramiyyat, se créée entre l'enfant adopté et la famille adoptive : cela arrive quand l'enfant est adopté avant l'âge de deux ans et est allaité directement par sa mère adoptive, en même temps que cette dernière allaite son propre enfant et cela pour une durée minimum d'un jour et une nuit.

Ceci crée un rapport adoptif dit de riza`i - ou d'allaitement, et l'enfant devient Mahram avec la nouvelle famille et là il n'y aura aucun besoin de hijab, et l'enfant adopter ne pourra pas épouser les enfants des parents adoptifs. On parle de frères et soeurs de lait.

En revanche, pour l’héritage, même dans le cas du riza`i(allaitement), l’enfant n'aura pas de droits sur l’héritage des parents adoptifs. Sauf comme nous l'avons déjà mentionné ci-dessus, si les parents adoptifs le veulent, ils pourront durant leur vivant donner une partie de leurs biens à l'enfant adopté.

* * *

 Pour récapituler :

1. On permet la tutelle en l'Islam plutôt que l'adoption, car l'adoption est un acte juridique établissant entre deux personnes (l'adoptant et l'adopté) des relations de droit analogues à celles qui résultent de la paternité et de la filiation. Tandis que le tuteur est une personne chargée de veiller sur un mineur. D'après les définitions du dictionnaire micro robert .
2. C'est pourquoi, on ne permet pas de changer le nom de famille de l'enfant adopté.
3. Si lorsque l'enfant était agé de deux ans ou moins, il a été allaité directement par sa mère adoptive pour au moins un jour et une nuit (ou quinze fois), alors cet enfant deviendra un Mahram pour la nouvelle famille - le hijab ne sera pas nécessaire.
4. Si l'enfant n'a pas été élevé au sein par la mère adoptive comme mentionné ci-dessus, alors il ou elle ne sera pas un Mahram pour la nouvelle famille.
5. L'adoption quelle soit de type riza`i ou non ne donne pas à l'enfant adopté un droit à l'héritage sur les biens de ses parents adoptifs; ni ne le prive d'hériter des biens de ses vrais parents (biologiques). (Néanmoins, les parents adoptifs ont le droit de donner durant leur vivant une partie de leur bien à l' enfant adopté.)

Source : traduction avec quelques modifications de l'article intitulé Adoption In Islam by Sayid Muhammad Rizvi.

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Que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur le prophète Mohammad, celui qui a tenu sa promesse, le confident. Ô Allah nous ne savons que ce que Tu nous as appris, c’est Toi qui détiens la science. Ô Allah apprend nous ce qui nous apportera du bien et fais nous profiter du bien de ce que Tu nous as appris et augmente nos connaissances. Et embelli le bien à nos yeux et aide nous à le suivre. Et enlaidi le mal à nos yeux et aide nous à nous en détourner. Et mets nous parmi ceux qui écoutent la parole et suivent les meilleures d’entre elles. Et fais de nous tes bons adorateurs par Ta miséricorde.

Gloire à Toi Seigneur, que Tes louanges soient célébrées, j'atteste qu'il n'y a de divinité que Toi, j'implore Ton pardon et je reviens vers Toi repentante.