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Sourate de la période mecquoise (5 versets)
97.1. En vérité, Nous avons révélé le Coran dans la nuit de la Destinée.
97.2. Et qui te dira ce qu’est la nuit de la Destinée !
97.3. La nuit de la Destinée vaut plus que mille mois réunis !
97.4. C’est au cours de cette nuit que descendent, avec la permission de leur Seigneur, les anges et l’Esprit saint pour exécuter tout ordre divin.
97.5. Et c’est au cours de cette nuit que règne une paix ineffable jusqu’au lever de l’aurore !
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الْقَدْرِ
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AL QADRI
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.إِنَّا أَنزَلْنَاهُ فِي لَيْلَةِ الْقَدْرِ
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97.1. Inna anzalnahu fee laylati alqadri
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وَمَا أَدْرَاكَ مَا لَيْلَةُ الْقَدْرِ
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97.2. Wama adraka ma laylatu alqadri
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لَيْلَةُ الْقَدْرِ خَيْرٌ مِّنْ أَلْفِ شَهْرٍ
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97.3. Laylatu alqadri khayrun min alfi shahrin
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تَنَزَّلُ الْمَلَائِكَةُ وَالرُّوحُ فِيهَا بِإِذْنِ رَبِّهِم مِّن كُلِّ أَمْرٍ
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97.4. Tanazzalu almala-ikatu waalrroohu feeha bi-ithni rabbihim min kulli amrin
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سَلَامٌ هِيَ حَتَّى مَطْلَعِ الْفَجْرِ
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97.5. Salamun hiya hatta matlaAAi alfajri
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.إِنَّا أَنزَلْنَاهُ فِي لَيْلَةِ الْقَدْرِ
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97.1. Inna anzalnahu fee laylati alqadri
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وَمَا أَدْرَاكَ مَا لَيْلَةُ الْقَدْرِ
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97.2. Wama adraka ma laylatu alqadri
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لَيْلَةُ الْقَدْرِ خَيْرٌ مِّنْ أَلْفِ شَهْرٍ
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97.3. Laylatu alqadri khayrun min alfi shahrin
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« Nous avons révélé le Coran dans la nuit de la Destinée » : Nous avons débuté la descente du Coran sublime. Nous avons fait descendre le Coran de la Tablette Gardée au ciel le plus bas en une seule fois, dans la nuit du Destin et de l’Honneur. Mais la révélation au prophète « sas » s’est faite graduellement pendant 23 ans.
La formulation « « Nous avons révélé » insiste sur le fait que c’est une révélation et pas une invention de Mohammed.
On a donné au mot « Al qadr » plusieurs sens : le Décret, les Décisions, le Destin, la Valeur, le Mérite, la Grandeur…
C’est une nuit importe puisque la descente du coran a changé beaucoup de choses pour l’humanité, le coran a une énorme valeur, c’est pourquoi cette nuit est si grande. C’est aussi dans cette nuit que la révélation a débuté et que le prophète a reçu les 5 premiers versets de la sourate Al-`Alaq.
Le coran est un bienfait qui n’a pas d’égal, même si l’on compte un millier de mois d’histoire.
Mais encore. Que sais-tu, ô Mohammed, de cette nuit ? La nuit des décisions est meilleure que mille mois qui ne renferment pas cette nuit, car les bonnes œuvres qui seront accomplies dans cette nuit auront plus de mérite que celles faites dans les autres mille nuits. (1)
De plus, il ne s’agit pas d’une nuit comme les autres, car c’est une nuit où les destinées sont déterminées. « pour exécuter tout ordre divin » : pour tout décret, pour tout ordre de bien et de Barakah (de l’abondance)
« l’Esprit saint » : L’ange Gabriel que la paix soit sur lui. Les anges et l’Esprit (Jibril) descendent dans cette nuit avec la permission de leur Seigneur et avec toutes les décisions prises par Dieu pour être réalisées l’année suivante.
Elle est paix et salut jusqu’à l’aube. Elle est comme telle à cause des salutations qu’adressent les anges aux croyants et aux croyantes en les rencontrant.
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- D’après Moujahed, le Messager de Dieu (Que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) parla un jour des fils d’Israël qui avait porté la cuirasse mille mois pour combattre dans la voie de Dieu. Comme ceci étonna les musulmans, Dieu révéla, à la suite, la sourate de la destinée et dit qu’elle est meilleure que mille mois durant lesquels cet israélite avait porté la cuirasse pour la cause de Dieu. (Ibn Hatem et Al Wahidi)
Tags: coran, destin, qadr
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La paix intérieure est un besoin universel. Il n’existe personne, sur cette terre, qui n’aspire pas à la paix intérieure. Il ne s’agit pas d’un phénomène moderne ; cette paix, chacun y a aspiré à travers les âges, indépendamment de sa couleur, ses croyances, sa religion, sa race, sa nationalité, son âge, son sexe, ses richesses ou l’avancement technologique de son peuple.
Les gens ont emprunté divers chemins pour tenter de trouver la paix intérieure : certains ont cru la trouver dans l’argent, dans les drogues, dans la musique ou la méditation, tandis que d’autres l’ont cherchée dans leur tendre moitié, dans leur carrière professionnelle ou à travers leurs enfants, etc.
Pourtant, chez la majorité des gens, cette quête est perpétuelle. De nos jours, on nous a amené à croire que l’avancement technologique et la modernisation peuvent nous apporter un confort physique à travers lequel la paix intérieure est possible.
Cependant, si nous considérons la nation la plus industrialisée et la plus avancée du monde, du point de vue technologique (les États-Unis), ce raisonnement ne tient pas la route. Les statistiques démontrent qu’aux États-Unis, près de 20 millions d’adultes souffrent chaque année de dépression. Et qu’est-ce que la dépression, si ce n’est une absence totale de paix intérieure ?
De plus, en l’an 2000, dans ce pays, le nombre de personnes mortes par suicide était deux fois plus élevé que le nombre de personnes mortes du sida. Mais les médias étant ce qu’ils sont, nous entendons plus parler des décès dus au sida que des gens qui se suicident. Par ailleurs, plus de personnes meurent par suicide que par homicide, aux États-Unis, qui ont pourtant un taux d’homicides déjà très élevé.
Donc, l’avancement technologique et la modernisation n’ont apporté ni la sérénité ni la paix intérieure. Au contraire, en dépit du confort que nous a apporté la modernisation, nous sommes encore plus éloignés de cette paix que ne l’étaient nos ancêtres.
Pour la plupart d’entre nous, la paix intérieure demeure une chose quasi insaisissable, difficilement atteignable.
Nous sommes nombreux à confondre les plaisirs de cette vie avec la paix intérieure ; nous tirons un plaisir de nombreuses choses, que ce soit de l’argent, des relations sexuelles ou de diverses activités quotidiennes. Mais ces plaisirs ne durent pas : ils viennent et ils partent. Oui, nous éprouvons certains plaisirs, de temps à autres, mais nous ne devons pas les confondre avec la paix intérieure. La véritable paix intérieure peut être définie comme un sentiment de stabilité et de contentement qui nous aide à passer au travers des difficultés et des épreuves qui se présentent à nous au cours de notre vie.
Nous devons comprendre que la paix absolue est une chose qui n’existera jamais en ce monde, car si nous nous fions à la définition du dictionnaire, la paix est l’absence de guerre ou de conflits civils ; n’a-t-il jamais existé une période de l’histoire dépourvue de tout conflit ? Il y a toujours une guerre ou un conflit civil en cours, en ce monde. Si nous considérons la paix à un niveau national, alors nous pouvons la définir comme l’absence de désordre public et comme un sentiment général de sécurité ; mais nommez-moi un seul endroit, en ce monde, où l’on trouve cela. Si nous considérons la paix à un niveau social (famille, travail), alors la paix est l’absence de désaccords et de disputes ; mais un tel environnement existe-t-il ? Il existe bien certains endroits, en ce monde, que l’on peut considérer comme calmes, paisibles et tranquilles, certaines îles, par exemple, mais il s’agit d’une paix qui peut, à tout instant, être troublée par une tempête ou un ouragan qui viendra tout détruire.
Dieu dit, dans le Coran :
« Nous avons certes créé l’homme pour une vie de lutte. » (Coran 90:4)
C’est là la nature même de nos vies, qui sont faites de labeur et de luttes, de hauts et de bas, de moments difficiles et d’autres moins difficiles.
Nos vies sont ponctuées d’épreuves de toutes sortes, tel que Dieu l’affirme, dans le Coran :
« Et Nous vous éprouverons certainement par un peu de peur, de faim, de pertes de biens, de gens et de récoltes. Mais annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont patients. » (Coran 2:155)
Pour passer au travers ces épreuves, au travers cette vie de labeur et de lutte, la patience est essentielle. Et cette patience ne peut se manifester que si nous possédons une véritable paix intérieure.
En dépit des épreuves, du labeur et des luttes quotidiennes, il nous est possible d’atteindre cette paix intérieure qui nous amènera à vivre en paix avec notre entourage, avec notre environnement et avec le monde dans lequel nous vivons.
Bien sûr, dans notre quête de paix intérieure, des obstacles se dresseront sur notre route. Nous devons donc identifier ces obstacles qui, dans nos vies, nous empêchent d’atteindre cette paix et développer une stratégie pour les éloigner de nous. Ces obstacles ne disparaîtront pas de nos vies simplement en le souhaitant très fort ; nous devons développer une stratégie par étapes pour nous en débarrasser. Comment ?
La première étape consiste à identifier ces obstacles. Nous devons être conscients de leur présence, car si nous n’arrivons pas à les identifier, nous ne pourrons, évidemment, les éloigner ni les faire disparaître.
La deuxième étape consiste à les reconnaître et à accepter leur présence. Par exemple, la colère est l’un des plus grands obstacles à la paix intérieure. Si une personne nourrit de la colère au fond d’elle-même et qu’elle finit par exploser, comment peut-elle posséder une paix intérieure dans ces circonstances ? C’est impossible. La personne doit donc être capable de reconnaître que cette colère, en elle, est un obstacle à la paix intérieure.
Cependant, si une personne affirme que « oui, je sais que c’est un obstacle ; mais moi, je ne me mets pas en colère », cette personne a un problème car elle n’a pas été en mesure de reconnaître cet obstacle et refuse d’admettre la réalité. Elle ne peut donc se débarrasser de cet obstacle.
Ces obstacles qui font partie de nos vies, nous pouvons les classer en diverses catégories : problèmes personnels, familiaux et financiers, pressions au travail et incertitudes spirituelles.
SAVOIR ACCEPTER LE DESTIN
Nous avons tant de problèmes et d’obstacles à affronter, dans nos vies, qu’ils sont comme des maladies. Si nous essayons de nous en occuper en les prenant un à la fois, nous n’en viendrons jamais à bout. Nous devons donc les identifier, les classer en diverses catégories et nous occuper de toute une catégorie à la fois plutôt que de tenter de nous occuper de chacun individuellement.
Nous devons être capables de distinguer les obstacles sur lesquels nous avons un contrôle de ceux qui échappent à notre contrôle. Bien que nous percevions ceux qui échappent à notre contrôle comme des obstacles, en réalité, ils ne le sont pas. Ces « obstacles » sont des choses que Dieu nous a destinées et que nous interprétons peut-être de façon erronée. Par exemple, une personne qui naît avec la peau noire dans un monde qui favorise largement les Blancs, ou qui naît pauvre dans un monde qui favorise les riches, ou encore qui a une petite taille, qui naît infirme ou qui naît avec tout problème physique qui peut être considéré comme un handicap.
Ce sont là des choses qui échappent totalement à notre contrôle. Nous n’avons pas choisi la famille dans laquelle nous sommes nés, nous n’avons pas choisi notre corps, nous n’avons pas participé à ces décisions. Même si nous considérons ces choses comme des obstacles, nous devons nous armer de patience et comprendre qu’au fond, elles ne sont pas vraiment des obstacles. Dieu dit dans le Coran :
« Mais il se peut que vous détestiez une chose alors qu’elle est bonne pour vous, et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle est mauvaise pour vous. Dieu sait, tandis que vous ne savez pas. » (Coran 2:216)
Il est possible, donc, que les obstacles qui échappent à notre contrôle nous déplaisent et que nous souhaitions les faire disparaître de notre vie. D’ailleurs, certaines personnes dépensent de folles sommes d’argent pour tenter d’y parvenir. Michael Jackson en est un bon exemple. Il est né avec la peau noire dans un monde qui favorise les Blancs ; pour tenter d’échapper à son sort, il a dépensé de grosses sommes d’argent en chirurgies esthétiques de toutes sortes avec pour seul résultat un désastre total.
La paix intérieure ne peut être atteinte que si nous arrivons à accepter et à endurer avec patience ces obstacles qui échappent à notre contrôle et à reconnaître qu’ils font partie du destin que Dieu a décidé pour nous.
Il faut comprendre que ce qui nous arrive malgré nous, Dieu y a mis quelque chose de bien, que nous arrivions ou non à en saisir l’aspect positif. Nous devons donc l’accepter.
Je me souviens d’un article, dans un journal, qu’accompagnait la photo d’un Égyptien qui souriait. Il arborait un très large sourire ; ses bras étaient écartés et ses pouces tournés vers le haut ; son père l’embrassait sur une joue, tandis que sa sœur l’embrassait sur l’autre.
Sous la photo, il y avait une légende. Cet homme avait failli embarquer sur un vol de Gulf Air, la veille, qui assurait la liaison entre Le Caire et Bahreïn. Il s’était précipité à l’aéroport pour ne pas rater son vol, mais n’avait pu monter à bord, car selon les autorités, il manquait un cachet sur son passeport (au Caire, on exige souvent de nombreux cachets sur un même document). Comme il était enseignant à Bahreïn et que ce vol était le dernier de la journée à assurer la liaison entre les deux villes, il craignait, s’il le ratait, ne pouvoir justifier son absence et perdre son emploi. Alors il insista beaucoup pour qu’on le laisse monter à bord, allant même jusqu’à faire une véritable scène, mais en vain ; on ne le laissa pas monter et l’avion partit sans lui. Il retourna chez lui (au Caire) désespéré, convaincu qu’il serait renvoyé dès le lendemain. Sa famille le consola du mieux qu’elle put et lui dit de ne pas s’en faire. Le lendemain, il apprit, aux nouvelles, que l’avion à bord duquel il avait tant voulu monter s’était écrasé et qu’il n’y avait aucun survivant. Et voilà pourquoi, sur cette photo, il était dans une telle extase : la veille, le fait de ne pas arriver à monter à bord avait été pour lui une véritable tragédie et il avait eu le sentiment que sa carrière était finie. Et maintenant, il comprenait qu’il l’avait échappé belle.
Ce sont là des signes clairs, et l’on retrouve des signes similaires dans l’histoire de Moïse et Al-Khadir (que nous retrouvons dans la sourate Al-Kahf (la Caverne)). Lorsqu’Al-Khadir fit un trou dans le bateau de ces gens qui avaient été assez gentils pour les prendre à leur bord, Moïse et lui, afin de les aider à traverser la rivière, Moïse demanda à Al-Khadir pourquoi il avait fait cela ?
Lorsque les propriétaires du bateau virent le trou qui avait été fait, ils se demandèrent qui l’avait fait et se dirent que c’était un acte particulièrement méchant. Peu de temps après, le roi vint au bord de la rivière et réquisitionna tous les bateaux qui s’y trouvaient, sauf celui qui était troué. Alors les propriétaires du bateau louèrent Dieu d’avoir fait en sorte que leur bateau soit troué, ce qui l’empêcha d’être pris par le roi.
Il existe également d’autres choses que nous percevons comme des obstacles dans nos vies. Ce sont ces choses que nous n’arrivons pas à expliquer, lorsqu’elles se produisent. Pour certains, la frustration ressentie face à cette incompréhension peut même les amener jusqu’au rejet de la foi. Quand on écoute parler l’athée, qui a rejeté Dieu, on réalise vite qu’il ne possède aucune paix intérieure. Pourquoi est-il devenu athée ? Il n’est pas normal de ne pas croire en Dieu et il est tout naturel d’y croire, car c’est Lui qui nous a créés, avec une inclination naturelle à croire en Lui.
Dieu dit dans le Coran :
« Dirige tout ton être, exclusivement vers la religion, selon la nature innée dont Dieu a pourvu les hommes à leur création. Ce que Dieu a créé ne saurait être modifié. Telle est la religion droite, mais la plupart des hommes ne savent pas. » (Coran 30:30)
Le prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :
« Chaque enfant naît avec une saine nature (i.e. il naît soumis à Dieu avec une inclination naturelle à croire en Lui)… » (Sahih Al-Boukhari, Sahih Mouslim)
Telle est la nature véritable de l’être humain ; mais la personne qui devient athée sans que personne ne lui ait parlé d’athéisme dans son enfance ou sa jeunesse le devient souvent suite à un traumatisme ou une tragédie qu’elle n’est pas parvenue à expliquer.
Par exemple, un athée peut raconter qu’il avait une tante qu’il aimait beaucoup, qui était une très bonne personne aimée de tous. Puis, un jour, alors qu’elle traversait la rue, une voiture sortie de nulle part la frappa et elle en mourut. Pourquoi cet accident lui est-il arrivé à elle plutôt qu’à n’importe qui d’autre ? Pourquoi ? La personne ne trouve aucune explication. Ou encore, un athée peut raconter avoir perdu un enfant en bas âge et demander pourquoi c’est arrivé à son enfant et pas à celui d’un autre. Pourquoi mon enfant est-il mort ? Encore une fois, il ne trouve aucune explication. Et c’est suite à ce genre de tragédies que la personne vient à penser que Dieu ne peut exister, car Il ne permettrait pas que de telles choses se produisent…
LA PATIENCE ET LES OBJECTIFS DE LA VIE
Revenons sur l’histoire de Moïse. Après avoir traversé la rivière, ils croisèrent un jeune garçon, qu’Al-Khadir tua de façon volontaire. Moïse demanda à Al-Khadir pourquoi il avait fait une telle chose. Cet enfant était innocent et Al-Khadir l’avait tué ! Al-Khadir expliqua à Moïse que les parents de cet enfant étaient des gens pieux et que si l’enfant venait à grandir (et Dieu le savait), il aurait fini par être si terrible et serait devenu une telle calamité, pour ses parents, que ceux-ci en auraient perdu la foi. Alors Dieu ordonna la mort de cet enfant.
Bien sûr, les parents eurent du chagrin en trouvant leur enfant mort. Cependant, Dieu le remplaça par un autre enfant qui fut, celui-là, vertueux et bon envers eux. Dans leur cœur, la peine d’avoir perdu leur premier enfant demeura ; mais au Jour du Jugement, lorsqu’ils se tiendront devant Dieu et qu’Il leur révélera la raison de la mort de leur premier enfant, ils comprendront alors et Le loueront.
Telle est la nature de nos vies. Certaines choses arrivent, qui nous apparaissent comme négatives, et nous les voyons comme des obstacles à notre paix intérieure parce que nous ne les comprenons pas ou ne saisissons pas la raison pour laquelle elles nous sont arrivées à nous. Mais nous devons apprendre à les accepter et à ne pas les ressasser sans arrêt. En effet, ces choses viennent de Dieu et nous devons croire qu’au bout du compte, il y a du bon en elles, que nous soyons en mesure de le voir ou non. Puis, sans trop nous attarder à elles, nous devons nous tourner vers ces choses sur lesquelles nous avons un contrôle et que nous pouvons changer. Nous devons d’abord les identifier, puis passer à l’étape suivante, qui consiste à faire disparaître ces obstacles en utilisant diverses solutions. Pour faire disparaître ces obstacles, nous devons surtout nous concentrer sur les modifications que nous pouvons apporter en nous-mêmes, car Dieu dit dans le Coran :
« En vérité, tant que les gens ne changent pas ce qui se trouve dans leur cœur, Dieu ne modifie en rien leur condition. » (Coran 13:11)
Voilà un domaine sur lequel nous avons un contrôle. Nous pouvons aussi développer notre patience, même si nous avons tendance à croire, en général, que certaines personnes naissent avec une disposition à la patience et d’autres pas.
« Un homme vint voir le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) et lui demanda ce qu’il devait faire pour pouvoir entrer au Paradis. Le Prophète lui répondit : « Ne te mets pas en colère. » (Sahih al-Boukhari)
Cet homme était connu pour se mettre facilement en colère, alors le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) lui fit comprendre qu’il devait faire des efforts pour modifier son comportement colérique. Donc, modifier son comportement et améliorer son caractère sont des choses possibles.
Dans un autre hadith, le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :
« Quiconque désire vraiment devenir patient, Dieu lui donnera de la patience. » (Sahih al-Boukhari)
Cela signifie que même si certains individus semblent nés plus patients que d’autres, il ne nous est pas impossible de développer notre patience.
Il est intéressant de noter qu’en psychologie et en psychiatrie occidentales, on nous disait, il n’y a encore pas si longtemps, de ne pas réprimer notre colère mais de l’exprimer, car si nous retenions tout à l’intérieur, nous risquions d’exploser, alors il était préférable de déballer ce que nous avions sur le cœur.
Plus tard, ils ont découvert que lorsque les gens laissent libre cours à leur colère, de petits vaisseaux sanguins éclatent dans leur cerveau, à cause de la pression. Ils ont ainsi compris que la colère pouvait être dangereuse, et même fatale, dans certains cas. Alors maintenant, ils ont changé d’avis et recommandent de ne pas tout exprimer et d’éviter les emportements violents.
Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a encouragés à faire preuve de patience ; il est donc recommandé de faire preuve de patience en toutes circonstances. Et même si nous bouillons à l’intérieur, il vaut toujours mieux se montrer patients devant les autres, non pas par hypocrisie, mais pour nous y exercer et la développer, petit à petit. Si nous affichons une patience de façon constante, cette image extérieure que nous projetons finira par se refléter intérieurement et nous finirons par devenir patients pour de bon. C’est non seulement possible, mais le hadith cité plus haut le confirme.
Il est bon de considérer comment les choses matérielles, dans nos vies, jouent un rôle majeur dans le développement de notre patience.
Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a conseillés sur la façon d’aborder cette réalité en ces termes :
« Ne regardez pas [i.e. ne vous comparez pas à] ceux au-dessus de vous, qui sont plus riches que vous ; regardez plutôt ceux qui sont au-dessous de vous, ceux qui sont plus pauvres que vous. »
Peu importe dans quelle situation on se trouve, il y aura toujours plus malheureux que nous. C’est donc de cette façon que nous devons aborder notre situation matérielle en cette vie. De nos jours, nous accordons de plus en plus d’importance aux choses matérielles, jusqu’à être obsédés par elles. Amasser le plus de biens possibles, en cette vie, semble être le but que s’est donné chacun d’entre nous et vers lequel nous canalisons toutes nos énergies. Mais le fait d’assurer notre subsistance ne devrait pas prendre le dessus sur notre paix intérieure ni l’affecter de façon négative.
Nous devons cesser de toujours considérer ceux qui sont plus riches que nous, sinon nous ne serons jamais satisfaits de ce que nous avons. Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :
« Si vous donnez au fils d’Adam une vallée remplie d’or, il en voudra une deuxième ! » (sahih Mouslim)
On dit souvent que l’herbe semble plus verte chez son voisin ; et plus une personne possède de biens, plus elle en veut. Nous ne serons jamais satisfaits de notre situation matérielle si nous considérons l’acquisition des biens comme un but en soi. En considérant ceux qui possèdent moins que nous, nous serons plus reconnaissants envers Dieu pour les bienfaits dont Il nous comble.
Il y a un autre hadith du prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) qui nous aide à mettre en perspective notre situation matérielle. Le Prophète a établi ce principe, pour les croyants, il y a de cela 1400 ans :
« Quiconque fait de ce monde son seul objectif, Dieu compliquera ses affaires, lui fera voir la pauvreté et il n’obtiendra rien de ce monde, à l’exception de ce que Dieu a déjà écrit pour lui. » (Ibn Maajah, Ibn Hibbaan)
Donc si une personne fait de ce monde son seul objectif, elle perdra vite la tête et ne saura plus dans quelle direction se tourner. Dieu lui fera voir la pauvreté, car peu importe le montant d’argent qu’elle possédera, elle aura toujours l’impression d’être pauvre. Chaque fois que quelqu’un se montrera gentil avec elle ou lui sourira, elle s’imaginera qu’il ne le fait que parce qu’il convoite son argent. Elle ne fera confiance à personne et ne sera jamais heureuse.
Lors d’un krach boursier, vous entendez presque toujours parler de gens qui se suicident après avoir tout perdu. Un homme qui avait, par exemple, 8 millions d’euros et qui en perd 5 se retrouve avec 3 millions, s’imagine que sa vie est finie. Il sent qu’il a perdu sa raison de vivre, car il s’imagine plus pauvre que jamais.
LA PAIX INTERIEURE PASSE PAR LA SOUMISSION A DIEU
Nous devons garder à l’esprit que nul n’obtiendra de ce monde plus que ce que Dieu a déjà écrit pour lui. Même si elle déploie des trésors d’énergie et d’imagination, qu’elle reste éveillée jusqu’aux petites heures du matin et qu’elle devient un véritable bourreau de travail, une personne n’obtiendra que ce que Dieu a destiné pour elle. Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :
« Quiconque fait de l’au-delà son objectif ultime, Dieu lui facilite ses affaires, lui accorde la richesse du cœur [i.e. la foi] et les choses de ce monde viendront à lui en toute soumission. » (Ibn Maajah, Ibn Hibbaan)
Une telle personne acquiert une véritable richesse dans son cœur. La richesse, ce n’est pas de posséder des biens en abondance ; c’est de posséder un grand cœur. Et qu’est-ce qu’un grand cœur ? C’est un cœur qui sait se satisfaire de ce qui lui a été destiné, et c’est de cela que découle la paix intérieure. Ce contentement n’est possible que par la soumission à Dieu ; c’est ce qui s’appelle l’islam (“soumission” en arabe).
La paix intérieure, c’est accepter l’islam dans notre cœur et vivre notre vie sur la base de ses principes. Lorsque Dieu enrichit le cœur d’une personne, les choses de ce monde viennent à elle en toute soumission et en toute humilité. Une telle personne n’aura pas à courir après ces choses, pas plus qu’elle n’en aura envie.
Telle est la promesse du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) à ceux qui savent mettre leurs priorités aux bonnes places et qui font de l’au-delà leur priorité première. Si c’est le Paradis que nous voulons, alors ce désir doit se manifester dans notre vie quotidienne, constituer notre objectif principal, qui passe avant tous les autres.
Comment déterminer si l’au-delà est vraiment notre objectif principal ? Et bien si, lorsque nous discutons avec les gens, nos seuls sujets de conversation sont les derniers modèles de voitures, l’immobilier, les voyages, les vacances et l’argent, bref, si la majeure partie de notre conversation porte sur les choses d’ici-bas ou, pire encore, si elle est constituée de racontars et de médisance, cela signifie que l’au-delà est loin d’être notre première priorité. Car si c’était le cas, cela se refléterait dans nos conversations. Ce dont nous parlons le plus souvent est un bon point de référence pour nous juger nous-mêmes. Nous devons donc nous arrêter et nous poser clairement la question : « Quels sont les sujets dont je parle le plus souvent ? »
Si nous découvrons que notre priorité semble être la vie d’ici-bas, alors nous devons faire un examen de conscience et remettre les vraies priorités devant toutes les autres, c’est-à-dire l’au-delà et le Paradis avant la vie d’ici-bas et les biens matériels. C’est de cette façon que nous atteindrons la véritable paix intérieure. Dans le Coran, Dieu nous rappelle un moyen simple d’atteindre la paix intérieure :
« N’est-ce point par l’évocation de Dieu que se tranquillisent les cœurs ? » (Coran 13:28)
C’est donc par l’évocation de Dieu que le cœur trouve la tranquillité. Voilà ce qu’est la paix intérieure. L’évocation de Dieu passe par toutes les actions que nous faisons, en tant que musulmans. L’islam, c’est vivre sa vie en ayant constamment Dieu à l’esprit. Dieu dit également :
« Adore-Moi donc et accomplis la prière pour M’avoir présent à l’esprit. » (Coran 20:14)
Tout ce que nous faisons, en islam, nous rappelle Dieu à chaque instant. Dieu dit :
« Dis : « En vérité, mes prières, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur des mondes. » (Coran 6:162)
Telle est donc la façon d’atteindre la paix intérieure et d’avoir Dieu constamment à l’esprit, quoi que nous fassions.
Ce fait de se rappeler constamment de Dieu (dhikr) ne consiste pas, comme certains semblent le croire, à s’asseoir dans un coin d’une pièce sombre et répéter « Allah, Allah, Allah… », des heures durant. Ce n’est pas de cette façon que l’on développe une conscience de Dieu. Si vous vous appelez Mohammed et qu’une personne vient vous voir et ne cesse de répéter « Mohammed, Mohammed, Mohammed… », vous vous demanderez ce qui ne va pas avec elle. Vous vous demanderez si elle veut quelque chose ou si elle a besoin de quelque chose. Sinon, pourquoi répéter ainsi votre nom sans rien dire d’autre ?
Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) n’a jamais invoqué Dieu de cette manière et aucun hadith ne rapporte une telle action de sa part. Certains croient que nous devons invoquer Dieu en dansant et en tournant sur nous-mêmes ou en nous balançant de gauche à droite ou d’avant en arrière. Mais encore une fois, le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) n’a jamais invoqué Dieu de cette manière et pourtant, c’est son exemple que nous devons suivre en matière d’adoration.
Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) se rappelait Dieu dans toutes les actions de sa vie quotidienne. Il avait une constante conscience de Dieu et agissait à chaque instant en fonction de Lui, dans ses prières, dans son adoration, dans son quotidien et jusque dans ses pensées.
Bref, la paix intérieure passe par le fait de reconnaître les problèmes, dans nos vies, qui constituent des obstacles à cette paix, comprendre que cette paix ne viendra que si nous apprenons à composer avec certains de ces obstacles et si nous arrivons à faire disparaître ceux sur lesquels nous avons un certain contrôle.
Si nous faisons des efforts pour changer nos habitudes, notre comportement et notre perspective sur ce qui nous entoure, Dieu apportera des changements positifs à notre vie et nous donnera les moyens de composer avec le monde qui nous entoure. Et même si le monde qui nous entoure est agité, Dieu nous donnera les moyens de vivre en paix avec lui.
Quoi qu’il nous arrive, nous savons que cela relève du destin de Dieu, des épreuves qu’Il choisit de mettre sur notre chemin et qu’au bout du compte, c’est pour notre bien que ces choses arrivent, car il y a toujours du bon en elles. Dieu nous a créés et Il a créé ce monde comme moyen, pour nous, d’atteindre le Paradis. Les épreuves de cette vie sont donc là pour nous aider à grandir spirituellement. Si nous arrivons à accepter cela et à accueillir Dieu dans notre cœur, alors nous connaîtrons la véritable paix intérieure.
Bilal Philips -
Le bureau de prêche de Rabwah (Riyadh)
Tags: islam, paix
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Première anecdote
Un jour notre illustre Imam Abou Hanifa sortir avec le grand juge de Koufa (irak), Ibn Abi Leyla, et marchèrent en direction de la ville.
Un moment les deux hommes passèrent près d’un groupe de chanteuse, qui s’adonnaient aux jeux de Satan en chantant avec des hommes, lorsqu’Abou Hanifa arriva à leur hauteur, ils arrêtèrent de chanter…et notre Imam de dire: “Bravo!”
Le lendemain, le Qadi (grand juge) Ibn Abi Leyla, l’appela pour qu’il témoigne auprès de lui d’une affaire, et lorsque Abou Hanifa arriva à lui, le Qadi, lui dit:” ton témoignage est nul…”
Abou Hanifa répond par: “Mais pourquoi donc?”
Le Qadi lui dit:” Et bien parce que tu as dis Bravo à des chanteuses, qui chantaient, et ceci prouve évidement, que tu es satisfait de cette action, cette acte de désobéissance envers Allah”
Abou Hanifa répondit à cette accusation: “Mais quand ai je dit “bravo”, pendant qu’elles chantaient ou lorsqu’elles se sont arrêtées de chanter?”
Le Qadi répondit:” Lorsqu’elles se sont arrêtées de chanter”
Et notre Imam s’exclama alors:” Allah est le Plus Grand! Je leur ai dit “bravo” car elles se sont arrêtées de chanter et non pour l’avoir fait”
Le grand Qadi se tut et approuva le témoignage d’Abou Hanifa
Deuxième anecdote :
Sufiane Ibn Ibrahim rapporte ce qui suit:
“Un jour, j’étais en compagnie d’Abou Hanifa pour rendre visite à un malade. Un homme, à la vue de Abou Hanifa, changea de chemin..Abou Hanifa l’appela et lui demanda pourquoi il avait agit ainsi. L’homme répondit:” Je te dois 10 Milles dirhams et le délai de remboursement est dépassé, et comme je n’ai pas la somme que je te dois, j’ai eu honte..”
Et Abou Hanifa de répondre:
“Gloire à Allah! Cela t’a amené à changer de chemin à ma vue, et bien, je te fais cadeau d’une somme équivalente à celle que tu me dois, et j’en suis témoin contre moi même, ne change plus de chemin à l’avenir”
Troisième anecdote:
L’Imam Abou Hanifa était réputé aussi pour sa grandeur d’âme, on rapporte à ce
sujet le récit suivant:
” Abou Hanifa avait comme voisin, un jeune homme touché par l’alcool, qui organisait chaque nuit une beuverie avec ses autres compagnons, dans le même état que lui. Ces derniers chantaient, dansaient, et s’enivraient durant la nuit sans se soucier du bon comportement à adopter avec son voisin.
Notre Imam Abou Hanifa était très gêné par le comportement de son voisin et des ses amis, à tel point que l’imam apprit par cœur les paroles de ce que chantaient son voisin et de ses amis, tellement la situation se prolongeait.
Un jour Abou Hanifa, n’entendit pas la voix de son voisin et de ses amis de bouteille, il en fut intrigué et lorsqu’il se renseigna et apprit que son voisin et les amis du voisin ont été arrêtés la veille en état d’ébriété, par les forces de l’ordre, et ils furent emprisonnés.
Et Abou Hanifa dit alors à ses compagnons:” Allons faire libérer notre voisin, car le droit du voisin est un devoir pour nous et Gabriel l’a recommandé au Messager d’Allah ”
Il alla suivi par certains de ses élèves, voir l’émir de la ville.
Lorsque l’émir l’aperçut, il se leva de son siège, et il fit plein d’égard à l’Imam, et il lui dit:” Qu’est ce qui t’amène o Sheikh?”
L’imam de dire:” Je suis venu pour mon voisin qui a été arrêté hier par les policiers, je suis venu te demander de le libérer et je me charge de racheter sa faute”
L’émir répondit:” Je lui rends la liberté ainsi qu’à ses compagnons” et Abou Hanifa le remercia vivement.
L’ordre fut donné au responsable de la prison de les libérer et il fut ainsi, ensuite ils ont été amenés, devant l’émir.
L’émir leur dit:” Je vous ai libérés, par considération pour mon maitre Abou Hanifa!
Remerciez le et invoquez Allah en sa faveur” Et c’est ce qu’ils firent.
Une fois dehors, Abou Hanifa prit son voisin par la main et lui dit:” T’avons nous
abandonner o jeune homme?”
Il lui répondit: “Non maitre! A partir d’aujourd’hui tu ne me verras plus te causer préjudice”
Abou Hanifa prit alors 10 dinars et les donna au jeune homme et lui dit:” Aide toi de cette argent pour compenser ce que tu as perdu lors de ton emprisonnement; n’oublies pas, si tu as besoin de quoi que se soit, n’hésites pas à faire appel à nous, et n’aies aucune pudeur à ce sujet”
Le jeune voisin embrassa la tête de l’Imam et rentra chez lui.
On le vit ensuite fréquenter avec assiduité les cours d’Abou Hanifa , jusqu’à ce qu’il devint un des plus grands jurisconsultes les plus en vue de Koufa”
Quatrième anecdote:
C’est un exemple qui renferme beaucoup de leçons, pour les petits et les plus grands d’entre nous..
On rapporte cette magnifique histoire qui suit:
” Un jour le Calife El Manssour appela l’Imam Malik et lui dit:” Que penses-tu de mon argent?”
L’imam Malik lui répondit:” C’est le meilleur argent”
Le calife appela ensuite l’Imam Abou Hanifa et lui dit:” Que penses-tu de mon argent?”
Abou Hanifa répond ensuite:” O Emir des croyants tu es plus apte que moi à savoir cela”
Le calife appela ensuite l’Imam Ibn Abi Dib et lui dit:” Que penses tu de mon
argent?”
Ibn Abi Dib répondit ensuite:” C’est le plus mauvais argent” Quelques temps après…
Le calife envoya une somme d’argent à l’Imam Malik et ordonna à ses gardes:’
S’il refuse, tranchez-lui le cou” Mais Malik accepta.
Il envoya ensuite une somme d’argent à Ibn Abi Dib , en ordonnant à ses gardes:”
Tranchez-lui le cou s’il accepte” Mais Ibn Abi Dib refusa.
Il envoya alors pour finir une somme d’argent à l’Imam Abou Hanifa et dit a ses gardes:” Dites à Abou Hanifa de mettre cet argent la ou il veut, s’il accepte l’argent emprisonnez le et s’il refuse, emprisonnez le quand même!”
Et Notre Illustre Imam Abou Hanifa de dire: “L’émir des croyants sait d’où il a eu cette argent et il sait le mieux ou le mettre”
Soubhan Allah!
Ces Grands hommes évitaient aussi les postes au pouvoir qu’on leur proposait, des postes très convoités par les gens du commun.. Ainsi quelques temps après, le calife convoqua l’Imam Malik et lui proposa d’assumer les fonctions de juge.. Mais Malik lui répondit:” Je ne suis pas apte pour ce poste o émir des croyants”
Il convoqua ensuite l’Imam Abou Hanifa et lui proposa la même chose, et Abou Hanifa de répondre:
” Je ne suis pas apte pour cela o émirs des croyants, car je suis un auxiliaire, et ce post n’est réservé qu’à un homme noble parmi son peuple”
Il convoqua alors ensuite l’Imam Ibn Abu Dib et lui proposa la même chose, l’imam répondit:
” Je ne suis pas apte pour ce poste, car je suis un Qorayshite, et certes celui qui est ton associé dans la parenté ne peut être ton associé dans ton pouvoir.”
Cinquième anecdote
Cinquième anecdote qui se trouve dans le charh de aquidatou at tahawiya (chapitre 3.1 du premier point de ce livre)
On rapporte qu’un groupe de théologiens spéculateurs (ahl al kalam) d’origine hindou se sont rendus chez Abu Hanifa pour débattre avec lui sur l’existence du Créateur. Il leur fixa rendez-vous un ou deux jours plus tard. Les membres du groupe se présentèrent au rendez-vous et s’adressèrent à lui: “Qu’as-tu à dire?”
L’imam Abu Hanifa répondit:
“Je pense à cette embarcation chargée de marchandises et de biens de toutes sortes. Elle arrive en traversant les flots, jusqu’à s’amarrer au port. Le chargement débarque, puis l’embarcation s’en va,sans avoir à bord de commandant, ni de porteurs”
Les dialecticiens dirent: “C’est à cela que tu penses?”
Il répondit: “Oui”
Ils dirent: “tu n’as donc plus ta raison. Comment peut-on croire qu’une embarcation puisse venir sans commandant de bord, décharger et s’en aller? Ceci est impensable et inconcevable”
Abu Hanifa dit: “Comment se fait-il que votre raison n’accepte point ceci, mais accepte par contre que ces cieux, ce soleil, cette lune, ces étoiles, ces montagnes, ces arbres, ces animaux et ces gens n’aient pas de créateur?”
Le groupe comprit qu’Abu Hanifa s’était adressé à eux selon leur esprit. Face à une telle évidence, ils ne surent que dire.
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AU NOM D’ALLAH CLEMENT ET MISERICORDIEUX
Louange à Allah, le Très-Haut, Maître des Mondes; Fin heureuse à ceux qui Le révèrent;
Bénédiction et Paix sur son Prophète Muhammad [Paix et bénédiction soient sur lui] ainsi que sur
toute sa Famille.
Sache, lecteur, qu’un ancien étudiant qui avait été au service assidu du Cheikh, l’Imâm,
Ornement de la religion, Preuve de l’Islâm, Abû Hâmid Muhammad al-Gazâlî (“Rahmatullahi
aleih” [Miséricorde d'Allah, le Très-Haut soit sur lui].); qui avait étudié les sciences religieuses
auprès de ce maître, réuni les détails des sciences et poussé à la perfection les vertus de l’âme,
méditant un jour sur son état, eut l’idée suivante: “J’ai étudié, dit-il, diverses sciences et j’ai passé
la fleur de mon âge à les apprendre et à les recueillir; maintenant, il me faut savoir laquelle
d’entre elles sera utile demain pour m’assister dans la tombe; quant à celles qui me seront
inutiles, je les abandonnerai comme a dit le Messager d’Allah [Sallallahu aleihi wasallâm]: “Mon
Allah, protège-moi contre toute science inutile”.
Cette idée l’obséda et le détermina à écrire à son excellence le Cheikh, Preuve de l’Islâm,
Muhammad al-Gazâlî; il lui demanda conseil pour se diriger, lui posa certaines questions et la
supplia de lui écrire une prière à réciter à des heures déterminées et il ajouta: “Les ouvrages du
Cheikh, l’Imâm, tel “Ihyâ-ul-Ulûm-id-dîn” [La Régéneration des sciences religieuses] [1] et autres
renferment les réponses à mes sollicitations; cependant, je souhaite vivement que le Cheikh
résume ce dont j’ai besoin, en quelques feuillets qui m’accompagneront ma vie durant et dont
j’observerai les conseils tant que je serai en vie, si Allahu ta’âlâ le veut”.
Le Cheikh écrivit la lettre suivante en guise de réponse:
Sache, ô jeune homme qui m’aimes et que j’aime — qu’Allahu ta’âlâ prolonge ta vie par la
soumission que tu Lui témoignes et qu’IL te conduise dans la voie de ses bien-aimés — que les
préceptes les meilleurs le tirent de la mission même du Prophète. Si déjà tu en as tiré une leçon,
quel intérêt prendras-tu à la mienne? Mais si, au contraire, tu n’en as rien tiré, qu’as – tu donc
appris, dis-le moi, durant tant d’années?
Mon fils! Parmi les conseils donnés par le Prophète d’Allah à ses Compagnons (Ashâb-ı kirâm),
on trouve cette sentence: “Lorsqu’un homme a l’esprit préoccupé de soucis sans importance pour
lui, c’est le signe que le Très Haut abandonne son serviteur. Celui qui perd une heure de son
existence en des recherches pour lequelles il n’a pas été créé mérite qu’Allahu ta’âlâ prolonge
ses regrets au jour de la Résurrection. Celui qui dépasse la quarantaine sans que ses bonnes
actions ne l’emportent sur les mauvaises, celui-là doit attendre le feu de l’Enfer. A bon entendeur
salut!”
Mon fils! le conseil est aisé à donner mais difficile à suivre: il est amer au goût de ceux qui
suivent leurs caprices; car les choses défendues sont douces à leur coeur. Je vise, en particulier,
ceux d’entre eux qui aspirent à l’étude de la science formelle et se soucient des mérites de l’âme
et des voies de ce monde. Ils croient que leur salut dépendra de leur science abstraite, et qu’ils
peuvent se passer d’agir. C’est là l’opinion des philosophes. Gloire à Allahu ta’âlâ: ces esprits
abusés ignorent que, s’ils n’appliquent pas leur science, elle sera sans aucun doute invoquée
contre eux, comme l’a dit le Prophète aleihissalâm: “Le pire supplice, au jour de la résurrection,
sera celui du savant à qui Allahu ta’âlâ n’aura pas permis de profiter de sa science”.
On raconte que Gunayd (Abû al-Qâsim, le surnom de Junayd al-Baghdâdî, savant et Walî
(Saint), décédé en 910.), après sa mort, apparut en songe à quelqu’un. On lui dit: “Quelle
nouvelle, ô Abû al-Qâsim?” Il répondit: “Les belles phrases ont été vaines et les formules
mystérieuses se sont avérées stériles; rien ne nous a été utile que les quelques prières rituelles
accomplies au sein même de la nuit”.
Mon fils! Ne sois pas avare d’actes vertueux ni d’états mystiques, et sois sûr que la science
théorique n’apporte aucune aide. En voici un exemple: Qu’un homme au désert porte dix sabres
hindous et d’autres armes encore, qu’il soit brave et combatif, qu’un lion redoutable vienne à
l’attaquer, crois-tu que ces armes écarteraient le danger s’il ne s’en sert pour frapper le lion? Et,
bien sûr, elles ne repousseront pas le danger si l’homme ne les saisit et ne les brandit pour
frapper. Ainsi l’intellectuel qui lit cent mille problèmes scientifiques et les apprend par coeur, sans
les mettre en pratique! Il n’en tire de profit que par l’exercice. Autre exemple: Le malade atteint de
fièvre et de jaunisse; son traitement doit se faire par l’oxymel [2] et par l’infusion d’orge. La
guérison ne s’obtient qu’en employant ces deux médicaments.
En effet:
“Tu as mille remèdes: c’est en vain…
N’est utile que celui qui en prend enfin!” [3]
Etudierais-tu, pendant cent ans, dans mille livres, que seuls tes actes te disposeraient à la
miséricorde divine. Car Lui le Très Grand a dit: “Qu’on ne comptera à l’homme que ses propres
actes” (Coran, LIII, 40.). “Celui qui espère se rencontrer avec son Seigneur, qu’il fasse oeuvre
pie” (Coran, XVIII, 110.) “En punition de leurs actes” (Coran, IX, 83, 96). “Les Croyants qui
pratiquent le bien auront le paradis pour séjour. Séjour éternel qu’ils ne voudront échanger contre
aucun autre” (Coran, XVIII, 107.). “D’autres générations les suivirent. Elles délaissèrent la prière
pour s’abandonner à leurs penchants. Un triste destin leur est réservé. Exception sera faite pour
ceux qui se repentiront, croiront et pratiqueront les bonnes oeuvres. Pour ceux-là, ils entreront en
paradis et ne seront frustrés d’aucun de leurs mérites” (Coran, XIX, 60-61.)
Que dis-tu de cette tradition [4]: L’Islâm est bâti sur cinq fondements: Attester qu’il n’y a pas
d’autre divinité qu’Allah et que Muhammad aleihissalâm est le prophète d’Allah, prier, faire
l’aumône, jeûner le mois de Ramadân, accomplir le pèlerinage à la Mecque pour ceux qui en ont
la possibilité.
La Foi, c’est en même temps le verbe, la sincérité et les oeuvres. Les preuves de l’importance
des oeuvres sont innombrables. L’homme atteint, sans doute, le paradis par la grâce et la
générosité d’Allahu ta’âlâ, mais il l’atteint aussi après s’être préparé par son obéissance et son
adoration, car “la miséricorde d’Allah est proche de ceux qui font le bien” (Coran, VII, 54.). Si l’on
dit: “L’homme arrive aussi au paradis par la foi seule”, nous répondons: “Oui, mais quand? et que
de difficiles obstacles doit-il surmonter avant d’arriver au but! Le premier de ces obstacles est
celui de la foi elle-même; arrivera-t-il au paradis avec cette foi? ne lui sera-t-elle pas ravie avant
qu’il n’y entre? Et s’il est conduit au paradis, il sera un élu déçu et pauvre”. Al-Hasan al-Basrî [5]
dit: “Allahu ta’âlâ dit à ses serviteurs au jour de la résurrection: ô mes serviteurs, entrez au
paradis par la grâce de ma miséricorde et partagez-en les degrés entre vous, selon vos actions”.
Mon fils, tant que tu ne pratiqueras pas le bien, tu ne trouveras pas de récompense. On raconte
qu’un Israélite adora Allahu ta’âlâ durant soixante-dix ans. Allahu ta’âlâ voulut faire connaître ce
cas aux anges. Il lui en envoya un pour lui dire qu’il ne méritait pas le paradis malgré cette longue
adoration. Le message transmis, l’adorateur répondit: “Nous avons été créés pour l’adoration; il
nous faut adorer”. L’ange, de retour, dit: “Mon Allah tu connais mieux que moi sa réponse”. Et
Allahu ta’âlâ alors: “S’il ne cesse pas de Nous adorer, Nous ne cesserons non plus de le combler
de Nos grâces. Je lui ai déjà pardonné ses fautes, vous en êtes témoins, ô mes anges!”
Le Prophète d’Allah dit: “Demandez-vous des comptes à vous-mêmes avant qu’on ne vous en
demande et pesez vos actions avant qu’on ne vous les pèse”. ‘Alî [6] dit: “Celui qui croit toucher
au but sans effort est un homme de désir; et celui qui ne compte que sur l’effort fait acte de
présomption”.
Al-Hasan al-Basrî dit: “Aspirer au paradis sans accomplir de bonnes actions est un grand péché”.
Il dit aussi: “Le signe distinctif de la vérité, c’est d’oublier la récompense promise aux bonnes
actions, sans en abandonner la pratique”. Hadrat Muhammad (aleihissalâm) dit: “L’homme
intelligent se juge sévèrement et travaille pour l’autre vie; le sot suit les caprices de sa fantaisie et
compte sur Allahu ta’âlâ pour réaliser ses espoirs!”
Mon fils! Que de nuits tu as passées en études, te privant de sommeil; je ne sais quel était ton
but. Si c’était pour ce bas monde, pour ses biens, pour ses dignités et pour t’en vanter devant tes
égaux et tes semblables, alors malheur à toi, oui malheur à toi! Si, par contre, ton intention était
de vivifier la loi du Hadrat Prophète, de former ton caractère, de soumettre ton âme portée au
mal, tu es alors bienheureux, oui, tu es bienheureux. Il a dit vrai celui qui a écrit:
“Les yeux veillent en vain toute autre que Ta Face;
En vain coulent les pleurs pour un autre que Toi”.
Choisis, mon fils, la durée de ta vie: tu mourras; l’objet de ton amour: tu le perdras; d’agir comme
il te plaît; Allah te rétribuera.
Mon fils! A quoi bon tant d’études, théologie, logique, médecine, rhétorique, poésie, astronomie,
prosodie, syntaxe, morphologie, si c’est du temps perd en désaccord avec Allah?
J’ai trouvé ceci dans l’Evangile de Hadrat Î’sâ [7]: “Entre l’instant où le mort est mis dans le
cercueil et celui où on la dépose sur le bord de la tombe, Allah, par sa Grandeur, lui pose
quarante questions dont la première est celle-ci: “Tu t’es montré, ô mon serviteur, très pur aux
yeux des créatures durant bien des années. Mais cette pureté, tu ne me l’as pas montrée, non,
pas même une heure”; et, pourtant, chaque jour Allah regarde dans ton coeur et dit: “Que de
soucis tu te donnes pour les autres quand tu es comblé de mes bienfaits! Mais toi, tu es sourd et
tu n’entend pas”!
Mon fils! Connaissance sans pratique est folie! Pratique sans connaissance, inutilité. Sache que
si la science ne t’éloigne pas aujourd’hui des choses défendues et ne t’invite pas à la soumission,
elle ne te gardera pas davantage demain du feu de l’Enfer. Ne mets pas en pratique tes
connaissances aujourd’hui et tu diras demain au jour de la Résurrection, si tu n’es pas parvenu à
rattraper les jours passés: “Laisse-nous retourner sur terre. Nous y ferons le bien” (Coran, XXXII,
12). On te dira: “Imbécile, mais tu en viens!”
Mon fils! affermis ton esprit, déroute ton âme et mortifie ton corps, car la tombe est la demeure et
le peuple des cimetières t’attend. Garde-toi bien d’arriver chez eux sans viatique. Abû Bakr as-
Siddîq [8] dit: “Les corps sont une cage ou une étable: Demande-toi ce qu’est le tien. Si tu es du
nombre des oiseaux célestes, quand tu entendras battre le tambour qui te rappellera à ton
Seigneur, tu t’envoleras à tire d’ailes jusqu’au plus haut degré du Paradis; comme le Prophète a
dit: “Le trône du Clément a tremblé à la mort de Sa ‘d bin Mu’az” [9]. Par contre, malheur à toi, si
tu es du nombre des bestiaux, suivant la parole du Tout-Puissant: “Ceux-là sont comme des
bêtes. Que dis-je, ils sont plus égarés encore” (Coran, VII, 178. Cf. aussi Coran, XXV, 46).
Ne crois donc pas être en sûreté lors de ton passage du fond de la maison terrestre au fond de
l’abîme du Feu. — On raconte qu’Al-Hasan al-Basrî a demandé un jour un verre d’eau fraîche;
lorsqu’il eut saisi le verre, il perdit connaissance et le verre tomba. Ranimé, on lui dit: “Qu’as-tu ô
Abû Sa’îd?” Il répondit: “Je me suis rappelé le désir des habitants de l’Enfer lorsqu’ils crient à
ceux du Paradis: “Répandez sur nous un peu d’eau, ou un peu de vos joies célestes!”
Mon fils! s’il te suffisait d’avoir la science abstraite, sans les oeuvres, la voix divine irait crier en
vain: “Y a-t-il quelqu’un qui appelle, qui implore, qui se repent?” On raconte qu’un groupe de
Compagnons du Raçoûlullah cita le nom d’Abdallah Bin ‘Omar (Coran, VII, 48) devant Hadrat le
Prophète, qui dit? “Ce serait un excellent homme s’il priait la nuit”. Il dit aussi à l’un de ses
Compagnons: “Ami, ne dors pas trop la nuit, car celui qui dort trop la nuit se retrouve démuni le
jour de la Résurrection!”
Mon fils! “Récite le Coran, la nuit. C’est là une oeuvre pie” [10]: c’est une injonction. — “A
l’aurore, ils étaient déjà en prière, ils demandaient pardon” (Coran, XVII, 81.): c’est une action de
grâces. – “Et ceux qui implorent le pardon d’Allahu ta’âlâ au lever de l’aurore” (Coran, LI, 18.):
c’est une invocation. Raçoûlullah a dit: “Allahu ta’âlâ aime trois voix: celle du coq, celle qui récite
le Coran et celle qui implore le pardon du Créateur à l’aurore”. Sufyân at-Tawrî (Coran, III, 15.) a
dit: “Allahu ta’âlâ fait souffler à l’aube un vent que chargent les appels et les demandes
adressées à Allahu ta’âlâ”. Il a dit aussi: “A la tombée de la nuit, un héraut crie au pied du Trône
divin: Debout, âbid d’Allah! Ils se lèvent et rendent grâces; puis un autre héraut appelle au milieu
de la nuit: Ames pieuses, éveillez-vous! Ils se lèvent et prient jusqu’au point du jour. A l’aube un
héraut appelle de nouveau: Vous qui avez à implorer pardon, debout! Ils se lèvent et implorent le
pardon d’Allah. Au lever du soleil, un dernier héraut appelle: Hommes légers, debout! Ils se
lèvent de leurs lits, tels les morts ressuscités de leurs tombes”.
Mon fils! On raconte que le sage Luqmân [11] parmi les conseils qu’il donna à son fils, place ces
paroles: “Mon fils! que le coq ne soit pas plus vigilant que toi lorsqu’il appelle Allah à l’aurore;
alors que toi, tu dors”. Et voici ces vers:
“Une colombe a gémi, dans la nuit, sur une branche:
Je dormais… Mon Allah, mon Allah! Mon amour est un menteur:
Sur un véritable amour, elle n’eût pas pris d’avance…
Je suis l’amant aux yeux secs, mais elle verse des pleurs!”
Mon fils, savoir ce que c’est qu’obéir et adorer, voilà la quintessence de la science. Elle exige,
sache-le bien, que tu suives le Législateur dans ses ordres comme dans ses défenses, qu’ils
s’agisse de paroles ou d’actions. En d’autres termes, tout ce que tu dis, fait et abandonnes, doit
être inspiré par l’observance de la Loi. Si, par exemple, tu choisis pour jeûner le jour de la Fête
du Sacrifice ou les jours consacrés à sécher au soleil la chair des victimes [12], tu enfreindras la
règle. Ou encore, si tu exécutes la prière, vêtu d’une robe arrachée par force à autrui, tu
pècheras, bien que ton acte ait les apparences d’une adoration.
Mon fils! Il te faut donc conformer tes paroles et les actes à la Loi [13]; car connaître et agir en
dehors des règles qu’elle prescrit sont des erreurs. Ne te laisse pas davantage égarer par les
excès extravagants du mysticisme: pour suivre cette voie, il faut effort et lutte, il faut suspendre
les désirs de nafs, anéantir ses caprices par le glaive de l’exercice et non par de folles et vaines
chimères. Sache que la langue débridée et le coeur comblé de désirs futiles sont des signes
funestes. Si tu n’humilies pas ton nafs par une lutte sincère contre ses désirs et ses caprices, tu
n’illumineras pas ton coeur par la connaissance. Sache aussi qu’il est impossible de répondre par
écrit ni verbalement à certaines des questions que tu m’as adressées. Si tu parviens à cet état, tu
en connaîtras la nature; sinon, le connaître est impossible parce qu’il appartient au domaine de
goût: tout ce qui relève de ce domaine, il est impossible de le décrire par des paroles, comme l’on
ne connaît la douceur de ce qui est doux et l’amertume de ce qui est amer que par le goût. Ainsi,
on raconte qu’un impuissant écrivit à un ami lui demandant de lui expliquer le plaisir sexuel. Il
reçut la réponse suivante: “O un tel, je te croyais impuissant seulement, or je constate maintenant
que tu es, à la fois, impuissant et sot; car ce plaisir est du domaine du goût: y arrives-tu? tu en
connais la nature, sinon sa description est impossible en paroles ou par écrit”.
Mon fils! Quelques-unes de tes questions ressemblent à cette dernière. Quant à celles
auxquelles on peut répondre, je les ai mentionnées dans ma Régénération des sciences
religieuses et dans d’autres de mes livres. J’en cite ici une partie tout en y renvoyant. Je dis:
“L’homme qui suit la voie de la vérité a quatre obligations à observer: C’est d’abord une foi très
vive, sans trace d’hérésie.
C’est ensuite un repentir sincère après lequel tu ne reviennes plus au péché. En outre, c’est un
effort pour contenter tes rivaux afin que personne ne puisse te réclamer une réparation
quelconque. Enfin, c’est l’étude des sciences religieuses conformément aux ordres d’Allah; puis,
celle des autres sciences qui aident au salut de l’âme.”
On raconte qu’as-Siblî [14] dit: “J’ai suivi quatre cents maîtres et j’ai lu quatre milles hadiths. Puis
j’en ai choisi une seule que j’ai mis en pratique à l’exclusion de toute autre, parce que je l’ai
médité, et j’y ai trouvé ma délivrance et mon salut. J’y ai trouvé aussi la science entière des
Anciens et des Modernes. Je m’en suis contenté. Voici cet hadîth: “Raçoûlullah dit un jour à l’un
de ses Compagnons: “travaille pour la vie d’ici-bas dans la mesure où tu résideras sur la terre;
travaille pour la vie future dans la mesure où tu dois y demeurer; travaille pour son Seigneur
autant que tu as besoin de Lui et travaille pour le feu de l’Enfer autant que tu pourrais en
supporter l’ardeur”.
Mon fils! Si tu connais cet hadith, tu n’auras pas besoin de beaucoup de science.
Médite aussi cette autre histoire: Hâtim al-Asamm [15] était du nombre des amis de Saqîq al-
Balhî [16]. Un jour celui-ci lui demanda: “Tu me suis depuis trente années déjà; quels avantages
en as-tu retirés?” Hâtim répondit: “J’en ai retiré huit qui me suffisent, parce que j’espère obtenir
par là ma délivrance et mon salut”. Saqîq demanda alors quels étaient ces avantages? Hâtim
répondit:
1) J’ai observé les créatures et j’ai vu que chacune d’elles avait un être qu’elle aimait et
chérissait. Il est de ces êtres aimés qui accompagnent la personne qui les aime jusqu’à la
maladie grave; d’autres qui l’accompagnent jusqu’au bord du tombeau puis se retirent en la
laissant toute seule; mais aucun n’entre avec elle dans la tombe. Cela m’a donné à réfléchir et je
me suis dit: “le meilleur ami de l’homme serait celui qui le servirait jusque dans la tombe pour lui
tenir compagnie”. Un tel ami, seules les bonnes oeuvres m’en ont tenu lieu. Je les ai alors
aimées afin qu’elles me soient un flambeau dans ma tombe, qu’elles m’y tiennent compagnie et
ne m’y laissent pas seul.
2) J’ai constaté, en second lieu, que les gens suivent leurs caprices et se hâtent de satisfaire aux
désirs de leurs nafs. J’ai alors médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “En revanche, ceux qui auront
respecté leur Seigneur et vaincu leurs passions, auront le paradis pour séjour” (Coran, LXXIX,
40-41). J’ai été sûr alors que le Coran est la pure vérité. Je me suis mis à combattre les
tendances de mon nafs et me suis apprêté à leur faire la guerre et à barrer la route à ses
caprices jusqu’à ce qu’elle devienne docile et s’habitue à se soumettre à Allah.
3) J’ai vu tous les êtres humains courir après les biens du monde, les tenir et les garder
âprement; j’ai alors médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “Vos biens sont périssables, les biens d’Allah
sont éternels” (Coran, XVI, 98). Ce que je possédais, je l’ai alors dépensé pour l’amour d’Allahu
ta’âlâ et l’ai distribué aux pauvres afin qu’il me soit un trésor auprès d’Allahu ta’âlâ.
4) J’ai vu certaines personnes croire que l’honneur et la puissance résidaient dans le nombre des
clientèles et des partisans; je les ai vues s’en vanter. D’autres prétendaient qu’ils résidaient plutôt
dans les biens et le grand nombre des enfants; elles en étaient fières. D’autres ont cru que la
puissance et l’honneur consistaient à enlever de force les biens de leurs semblables, à les traiter
injustement et à verser leur sang. Un groupe, enfin, a cru que cette puissance résidait dans la
dépense des biens, dans leur dissipation et dans la prodigalité avec laquelle on en usait; j’ai alors
médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “Le plus méritant auprès d’Allahu ta’âlâ est celui qui le craint le
plus”(Coran, XLIX, 13.). J’ai donc opté pour cette crainte d’Allahu ta’âlâ et j’ai fermement cru que
le Coran est la pure vérité et que les conjectures de ce groupe et ses considérations sont vaines
et éphémères.
5) J’ai vu les gens se dénigrer ou se calomnier; j’en ai trouvé la cause dans la jalousie suscitée
par les biens, le prestige et la science. J’ai donc médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “C’est nous qui
leur avons réparti la nourriture en ce monde” (Coran, XLIII, 31.). J’ai alors appris que la
distribution, à l’origine, a été faite par Allahu ta’âlâ; je n’ai plus jalousé personne et je me suis
contenté de la répartition des biens telle qu’elle avait été faite par Allahu ta’âlâ.
6) J’ai vu les gens se déclarer ennemis pour toute sorte de fins et de motifs; j’ai alors médité la
parole d’Allahu ta’âlâ: “Satan est votre ennemi. Considére-comme tel” (Coran, XXXV, 6.). J’ai
donc appris qu’il n’était pas permis d’avoir d’autre ennemi que Satan.
7) J’ai vu tous les hommes travailler avec tant d’ardeur et prodiguer tant d’efforts en vue d’obtenir
leur nourriture et leur subsistance qu’ils devenaient souvent l’objet de soupçons et d’accusations,
qu’ils se dégradaient et se déshonoraient. J’ai donc médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “Il n’est point
d’être vivant sur terre qui ne s’en remette à Allahu ta’âlâ de le nourrir” (Coran, XI, 8.). J’ai alors
compris que ma subsistance dépend d’Allahu ta’âlâ et qu’IL me la garantit. Je me suis mis à
l’adorer et j’ai cessé de convoiter autre chose.
J’ai vu tous les êtres humains se fier à la créature; à l’argent, aux biens et à la propriété, au
métier et à l’industrie, enfin à un autre être humain. J’ai alors médité la parole d’Allahu ta’âlâ:
“Allah suffit à qui s’y fie. Il réalise toujours ses desseins. Il les réalise à son heure” (Coran, LXV,
3.). J’ai donc pleine confiance en Allahu ta’âlâ qui me suffit et qui est le meilleur des protecteurs.
Saqîq dit: “Qu’Allah t’assiste, ô Hâtim, j’ai examiné la Thora, les Psaumes, l’Evangile et le Furkan
[17] et j’ai constaté que les quatre livres ont pour objet ces huit avantages. Celui donc qui les met
en pratique mettra en pratique, par le fait même, les préceptes de ces quatre livres”.
Mon fils! Tu as appris par ces deux récits que tu n’as pas besoin de pousser trop loin ta science;
et maintenant voici ce que doit faire celui qui suit la voie de la vérité.
Sache qu’à celui qui suit la voie d’Allahu ta’âlâ, il faut un maître pour guide et éducateur, qui, par
sa bonne éducation, corrigera les mauvais penchants et leur substituera de bonnes habitudes.
L’éducation ressemble, en effet, au travail du laboureur qui déracine les épines, sarcle le blé afin
qu’il pousse mieux et donne une abondante moisson. Tout homme donc qui désire suivre la vraie
voie ne peut se passer d’un maître pour l’éduquer et le guider dans la voie d’Allahu ta’âlâ. Allahu
ta’âlâ a, en effet, envoyé un Apôtre pour guider les créatures Vers Lui. Cet Apôtre laisse après sa
mort des successeurs pour servir de guides dans la voie d’Allah. Le Maître capable de remplacer
le Prophète doit être savant. Cela ne veut pas dire que tout savant peut être un successeur du
Prophète! Je vais d’ailleurs t’indiquer les principaux signes distinctifs qui le caractérisent, afin que
tout savant ne prétende pas à la qualité de guide. Je pense qu’il y faut un homme qui s’éloigne
du monde et de ses honneurs; il doit aussi avoir fréquenté assidûment un homme perspicace qui,
par d’autres intermédiaires, remonte au Seigneur des prophètes. Il doit, également, pouvoir
s’habituer à manger peu, à dormir peu et à parler peu. Il doit, en outre, prier beaucoup, jeûner de
même et faire fréquemment l’aumône. Il doit aussi, grâce à la fréquentation de son propre Maître
perspicace, marcher dans la voie des vertus morales comme la patience, la prière, la
reconnaissance, la certitude, la quiétude, la longanimité, l’humilité, la science, la sincérité, la
pudeur, la fidélité à ses promesses, le sérieux, le calme, la réflexion et autres vertus semblables.
Il est donc une des lumières qui peuvent être prises pour modèle, lumière du Prophète; mais on
le rencontre rarement, bien plus rarement qu’on ne rencontre le soufre rouge! Et celui qui a le
bonheur de trouver un tel Maître et d’être agréé par lui, doit le respecter extérieurement et
intérieurement. Le respect extérieur doit se manifester par la soumission complète au Maître; le
disciple ne doit pas non plus protester à propos de telle ou telle question, même lorsqu’il connaît
l’erreur du Maître. Il ne doit pas non plus étendre son tapis de prière devant lui en dehors des
heures de prière. La prière terminée, le disciple enlèvera le tapis et ne multipliera pas les prières
surérogatoires devant lui; et il exécutera les ordres du Maître selon ses forces et sa capacité. —
Quant au respect intérieur, voici en quoi il consiste: tout ce que le disciple aura entendu et
accepté extérieurement de la part du Maître, il ne doit pas le nier intérieurement; autrement il
serait taxé d’hypocrisie; s’il n’arrive pas à cette sincérité totale, il quittera la présence de ce
Maître jusqu’à ce que l’adhésion interne soit en harmonie avec l’adhésion externe. Il devra aussi
se prémunir contre les mauvaises fréquentations afin que le pouvoir des démons et des hommes
pervers n’ait point de prise sur son coeur: il sera alors exempt de souillure satanique. Dans tous
les cas, il optera pour la pauvreté, non pour la richesse.
Sache de plus que le mysticisme requiert deux qualités: la droiture avec Allahu ta’âlâ et la
longanimité avec les hommes.
Celui qui est droit avec Allahu ta’âlâ, et qui se conduit bien avec les gens, les traitant avec
patience, est un mystique. La droiture avec Allahu ta’âlâ consiste à sacrifier les désirs de son
nafs aux ordres d’Allah. — Se bien conduire avec les autres c’est ne pas les obliger à suivre tes
désirs, mais c’est t’obliger toi-même à suivre leur volonté, à condition qu’ils ne dérogent pas aux
lois de la religion.
Tu m’as interrogé aussi sur la soumission à Allahu ta’âlâ. Elle repose sur trois principes:
1) Observer les préceptes de la religion (les commandements et les interdits de l’Islâm)
2) Accepter sans protester la destinée telle qu’Allah l’a voulue.
3) Chercher à satisfaire le vouloir divin plutôt que sa volonté propre.
Tu m’as interrogé sur la confiance en Allahu ta’âlâ:
Allahu ta’âlâ veut que tu renforces ta Foi en ses promesses, c’est-à-dire que tu croies d’une part
que ce qui a été écrit à ton sujet s’accomplira sans aucun doute, quand bien même l’Univers
conjuguerait ses efforts pour te l’éviter; d’autre part, que ce qui n’a pas été écrit pour toi, ne
t’arrivera pas, quand bien même tout le monde t’aiderait.
Tu m’as interrogé sur la sincérité; elle veut que toutes tes actions soient pour Allah. Que ton
coeur donc ne se réjouisse pas de louanges que les gens t’adresseront; ne te soucie pas non
plus de leur blâme.
Sache que l’hypocrisie naît de la flatterie adressée aux autres. Tu la guériras en considérant
qu’ils sont dominés, comme des objets, incapables de procurer du repos ou de causer de la
fatigue: tu peux donc éviter l’hypocrisie à leur égard. Tandis que si tu leur attribues un pouvoir et
une volonté propres, tu seras fatalement poussé à l’hypocrisie!
Mon fils! Quelques-unes seulement des réponses à tes autres questions se trouvent formulées
dans mes ouvrages, consulte-les à leur sujet. Quant aux autres, elles ne sauraient être écrites.
Mets en pratique ce que tu sais, pour que l’on te soit révélé ce que tu ignores.
Mon fils! Ne me propose donc désormais les problèmes qui t’embrassent que par la voie
intérieure. Et rappelle-toi la parole d’Allahu ta’âlâ: “Il vaudrait mieux pour eux attendre…” (Coran,
XLIX, 5.). Accepte le conseil de Hızır aleihissalâm [18]: “Ne me demande jamais aucune
explication avant que je ne t’informe moi-même” (Coran, XVIII, 69.). Ne sois pas pressé. Tout
arrive et te sera dévoilé en son temps. As-tu médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “Un jour viendra où
Je vous produirai mes miracles. Ne vous montrez pas impatients” (Coran, XXI, 38.). Ne
m’interroge donc pas avant l’heure et sois sûr et certain que tu n’arriveras qu’à force de
marcher… “N’ont-ils jamais parcouru le monde? ils auraient connu la fin malheureuse de leurs
devanciers” (Coran, XXX, 8; XXXV,43; XL, 22.).
Mon fils! Je t’assure que si tu marches dans la voie de soufisme, tu verras des merveilles à
chaque étape. Sacrifie ton âme, car l’essence est dans le sacrifice, comme l’a dit Dû n-Nûn al-
Misrî [19] à l’un de ses disciples: “Si tu peux donner ta vie, viens à moi; sinon ne t’occupes pas
des futilités du Soufisme”.
Mon fils! je vais te donner huit conseils; reçois-les pour que ta science ne soit pas ton ennemie
au jour de la Résurrection; quatre concernant ce que tu dois pratiquer et quatre, ce que tu dois
éviter.
Voici d’abord ce que tu dois éviter:
1) Te garder absolument de discuter avec autrui, car la discussion cause bien des dommages et
recèle plus de mal que de bien. Elle est, en effet, la source de tous les vices comme l’hypocrisie,
la jalousie, la fierté, la rancune, l’inimitié, l’orgueil et les autres. Certes tu peux discuter sur une
question avec une personne ou un groupe da personnes mais à condution que tu veuilles leur
montrer la vérité. Et ce vouloir doit s’accompagner de deux signes:
N’établir aucune différence entre la vérité découverte par toi et celle qui serait découverte par un
autre.
Préférer discuter dans un lieu retiré plutôt que devant une grande assemblée.
Ecoute, je vais te donner une règle:
Sache que poser des questions au sujet de certaines difficultés, c’est exposer une maladie de
coeur au médecin; la réponse, c’est l’effort que le médecin prodigue pour la guérir.
Sache aussi que les ignorants sont des cardiaques et les savants, leurs médecins. Le savant
incomplet ne réussit pas le traitement. Le savant vraiment savant ne traite pas tout malade, mais
seulement celui qu’il estime apte à recevoir le traitement et le salut. Si le mal est chronique ou
incurable, l’art du médecin est de dire: celui-là est inguérissable. Il ne s’occupera donc pas de la
soigner, car il perdrait son temps.
Sache qu’il y a, sous le nom d’ignorants, quatre espèces de malades: l’un est curable, les autres
non. Le premier de ceux-ci est celui dont les questions et les réponses sont provoquées par la
jalousie et la haine [20].
Répondre au jaloux de son mieux, avec éloquence et clarté, c’est le pousser davantage dans la
voie de la haine, de l’inimitié et de la jalousie. Il ne faut donc pas se soucier de lui:
“On espère guérir toutes les maladies, hormis l’inimitié dont la cause est l’envie”.
Tu dois donc t’éloigner de lui et l’abandonner avec sa maladie. Allahu ta’âlâ, n’a-t-il pas dit:
“Ecarte-toi de celui qui refuse de Nous prier et qui ne recherche que les plaisirs de ce bas
monde”? (Coran, LIII, 30; XX, 17.)
Le jaloux, par ses propos et par ses oeuvres, incendie le grain de ses actes. Comme l’a dit notre
Prophète Muhammad aleihissalâm: “La jalousie dévore les bonnes actions, comme le feu
consume le bois”.
Le mal du second vient de sa sottise. Lui aussi est inguérissable. Comme l’a dit Îsâ aleihissalâm:
“Il ne m’a pas été impossible de ressusciter les morts, mais j’ai été incapable de guérir les sots”
[21]. Car le sot est un homme qui travaille à apprendre en peu de temps quelque chose, tant
dans les connaissances révélées que dans les rationnelles. Poussé par sa sottise, il interroge et
contrarie le grand savant qui a passé sa vie à étudier les sciences révélées et rationnelles. Ce sot
est un ignorant qui s’imagine cependant que ce qui l’embarasse, embarasse aussi le grand
savant [22]. S’il ne se rend pas compte de cette erreur, ses questions et ses répliques viennent
de sa sottise. Tu n’as donc pas à t’occuper de lui répondre.
Le troisième demande à être dirigé: tout ce qu’il ne comprend pas dans les paroles des grands
savants, il en attribue la cause à la faiblesse de ses facultés intellectuelles. S’il interroge, c’est en
vue de tirer profit de la réponse, mais c’est un sot qui ne saisit pas les vérités; il ne faut pas non
plus t’occuper de lui répondre, comme a dit Muhammad aleihissalâm: “Nous, les prophètes, il
nous a été ordonné de parler aux gens selon leur intelligence”.
Le seul qui soit curable, c’est le vrai chercheur de la vérité: sage et compréhensif; il ne doit pas
être l’esclave de la jalousie, de la colère, des honneurs, des biens de ce monde et des passions.
Il doit rechercher la voie droite. Ses questions et ses réponses ne doivent être suscitées ni par
l’envie, ni par l’entêtement ni par un amour excessif de la critique. Celui-là est guérissable; tu
peux donc te soucier de lui répondre; bien plus: tu dois lui répondre.
2) Tu dois, en second lieu, éviter avec le plus grand soin d’être un sermonneur et un
missionnaire. Car cela présente bien des inconvénients. A moins, toutefois, que tu ne joignes
l’exemple à la parole; puis tu inviteras les autres à t’imiter. Médite la parole qui fut dite à Hadrat
Î’sâ fils de Marie: “Sermonne alors ton nafs d’abord; si elle en profite, sermonne alors les autres.
Sinon, aie honte devant ton Seigneur”. Mais si tu te vois contraint d’entreprendre cette tâche,
garde-toi de deux défauts:
De l’affectation dans la parole, les expressions, les gestes, les extravagances, les vers et les
strophes. Allahu ta’âlâ déteste les hommes affectés. L’affectation révèle en effet, le désordre et
l’insouciance intérieurs. Prêcher, c’est pousser l’homme à se rappeler le feu de l’autre vie, sa
négligence à servir le Créateur, le temps passé à s’occuper de choses inutiles; c’est l’inviter à
penser aux obstacles qui peuvent l’empêcher de croire en l’au-delà, à penser aussi à l’état dans
lequel il se trouvera entre les mains de l’ange de la mort, à se demander s’il peut répondre aux
questions de Munkar et de Nakr [23], à s’occuper sérieusement de son état au jour de la
résurrection. Pourra-t-il passer sain et sauf le pont [24] qui sépare ce monde de l’autre ou bien
tombera-t-il dans le précipice? toutes ces choses resteront gravées dans son coeur et le
tourmenteront. L’embrassement du Feu, les lamentations à la pensée de ces malheurs, cela
s’appelle l’avertissement.
Informer les gens et leur montrer ces choses, attirer leur attention sur leur négligence et leurs
excès, les inciter à penser à leurs défauts afin que l’ardeur de ce Feu touche les membres de
l’assemblée et que ces malheurs les effrayent de telle sorte qu’ils rattrapent, dans la mesure du
possible, les jours passés de leur vie et regrettent ceux qui ont été employés à autre chose qu’à
la soumission à Allahu ta’âlâ, ces idées que je viens de résumer forment ce que l’on appelle un
sermon. Si tu voyais l’inondation atteindre une maison où se trouve ton semblable avec toute sa
famille, tu crierais: “Prenez garde! prenez garde! fuyez devant le torrent!” Dans une pareille
situation, tu n’avertirais pas le propriétaire de la maison avec des manières, des expressions
affectées, des traits d’esprit et des allusions, certes pas! Ainsi doit être le prédicateur: il doit éviter
tout cela.
Le deuxième défaut, c’est de prétendre à soulever tes auditeurs pour qu’ils expriment avec
ostentation leur enthousiasme devant tes dons et ton génie, par exemple en déchirant leurs
vêtements, afin qu’on se récrie: Quel extraordinaire orateur! Tu ne pencherais alors que vers les
choses d’ici-bas, ce qui est un fruit de la futilité. Mais ton élan et ton ardeur doivent prendre pour
buts d’appeler les gens de ce monde à l’autre, de la désobéissance à l’obéissance, de
l’attachement aux choses de ce monde à la vie ascétique, de l’avarice à la générosité, du doute à
la certitude, de l’oubli négligent au sursaut de la conscience, de la vanité à la piété; et de leur
faire aimer l’au-delà et détester ce monde; de leur apprendre la science de l’adoration et de
l’ascétisme; et de ne pas les faire présumer de la générosité d’Allahu ta’âlâ, ni de sa miséricorde;
car ce qui domine leur nature, c’est l’éloignement de la voie de la religion, la recherche de ce
qu’Allahu ta’âlâ n’agrée pas et la pratique des mauvaises moeurs. Jette alors la peur dans leurs
coeurs, effraie-les, terrifie-les, qu’ils redoutent le péril qui les attend, ils s’attacheront alors
fermement à obéir à Allahu ta’âlâ et à cesser de Lui désobéir.
Telle est la voie à suivre pour sermonner autrui et lui donner des conseils. Toute autre manière
de prêcher constitue un danger pour celui qui parle comme pour celui qui écoute. Bien mieux, on
l’a dit: un mauvais prédicateur est un monstre de perfidie diabolique qui écarte les gens de la voie
droite pour les perdre. Ils doivent donc le fuir, car Satan en personne n’altérait pas leur Foi autant
que lui. L’auditeur qui en aurait le pouvoir devrait le faire descendre de la chaire et l’empêcher de
poursuivre ses ravages — conséquence naturelle du précepte qui commande de faire le bien et
interdit de pratiquer le mal.
3) Tu dois, en troisième lieu, éviter de fréquenter les princes et les sultans. Tu dois même éviter
de les rencontrer, car leur rencontre et leur société, autant que leur fréquentation, constitue un
danger. Si, cependant, tu es obligé de les fréquenter, évite de les complimenter, car Allahu ta’âlâ
est courroucé quand on loue les oppresseurs et les scélerats. Et celui qui implorerait pour eux
une longue vie, exprimerait ainsi le désir qu’il soit désobéi à Allahu ta’âlâ sur la Terre.
4) Tu dois, quatrièmement en enfin, éviter d’accepter quoi que ce soit des dons et des cadeaux
des Sultans, quand bien même tu serais sûr qu’ils ont été bien acquis. Car, accepter leurs dons,
c’est corrompre la religion, puisque c’est en venir à les flatter, les respecter, à approuver leur
injustice. Tout cela corrompt la religion. Le moindre mal qui puisse en résulter c’est qu’en
acceptant leurs dons et en profitant de leurs richesses, tu n’en arrives à aimer ces Sultans. Or,
celui qui aime quelqu’un, aime par le fait même à le vivre le plus longtemps possible et demeurer
en ses fonctions. — Prendre plaisir à voir persister l’injustice, c’est vouloir que l’injustice opprime
les créatures d’Allahu ta’âlâ, c’est vouloir la ruine du monde. Quoi de plus nuisible à la foi et à la
fin de l’homme? Garde-toi bien d’être fasciné par le démon ou trompé par des paroles comme
celles-ci: “Qu’il vaut mieux soutirer de l’argent de ces Sultants pour le donner aux pauvres. Ils
dépensent, eux, cet argent dans la débauche et la désobéissance; tu le dépenseras, toi, pour les
faibles: tu agis donc mieux qu’eux”. Le maudit a coupé le cou à beaucoup de gens par des
tentations semblables et les dégâts qu’il a causés sont profonds et immenses. J’en ai parlé dans
la Régénération des sciences, consulte cet ouvrage.
Voici maintenant les quatre autres conseils que tu dois mettre en pratique:
1) Ta conduite avec Allahu ta’âlâ doit être telle que si ton serviteur agissait de même avec toi, tu
en serais content, n’y trouverais nulle offense et nul sujet de colère; ce que, par contre, tu ne
permets pas à ton prétendu serviteur, Allahu ta’âlâ, qui est ton vrai Maître, ne l’acceptera pas,
non plus, de ta part.
2) Fais à autrui ce que tu voudrais qu’il te fit, car la foi de l’homme n’est parfaite que lorsqu’il
désire pour tout le monde ce qu’il aime pour soi-même.
3) Soit que tu enseignes ou que tu étudies, il faut que ta science améliore ton coeur et ton âme.
Si tu apprenais qu’il ne te reste à vivre qu’une semaine, tu ne t’occuperais alors ni de
jurisprudence, ni de controverse, ni de sources [24] ni de théologie ou d’autres sciences
semblables, parce que tu sais qu’elles ne t’enrichissent pas. Mais tu t’occuperais de surveiller ton
coeur et d’étudier les dispositions de ton âme, de t’éloigner des attaches du monde et de purifier
ton âme des mauvaises habitudes, tu t’occuperais d’aimer Allahu ta’âlâ, de l’adorer et d’acquérir
les plus belles vertus. Souviens-toi que l’homme, chaque instant, peut mourir.
Mon fils, écoute encore ces quelques paroles, médite-les bien pour y trouver ton salut. Si l’on te
disait que le sultan va venir te faire visite dans une semaine, je sais bien qu’alors tu ne
t’occuperais qu’à améliorer ce qui va tomber sous ses yeux: vêtements, corps, maison, meubles,
etc. Maintenant, médite ce que je viens de te signaler; car tu es capable de comprendre et celui
qui est intelligent saisit, en peu de mots. Le Prophète aleihissalâm, bien-aimé d’Allahu ta’âlâ dit:
“Allahu ta’âlâ ne regarde pas vos visages, ni vos actions, mais IL regarde vos coeurs et vos
intentions.” Si tu veux savoir les états que peut connaître le coeur, reporte-toi à la “Ihyâ-ul-ulûmid-
dîn” et à d’autres de mes ouvrages. Car cette science est un devoir individuel [25]; les autres
sont des devoirs qui incombent à l’ensemble de la communauté [26], sauf ce qui touche aux
devoirs envers Allah, tels les ablutions rituelles, les prières et autres.
Qu’Allahu ta’âlâ t’assiste pour que tu apprennes et pratiques tout ce que je viens de t’exposer, si
Allah le veut.
4) N’amasse pas des biens de ce monde plus qu’il ne te faut pour entretenir ta famille pendant
une année: ainsi faisait Muhammad aleihissalâm avec certaines de ses femmes. Il disait: “Mon
Allah fais que la nourriture de la famille de Muhammad aleihissalâm soit suffisante”. Il n’agissait
ainsi que pour ses femmes dont la résignation (à cause de l’humanité) était faible. Pour celles
dont la résignation était ferme, il se bornait à souhaiter la nourriture d’un jour ou même d’une
demi-journée.
Mon fils, j’ai écrit cette lettre sur tes instances. Il te reste à la mettre en pratique; et ne m’obulie
pas dans tes pieuses prières. Quant à l’oraison que tu m’as demandée, cherche-la dans les
invocations que rapportent les Traditions authentiques. Récite, cependant, l’appel suivant dans
les circonstances critiques et surtout à la fin de tes prières:
“Mon Allah, je te demande une grâce totale, une protection constante, une miséricorde complète,
une santé effective, une vie large, une existence heureuse, des bienfaits extrêmes, des faveurs
en tous domaines, des marques de la plus délicate générosité et de la bonté la plus directe.
“Mon Allah, sois avec nous et ne sois pas contre nous.
“Mon Allah, termine par le bonheur nos vies; réalise largement nos espoirs; joins par la santé nos
matins à nos soirs; dirige notre fin vers ta misércorde; déverse l’abondance de ton pardon sur
nos fautes; accorde-nous la faveur de nous corriger de nos défauts; fais de la piété notre
viatique; dirige vers ta religion notre effort, mets en Toi notre confiance et sois notre constant
appui. Mon Allah, affermis-nous dans la voie de la droiture; éloigne-nous pendant cette vie de ce
qui pourrait causer notre repentir, au jour de la Résurrection; allège-nous le poids des péchés;
donne-nous le pain halâl; écarte de nous la malice des Méchants; délivre nous, ainsi que nos
pères et mères, nos frères et soeurs, du Feu de l’enfer par ta miséricorde, ô très Fort, très
Miséricordieux, Généreux et Protecteur; ô très Savant et très Puissant, ô mon Allah, ô mon Allah,
ô mon Allah, par ta miséricorde, ô Toi le plus Miséricordieux des miséricordieux, l’Alpha et
l’Oméga; ô Toi, Possesseur de la plus grande force, qui as pitié des pauvres et des déshérités, et
le très Misérocordieux; il n’y a pas d’autre dieu que Toi. Gloire à Toi, j’ai été du nombre des
Injustes; et bénédiction d’Allah sur notre Prophète Mohammad aleihisselâm, sa Famille et tous
ses Compagnons (Ashab), et louange à Allahu ta’âlâ, Maître des Mondes.
Notre Prophète “sallallahu aleihi wa sallam” a communiqué: “La personne qu’Allah le Très-Haut
apprécie le plus, c’est celle qui apprend sa religion et qui l’enseigne aux autres. Apprenez votre
religion de la bouche des savants islamiques!”
Celui qui ne peut pas trouver un vrai savant doit étudier les livres des savants Ahl-i sunna et
essayer de les propager. Un musulman qui a de la connaissance, de la pratique et de la sincérité
s’appelle “savant islamique”. Si l’une de ces trois particularités n’existe pas chez quelqu’un qui
fait semblant de savant est appelé “bigot ou religieux malfaisant”. Le savant islamique est le
gardien de la religion, mais le bigot est le collaborateur du Satan [27].
Notes:
[1] On peut aussi traduire par: “la vivification des sciences religieuses”: c’est le principal ouvrage
d’al-Gazâlî parmi ceux qui s’adressent au grand public. Cet important et célèbre ouvrage est
l’expression la plus claire et la plus adéquate de la crovance Ahl-i Sunna (sunnite) de l’Islâm. Il
est fondé sur la révélation (le Coran, Kur’ân-al karîm) la Tradition et sur le sentiment même de la
piété, non sur la théologie dialectique; et il s’adresse à la généralité des croyants. Il est composé
avec un très grand art, partagé en quatre quarts contenant chacun 10 livres ou traités spéciaux.
Le premier quart a pour objet les pratiques religieuses essentielles: la pureté légale, les ablutions
rituelles, la prière, l’aumône, le jeûne, le pèlerinage, la lecture ou la récitation du Coran, son
explication, les heures canoniques. Au début sont deux traités sur la science et sur las
fondements de la foi.
Le second quart a pour objet les bonnes moeurs: dans la nourriture, la mariage, le commerce, les
affaires, les voyages. Il contient aussi des traités sur l’amitié et la fraternité, la retraite et la vie
solitaire, le licite et l’illicite, l’audition de la musique et des chants; il est terminé par des exemples
tirés de la vie du Hadrat le Prophète.
Les deux autres quarts, plus étendus que les deux précédents, sont consacrés à la mystique et à
sa morale: le troisième quart, la partie négative de cette morale; le quatrième, la partie positive,
ou: ce qui perd et ce qui sauve. La partie négative roule sur la correction des moeurs, le
refrènement des appétits de la chair, les dangers de la langue, et contient des traités contre la
colère, la haine, l’envie, l’avarice, l’amour de l’argent, contre l’orgueil, l’amour de la gloire et des
honneurs. Enfin les livres de la partie positive portent des titres qui sont des noms d’états
mystiques: le repentir, la patience et la reconnaissance, la crainte et l’espérance, la pauvreté et
l’ascétisme, l’amour et le désir, la familiarité et la satisfaction avec Allah et l’abandon à Allah. Les
derniers livres sont sur la mort, la résurrection et les états de l’au-delà.
Al-Gazâlî renvoie bien souvent dans la Lettre au Disciple [“Ayyuhal Walad”] la Régénération.
C’est pourquoi nous en avons donné cette courte analyse.
[2] Sikanjabine: mot persan d’un remède désignant un breuvage composé d’eau, de miel ou de
sucre et de vinaigre.
[3] Vers en persan dans le texte.
[4] Hadîth = Tradition. Ce mot signifie d’abord une communication ou un récit en général, de
nature profane ou religieuse, puis en particulier “une information relative aux actes ou aux
paroles du Hadrat le Prophète Muhammad aleihissalâm”. C’est dans ce dernier sens qu’il est
employé dans ce texte. Cf. Encyc. de l’Islâm II, 201.
[5] Walî (Saint) et théologien célèbre du premier siècle de l’hégire (642-728). Cf. Encycl. de
l’Islâm, II, 290. On appelle ce grand savant Islamique Tabi’în parce qu’il vecut à l’époque des
Compagnons (Ashâb-ı kiram) de Muhammad aleihissalâm.
[6] ‘Alî, fils d’Abû Tâlib, cousin et gendre du Hadrat le Prophète Muhammad alehissalâm, IVème
Calife ahl-i Sunna (décédé en 61 = 40 de l’hégire). Il était âgé de 63 ans.
[7] En réalité ce sont des paroles de l’Evangile original.
[8] Premier Calife de Muhammad aleihissalâm (décédé en 634 = 13 de l’hégire).
[9] Il mourut par suite des blessuers reçues à la bataille du Fossé de Médine, l’an 5 de l’hégire.
[10] Fils aîné du deuxième Calife ‘Omar Bin Hattab (Radıallahu anh). Il fut en particulier l’un
d’Ashâb-ı kirâm les plus considérés de Muhammad aleihisalâm (décédé en 693 = 73 de l’hégire).
Il était agé de 89 ans.
[11] Célèbre savant en religion, mujtahid et walî (Saint Islamique) du 2ème siècle de l’hégire.
[12] Il s’agit des trois jours qui suivent immédiatement la Fête musulmane de Sacrifice. En effet,
la viande des bêtes sacrifiées est desséchée pour être gardée et consommée plus tard. — On
partage la viande des bêtes sacrificiées en trois parties; on en donne une partie aux pauvres et
aussi une partie aux voisins et une partie chez-soi.
[13] Religion, sharia.
[14] Jurisconsulte (savant de fıqh) célèbre. Il naquit en 861, et mourut en 945. Il eut ausi un
penchant pour le tasawwuf (soufisme). Il était un grand walî (Saint).
[15] Maître de Hatim al-Atamm décédé en 790.
[16] Grand awliya, soufiste, né à Balh, où il mourut en 852. On dit qu’il feignit d’être sourd; d’où
son sobriquet.
[17] Autre nom du Coran; il distingue le vrai du faux.
[18] Il a vécu après Hadrat Ibrahîm. Il est un Prophète ou Walî (Saint). Il a voyagé avec Moûçâ
aleihissalâm. Son âme paraissait en forme d’homme pour aider les pauvres.
[19] Originaire de Nubie, (la région au sud de l’Egypte, à la frontière de l’Ethiopie), mourut à
Baghdad en 860. Il est le grand soufiste, comme le premier, qui a systématisé la connaissance
de tasawwuf en Egypte.
[20] Textuellement: de jalousie, les ignorants qui suivent leurs caprices, jalousent les savants
Islamiques.
[21] C’est un miracle de Jésus (Îsâ aleihissalâm). Il ressuscitait les morts. Il dit: “Je n’ai pas pu
faire saisir la vérité aux personnes imbéciles”.
[22] L’auteur vise les détracteurs.
[23] Noms de deux anges qui examinent et punissent sérieusement les morts dans leurs tombes.
Les deux anges interrogent les morts avec sévérité et grandeur par le commandement d’Allahu
ta’âlâ. Cf. Encyc, de l’Islam Alimleri. A comparer avec Gaude-Froy-Demombynes, Les Institutions
Musulmanes, page 64: “A peine s’est éteint le bruit des pas de ceux qui l’ont enfermé dans la
tombe, que le mort est visité par deux anges terribles, Nakîr et Munkar, qui l’interrogent: “Quel est
ton Seigneur? Quelle est ta foi? Quel est ton prophète? S’il répond en récitant la profession de foi
musulmane, la “chahâda” qu’on a répétée autour de lui avant sa mort et qui doit avoir été le
thème de ses dernières paroles, les anges le quittent doucement et ouvrent dans la tombe une
porte d’où il peut voir son siège dans le Paradis. S’il ne répond pas ou s’il répond mal, les anges
le frappent avec des massues de fer et dans la tombe une porte s’ouvre qui lui montre sa place
en Enfer”.
[24] Il s’agit des sources de la croyance et du droit Islamique, c’est-à-dire du Coran, des Hadiths,
etc…
[25] Fard ‘ayn; c’est-à-dire devoir qui doit être accompli par tous les musulmans et
individuellement.
[26] Fard kifâyah, c’est-à-dire prière collective qui est accomplie par une partie quelconque de la
communauté musulmane, sans que tous ses membres soient individuellement tenus de
l’accomplir. Quand quelques Musulmans l’accomplissent, les autres ne doivent pas le faire.
[27] La connaissance qui n’est pas acquise avec sincérité pour la pratiquer n’a aucune utilité.
(Hadika). V.1. page 366 et 367 et (Maktubât) volume 1. lettres 36, 40, 59 et 157.
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Oh mein Sohn, liebster Freund!
Möge dir Allah ein langes Leben in Seiner Gehorsamkeit gewähren und dich auf den Pfad Seiner Übenden führen. Wisse, daß die (eigentlichen) Ratschläge der Quelle der prophetischen Botschaft entspringen. Sollte dich der gute Rat dieser Quellen schon erreicht haben, wozu brauchst du dann noch meinen Rat? Sollte der Rat aber noch nicht bei dir angelangt sein, dann verrate mir, was hast du in diesen letzten Jahren erworben?
Oh mein Sohn, der Gesandte Gottes s.a.w.s., d.h. Friede und Gottes Segen sei mit ihm – legte seiner Gemeinschaft unter anderem ans Herz:
“Das Zeichen, wenn sich Gott, der Erhabene, von Seinem Knecht abwendet, ist daß dieser sich Dingen zuwendet, die keinen Sinn für ihn haben (nichts nutzen). Wenn ein Mensch eine Stunde seines Lebens für etwas anderes vorbeiziehen läßt, als für das, wofür er geschaffen worden ist am Dienste Gottes, so wird sein Klagen darüber wahrhaft lange währen. Wer die Vierziger überschritten hat, bei dem aber sein Gutes das Böse (sein Schlechtes) noch nicht überwunden hat, der möge sich auf das Höllenfeuer vorbereiten.”
Dieser Rat möge denjenigen genügen, welche die Weisheit begehren (ahl `ilm).
Oh mein Sohn, es ist leicht, einen Ratschlag zu erteilen, doch viel schwieriger, einen Rat anzunehmen. Denn gemessen am Geschmack derjenigen, die ihren Begierden folgen, ist ein solcher Rat bitter. Ihre Herzen begehren nun einmal das Verbotene; besonders jenes Herz, das oberflächlich betrachtet nach Wissen strebt, in Wirklichkeit aber mit seinem Ich (Ego, nafs) beschäftigt ist und nach weltlichen Vorteilen strebt. Ein solcher Mensch meint, Wissen an sich genüge ihm, daß er alleine dadurch Rettung (najâtah) und Befreiung (khalâSah) fände und darauf verzichten könne, es in die Praxis umzusetzen. So denken die Philosophen.
Gepriesen sei Gott der All-Erhabene. Begreift ein solcher Verblendeter (maghrûr) denn nicht, daß erlangtes Wissen das nicht in die Praxis umsetzt wurde, gegen ihn (am Tag des Jüngsten Gerichts) ein Beweisgrund sein wird? Davor warnte der Gesandte Gottes (Allah’s Frieden und Segen seien über ihn) mit Nachdruck, als er sagte: “Am Jüngsten Tag wird die schwerste Strafe denjenigen ereilen, dem sein Wissen vor Gott nichts genützt hat”. Ebenso wird überliefert, daß Junaid (möge ihm Allah sein Inneres heiligen) im Traum nach seinem Tod einem Mann begegnete, der zu ihm sagte: “Wie ist es dir ergangen, Abul Ghassem?” Dieser antwortete: “Alle meine Spitzfindigkeiten flogen wie Spreu auseinander und alles Feingeistige war dahin. Mich haben nur die Kniefälle gerettet, die ich bei Mitternacht (in Gottes Anbetung) verrichtet habe.”
Oh mein Sohn, geize nicht mit guten Taten und sei nicht knauserig, was die innere Haltung (zu Gott) anbelangt. Sei dir bewußt, daß bloßes Wissen dir nichts nützt. Denn es ist wie das Gleichnis eines Mannes, der ausgerüstet mit allerlei Waffen, zehn indischen Schwertern, tapfer und erfahren in der Kriegskunst, in der Wüste von einem grossen, furchterregenden Löwen angegriffen wird. Meinst du, daß ihm all seine Waffen und Fähigkeiten etwas nützen, wenn er diese nicht einsetzt? Ohne deren Einsatz und die notwendige Schlagkraft würde er die Gefahr bestimmt nicht bannen.
Ähnlich verhält es sich mit einem Menschen, der 100.000 wissenschaftliche Probleme studiert und ergründet hat und aus all dem keinen praktischen Nutzen zieht. Denn nur in der Anwendung besteht der Nutzen. Noch ein weiteres Beispiel will ich dir geben: Stell dir einen Menschen vor, der hohes Fieber hat und an Gelbsucht leidet. Ohne geeignete Getränke und Arznei wird er sicher nicht geheilt werden, so wie es in einem Gedicht von Hafiz heißt:
“Trage zweitausend Becher köstlichen Trankes mit dir, solange du davon nicht kostest, wirst du einen Genuß daran nicht verspüren.”
Und wenn du auch hundert Jahre lang die Wissenschaften studiertest und 1000 Bücher gesammelt hast, so wirst du keinen Hauch der Gnade Gottes erfahren, wenn du nicht nach den Kenntnissen lebst, die du dir angeeignet hast.
Nun lehrt uns der Heilige Koran, “daß der Mensch nichts empfangen soll, als was er erstrebt hat” (53:39).
“Möge denn der, der auf die Begegnung mit seinem Herren hofft, gute Werke tun” (18:110). “… als Lohn für das, was sie erwarben” (9:82). “Wahrlich, jene, die du glauben und gute Werke tun, die werden die Gärten des Paradieses also Quartier zuteil.” (18:107) “Dann aber kamen nach ihnen andere Nachkommen, die das Gebet (salat) vernachlässigten (wrtl. verloren liessen) und ihren Leidenschaften folgten. So gehen sie nun sicherlich dem Untergang entgegen, ausser jenen, die bereuen und glauben und rechtschaffen handeln. Sie werden ins Paradies eingehen, und werden kein Unrecht erfahren.” (19:60f).
Und was sagst du zu dieser Überlieferung des Propheten? “Der Islam ist auf fünf Säulen errichtet: Das Glaubensbekenntnis, daß es keinen Gott gibt ausser Gott und Muhammad Sein Gesandter ist, das Gebet, der Zakat, das Fasten im Ramadan und die Pilgerfahrt zum Haus (Gottes) für den, der die Möglichkeit dazu hat.”
Glaube bedeutet, ihn mit der Zunge zu bekennen, mit dem Herzen zu bejahen und mit allen Gliedern zu verwirklichen. Es gibt viel mehr Argumente dafür, warum die Praxis vor anderen Dingen den Vorrang hat, als ich hier aufführen kann. Ohne Zweifel betritt der Mensch durch die Güte und Gnade Gottes das Paradies. Dennoch ist es eine Voraussetzung, daß er in Gehorsam und ehrerbietiger Hingabe danach gestrebt hat, “denn wahrlich, Allahs Barmherzigkeit ist denen nahe, die Gutes tun’. (Koran 7:56)
Wenn also behauptet wird, der Mensch würde allein aufgrund seines Glaubens und Gottes Barmherzigkeit in das Paradies eintreten, dann sagen wir: Ja, aber wann wird das erreicht? Und wieviele Prüfungen hat er denn zu bestehen, bis er dorthin gelangt? Die allererste Prüfung ist die des Glaubens.
Was aber heißt das? Mit Sicherheit ist hier kein fruchtloser, leerer Glauben gemeint. Denn damit ist keine Rettung zu erlangen. Hassan al-Basri sagte: “Allah wird am Tag der Auferstehung zu seinen Dienern sprechen: Tretet ein meine Diener in das Paradies durch meine Gnade und teilt es unter euch anhand eurer Taten!”
Oh mein Sohn, wenn du nicht handelst, wirst du keinen Lohn erhalten. Es wird berichtet, daß ein Jude siebzig Jahre lang zu Gott betete und dann Gott beschloß, daß dieser den Engeln vorgeführt werde. Gott schickte also einen Engel zu ihn, um ihm zu bestellen, daß er trotz seines Gottesdienstes nicht würdig sei, das Paradies zu betreten. Als ihm der Engel die Nachricht überbrachte, erwiderte er: “Wir sind doch erschaffen worden, Ihn anzubeten, deshalb obliegt es uns, Ihn zu verehren.” Als der Engel (zu Gott) zurückkehrte, sagte er: “Mein Gott, Du weißt besser als ich, was er gesagt hat!” Gott sprach:
Da er sich nicht von unserer Anbetung abgewandt hat, steht er weiterhin in unserer Gunst und Wir werden uns nicht von ihm abwenden. Seid Zeugen, meine Engel, daß Ich Ihm vergeben habe.
Der Gesandte Gottes sagte: “Führt über euch selbst Rechenschaft, bevor ihr zur Rechenschaft gezogen werdet, und wägt eure Taten, bevor sie gewogen werden!” Von Imam Ali (ra) wird überliefert: “Wer glaubt, ohne Anstrengung etwas erreichen zu können, der leidet an eitlem Wunschdenken und wer glaubt, daß er durch blosse Anstrengung zu etwas kommt, der wähnt sich unabhängig von Gott. ” Hassan al-Basri, Gott sei ihm gnädig, sagte: “Das Streben nach dem Paradies ohne (entsprechende) Taten ist eine der Sünden. ” Er sagte auch: “Das Merkmal der Wahrhaftigkeit ist, Taten ins Auge zu fassen und nicht von Taten abzulassen!” Und der Gesandte Gottes sagte: “Klug ist, wer sich selbst richtet und für das arbeitet, was nach dem Tode kommt. Töricht ist, wer seinen Begierden folgt und sich mit eitlen Wünschen an Gott wendet. ”
Oh mein Sohn, wieviele Nächte hast du gewacht, um Erlerntes zu üben und hast dir wegen deiner Bücher keinen Schlaf gegönnt! Ich weiß nicht, was du damit erreichen wolltest. Wenn deine Arbeit weltlichen Zwecken diente, zur Erlangung weltlicher Güter, oder um des Ruhmes oder des Wettstreites mit Gleichrangigen willen, dann schade um dich, wirklich schade um dich! Wenn es dir aber darum ging, die Lebensweise des Propheten neu zu beleben, deinen Charakter zu läutern und Herr über deine Begierden und schlechte Neigungen zu werden, dann wird es gut, wirklich gut um dich bestellt sein, und es werden sich jene Zeilen der Dichter bewahrheiten:
Augen, die wach blieben, anders zu schauen als Dein Antlitz, hielten umsonst sich wach! Ihre Tränen, vergossen für anderes also für Dich allein, werden nichtig sein!”
Oh mein Sohn, wie lange du auch zu Leben gedenkst, du bist schliesslich doch zum Sterben geweiht. Was immer du begehren magst, du wirst dich davon trennen müssen. Egal, was du auch tust, du wirst deinen Lohn dafür empfangen.
Oh mein Sohn, was erntest du schon, wenn du lernst, wie man Reden hält, wie man disputiert, was die Medizin verbirgt, was die Gedichte besagen, wie man Sterne deutet, wie man Gedichte rezitiert oder wie man die Wörter konjugiert, ausser der Vergeudung deiner Tage mit anderem, als womit du die Huld des erhabenen Schöpfers erlangen kannst.
Ich las im heiligen Testament Jesus, daß vom Augenblick an, in dem der Verstorbene in den Sarg gelegt wird, bis zum Moment, in dem er dem Grabe anvertraut wird, der allmächtige Gott ihm vierzig Fragen stellt, wovon die erste lautet: “Mein Knecht, du hieltest die ganzen Jahre lang gut und rein was die anderen Geschöpfe gut und rein ansehen, aber hieltest nicht eine Stunde lang das, was Ich ansehe, rein.”
Und Er sieht jeden Tag in dein Herz hinein und Er sagt: “Was tatest du für andere mit dem Segen, den ich dir beschert habe. Du bist schon so taub, daß du nicht mehr hörst.”
Oh mein Sohn! Wissen ohne Handeln ist Wahnsinn, und Handeln ohne Wissen ist Unsinn und sei sicher, ein Wissen, das dich heute nicht von der Sünde abhält, und dich nicht zum Gehorsam [Gott gegenüber] ermutigt, wird dich morgen auch nicht vor der Hölle schützten. Und wenn du nicht in die Tat umsetzt, was du heute schon weißt und nicht nachholst, was du gestern versäumt hast, dann gehörst du zu jenen, die morgen am Tage des Gerichts seufzen werden: “Bringt mich doch wieder zurück, ich will ein guter Mensch sein”. Und die Antwort schallt: “Du Schwachsinniger – von da kommst du doch gerade her!”
Oh mein Sohn! Lass Schwung in die Seele und besiege die Leidenschaft, denn der Körper ist dem Tode geweiht und du wirst im Grab wohnen und die Bewohner der Gräber warten jede Sekunde auf dich, daß du zu ihnen kommst. Sei auf der Hut vor dem Ankommen ohne Reisegut.
Es sagte Abu Bakr: “Diese Körper sind entweder Käfige für Emporstrebende oder Behausungen für Niedertrampelnde.” So schau in dich hinein, welcher Gruppe du angehören willst.
Wenn du das Höhere angestrebtest, so wirst du, wenn der Ruf ertönt “Kehr zufrieden und wohlgelitten zu deinem Herrn zurück” (89:28) emporschweben, bis du deinen Platz in deiner ewigen Residenz eingenommen hast.
Gottes Gesandter sagte: Gottes Thron erbebte als Saad, der Sohn von Maath, verstorben war. Flehe Gott an, daß du nicht zu den niederen Tramplern gehören wirst. Wie der über alles erhabene Gott spricht: “Sie sind wie das Vieh, ja sogar noch stumpfsinniger.” (7:179) So fühle dich nicht sicher davor, von der einen Ecke deines Hauses in die Schluchten der Hölle hinabzustürzen.
Es wird erzählt, daß Hassan al-Basri, Gott möge sich seiner erbarmen, einmal eine Schale mit kühlem Wasser, die ihm angeboten wurde, in die Hand nahm, ein Weilchen verharrte und dann in Ohnmacht fiel, wobei ihm die Schale aus der Hand fiel. Als er wieder zu sich gekommen war, fragte man ihn, was geschehen war.
Er sagte: “Ich vergegenwärtigte mir die Versammlung der zur Hölle Verurteilten, wenn sie die Paradiesbewohner um Wasser oder sonstiges von Gottes Gaben anflehen. “Und die Bewohner des Feuers werden den Bewohnern des Himmels zurufen: “Schüttet etwas Wasser auf uns oder etwas von dem, was Allah euch gegeben hat” (7:50)
Oh mein Sohn, wenn das Wissen ohne seine Umsetzung in die Tat reichen würde, dann wäre doch der [himmlische] Ruf ‘Wer möchte etwas erbitten’ oder ‘Wer möchte seine Reue verkünden?’ oder ‘Wer möchte um Vergebung bitten?’ sinnlos. Man erzählt von einigen Zeitgenossen Muhammads , er habe zu Abdallah Ibn Omar gesagt: “Gesegnet ist derjenige, der in der Nacht betet.” Ein anderes mal sagte er zu jemandem: “Schlafe nicht soviel in der Nacht, denn der viele Schlaf lässt dich arm werden – am Tage des Gerichts.
Oh mein Sohn, “unterbrich deshalb für die Lesung in der Nacht deinen Schlaf und vollbringe diese Leistung freiwillig.” Und die, die bei der Morgendämmerung um Vergebung bitten, sind die Dankbaren. Die Bitte um Vergebung bei der Morgendämmerung ist selbst schon eine Andacht.
Der Prophet sagte: “Drei Stimmen hört der erhabene Gott gerne: Das Schreien des Hahnes, die Stimme des Koranlesers und die Stimme jener, die bei der Morgendämmerung um Vergebung bitten. ”
Sufjan-al-Thauri, Gott segne ihn, sagte: ‘Gott schuf eine Brise, die in der Zeit der Morgendämmerung weht und die Andachtshuldigungen bis zum allmächtigen Herrn trägt.’
Und er sagte:” Wenn sich die Nacht ausgebreitet hat, ruft ein Ausrufer unter dem Göttlichen Thron: ,Es ist Zeit für Gottesanbeter, aufzustehen.’ Und sie stehen auf und beten zu Gott soviel wie es ihnen Gottes Wille ermöglicht. Und wenn die Nacht ihre Mitte erreicht hat, ertönt der Ruf. ‘Mögen die Gottesgehorsamen aufstehen.’ Und sie stehen auf und beten bis zur Morgendämmerung. Und vor der Morgendämmerung wird dann gerufen: ‘Mögen die um Vergebung Bittenden aufstehen.’ Und sie stehen auf und bitten den Herrn um Gnade. Wenn die Dämmerung angebrochen ist, kommt der Ruf: ‘Mögen die Unachtsamen aufstehen.’ Und sie wachen auf und kriechen aus den Betten, wie aus den Gräbern heraussteigende Leichen.
Oh mein Sohn, es wird auch berichtet, daß Lukman (Fsmi), der Weise, seinem Sohn riet: “Oh Sohn, du willst doch nicht, daß der Hahn klüger ist als du. Er schreit bei der Morgendämmerung und du schläfst weiter.” Ein Dichter sagte Gutes mit folgenden Worten:
Es rief im Dunkeln der Nacht
Ein Vogel sehr sacht auf dem Ast
Ich hörte ihn und blieb ohne Acht
Und staunte: So spät in der Nacht?
Es wär’ eine Lüge wenn ich schwör’
“Ich liebe den Schöpfer”
wenn zuvor andere zum Gebet riefen hoch empor
Und ich blieb regungslos nach wie vor.
Oh mein Sohn, das Resümee allen Wissens sollte sein, wie man gehorsam wird und warum man es sein soll.
Gehorsam und Demut vor Gott heisst seiner Ordnung zu folgen und zwar in Wort und Tat. Was du tust und was du sein läßt, sollte einzig und allein von der Göttlichen Ordnung abhängen.
Es ist ein Gehorsamsbruch wenn du am Festtag nach dem Ende des Ramadhan fastest oder wenn du in einem unlauter erworbene Gewand betest. Es sieht aus wie Gehorsam, doch es ist Sünde.
Oh mein Sohn, es sollte so sein, daß das, was du sagst und was du tust mit Gottes Ordnung (Scharia) übereinstimmt, ‘denn Lernen und Handeln ohne die Scharia als Leitmotiv ist vertane Mühe’.
Lass’ dich vom umherwandeln und von dem, was dir merkwürdig an den Sufis erscheint, nicht verblenden, denn um diesen Weg zu begehen bedarf es sehr viel Kampfkraft und es bedarf des Eliminierens der Leidenschaften und des Bändigens der Seele mit dem Schwert der Entbehrung und nicht mit Eitelkeiten und Scheintaten.
Und sei gewiss, daß eine lose Zunge und ein mit sinnlosen Begierden, Leidenschaften und Unachtsamkeit versiegeltes Herz, deutliche Zeichen fehlender Glückseligkeit sind. Wenn du das Ego nicht im aufrichtigem Kampf besiegst, kann dein Herz nicht im Lichte der Erkenntnis erblühen.
Du sollst wissen, daß einige deiner Fragen nicht einfach in Wort und Schrift zu beantworten sind. Es sind Stadien, die du erklimmen musst, um sie zu erfahren. Es sind Zustände, die erfahren werden müssen, sie zu beschreiben ist unmöglich; Erfahrungen kann man nicht beschreiben, man muß sie spüren. Ebenso wie Süsses nicht beschrieben werden kann, wie süss der Einzelne etwas Süsses empfindet oder wie bitter Bitteres, das ihm zugefügt wird.
Oh mein Sohn, ein Teil deiner Fragen sind dieser Art, aber jene, die zu erklären sind, wurden bereits im Buch ‘Ihya-Ulumu-Dîn’ (Neubelebung der Religionswissenschaften des Islam) und anderen Büchern eingehend behandelt. Dennoch hier ein paar Auszüge, die der Beantwortung deiner Fragen dienlich sein können:
Wer sich auf diesen Weg begeben will, muß zuvor vier Voraussetzungen erfüllen:
Die erste Voraussetzung ist ein fester Glaube [an Gott - Allah] in der reinsten Form und ohne jegliche Beifügung (tawhîd). Die zweite Vorbedingung ist ein überwältigendes Bereuen der Sünden und daß man diese nicht wiederholt (taubah). Die dritte ist, Klarheit zwischen sich und den Mitmenschen zu schaffen, so daß man niemandem mehr etwas schuldet, sei es materieller oder ideeller Art. Und die vierte Voraussetzung ist die Scharia zu studieren, damit du weißt, was du tust und darüber hinaus von anderen Wissenschaften [des Islam] soviel zu lernen, um den Weg der Rettung zu erkennen.
Es wird erzählt, daß Al-Schibli (Gott möge sich seiner erbarmen), der vierhundert Lehrmeistern gedient hatte (d.h. deren Schüler war), sagte: Ich las viertausend Hadithe, von denen ich aber nur einen ausgewählte, um danach mein Leben auszugerichten, denn ich sah darin meine Rettung. Ich sah die Weisheiten der Vorfahren und der Nachkommenenden darin verkörpert und das war mir genug.
Der Hadith lautet: Tue für diese Welt soviel, wie es der Zeit entspricht, die du dich hier aufhältst und für jene Welt soviel, wie du dort bleiben wirst. Bemühe Dich in gleichem Masse um dein Gehorsam gegenüber Gott, wie du dich mit deinen Nöten an Ihn wendest. Und tue was dich in die Hölle bringt in dem Maße, in dem du sie ertragen kannst.
Oh mein Sohn, wenn du verstanden hast, was dieses Hadith bedeutet, dann brauchst du nicht viel in der Wissenschaft nachzuforschen und andere Geschichten zu analysieren.
Hatam Al-Assamm war mit Schaqiq AI-Balkhi (möge sie beide der Segen des erhabenen Gottes umhüllen) sehr befreundet. Als dieser ihn eines Tages fragte: “Du begleitest mich nun schon seit dreissig Jahren. Was hast du eigentlich dabei gewonnen?”
Er antwortete: “Die Kenntnissen, die ich in dieser Zeit gewonnen habe, habe ich in acht Punkten zusammengefaßt. Sie zu verwirklichen, hoffe ich, reicht für die Rettung und Erlösung. Schaqiq sagte dann. “Was sind denn diese?” und darauf sagte Hatam Al-Assamm:
• Den ersten Entschluß habe ich so gewonnen: Es fiel mir auf, daß jeder einen geliebten Menschen hat, zu dem er eine mehr oder minder starke Beziehung hat. Ist diese Beziehung stark, so reisst sie selbst dann nicht, wenn der Geliebte krank und erblasst ist. Sie kann so stark sein, daß sie bis zum Grabesrand nicht zu reissen vermag. Dann aber kehrt jeder Liebende allein zurück, nachdem er den Geliebten sich selbst überlassen und dem Erdreich anvertraut hat. Keiner ist imstande, an dem, was der Verstorbene dort erfährt, teilzunehmen.
Diese erschütternde Tatsache gab mir viel zu denken. Ich suchte nach einem Geliebten, der mit mir die Grabesschwelle überschreitet und mich gerade dort über die Einsamkeit und Verlassenheit hinwegtröstet, wohin mich keiner mehr begleiten will. Da fand ich nichts anderes als die guten Taten. Ich nahm sie als mein Geliebtes in der Hoffnung, sie mögen mir im Grabe leuchten und mir in der Einsamkeit Gesellschaft leisten und mich nie verlassen.
• Als zweites fiel mir auf und ich sah, daß alle Menschen ihren Wünschen folgen und versuchen, sie zu erfüllen. Da besann ich mich Gottes Wort im Koran: “Wenn aber einer den Stand (das Auftreten) seines Herrn fürchtete und sich nicht erlaubte, (persönlichen) Neigungen nachzugehen, ist das Paradies (für ihn) der Ort der Einkehr.” (Sure 79: 40) Dann kam ich zu der überzeugung, daß das, was im Koran steht, rechtens ist und die Wahrheit schlechthin. Daraufhin begann ich mit der Erziehung meines Egos und nahm den Kampf dagegen auf. Ich riß mich solange an den Riemen, bis ich das Ego gezähmt hatte und es von da an gewillt und gehorsam Gottes Ordnung folgte.
• Die dritte [Einsicht] gewann ich, als ich sah wie sehr die Menschen weltlichem Unrat nachlaufen und wie sehr sie sich daran klammern, was sie ergattert haben. Auch besann ich mich wieder auf Gottes Wort im Koran: “Was ihr (an irdischen Gütern) bei euch habt, geht (über kurz oder lang) zu Ende. Was aber Gott bei sich hat, bleibt bestehen.” (16.96) So nahm ich mein Hab und Gut und verteilte es unter den Armen in der Hoffnung, es für das ewige Leben beim erhabenen Gott wiederzufinden.
• Die vierte Lehre war, als ich erkannte, daß einige meinen, Ruhm und Ehre sei ihnen nur wegen einer großen Verwandtschaft verliehen worden und wie stolz sie waren, einer grossen Sippe anzugehören.
Andere meinten, Ansehen könne nur durch Reichtum und eine grosse Kinderschar erreicht werden und sie waren sehr mit sich zufrieden, wenn sie dies aufweisen konnten. Manche meinten, es sei schlau durch Gaunerei und Betrug, ja sogar durch Töten, zu Reichtümern zu gelangen.
Es gibt Leute, die der Meinung sind, eine hohe gesellschaftliche Stellung sei nur durch verschwenderisches Ausgeben und Schenken zu erreichen.
Da besann ich mich Gottes Wort: “Siehe, der von euch am meisten vor Allah Geehrte ist der gottesfürchtigste.” (Sure 4 9, Vers 13)
So wählte ich Tugendhaftigkeit und Gottesfurcht aus der überzeugung, daß der Koran rechtens und die Wahrheit ist. Wer etwas anderes meint oder glaubt, befindet sich offensichtlich im Irrtum.
• Die fünfte Einsicht war, daß ich sah, wie Menschen einander in übler Weise nachreden und andere in deren Abwesenheit tadeln. Der Grund ist immer Neid auf Reichtum, Ansehen oder Wissens – und Bildungsstand der Getadelten.
Da besann ich mich wieder Gottes Wort: “Wir Selbst verteilen unter ihnen ihren Unterhalt im irdischen Leben.” (Sure 43, Vers 32)
Da wußte ich, daß es eine Vorsehung gibt, die Gott für uns schon in der Ewigkeit gewählt hat. Von da an war ich auf niemanden mehr neidisch und es fand sich in mir eine innere Zufriedenheit ein mit dem, was Gott für mich vorgesehen hatte.
• Die sechste [Einsicht] war, daß ich sah, wie andere Menschen Feindschaften aus verschiedenen Gründen gegeneinander hegten.
Da besann ich mich Gottes Wort im Koran “Wahrlich, der Satan ist euer Feind, so behandelt ihn wie einen Feind. ” (Sure 35, Vers 7)
Es wurde mir klar, dass man mit niemandem verfeindet sein darf, ausser mit dem Teufel.
• Die siebte [Einsicht] war, daß ich sah, wie alle einfallsreich und mit übertriebener Mühe nach ihrem täglichen Brot jagen und dabei manches Mal die Grenzen der Lauterkeit und der Tugend verletzen und sich Schmach und Erniedrigung aussetzen.
Da besann ich mich Gottes Wort im Koran: “Und es gibt kein Geschöpf auf der Erde, dessen Versorgung nicht Allah obläge…” (sure 11, Vers 6)
Dies gab mir die Gewissheit, daß Gott mir mein tägliches Brot gibt und es mir zugesichert hat. Von da an widmete ich mich dem Dienste Gottes und entzog jegliche Hoffnung an andere, ausser an Ihn.
• Die achte [Einsicht] war, daß ich sah, wie jeder sich auf irgendetwas in der Schöpfung verliess. Manche vertrauen auf Mark und Pfennig, manche auf Hab und Gut, andere verlassen sich auf ihr berufliches oder handwerkliches Können oder auf ihresgleichen in der Schöpfung.
Da besann ich mich Gottes Wort im Koran: “Und wer auf Allah vertraut, für den ist Er sein Genüge, wahrlich Allah setzt durch, was Er will, siehe Allah hat für alles ein Mass bestimmt.” (Sure 65, Vers 4)
Seither vertraue ich nur noch auf Gott; Er ist mein Genüge und herrlich ist es auf Ihn zu vertrauen.
Schaqîq sagte: “Möge Gott Dich segnen, ich sah nach in der Thora, in den Psalmen Davids, in den Evagelien und im Koran und fand heraus, daß sich eigentlich alle vier Bücher um diese acht Punkte drehen. Wer danach handelt, handelt nach diesen vier Schriften.”
Oh mein Sohn, siehe – aus diesen wenigen Geschichten hast Du nun erfahren, daß es eigentlich nicht darauf ankommt, viel zu wissen.
Lass Dir nun erklären, worauf es ankommt, wenn man sich auf diesen Weg begibt. Dies sollst Du wissen: wer aufbricht, um diesen Weg zu gehen, braucht einen alten, weisen Mann als Lehrmeister, der seinen Unrat aus seinem Charakter herausfeilen und ihm stattdessen Gutmütigkeit lehren kann. Diese Erziehung wird ähnlich der Gartenpflege vorgenommen: Zunächst wird das Unkraut bei den edlen Pflanzen beseitigt, bis diese sich stabilisiert und einen geraden, kraftigen Stamm entwickelt haben, welche dann strahlend erfreulich blühen und schliesslich gute Früchte tragen.
Wer diesen Weg wählt, braucht notwendigerweise einen alten Weisen, der ihn zum Wege Gottes leitet. Denn Gott hat Propheten zu den Menschen gesandt, die ihnen den rechten Weg zeigen. Nach dem Gesandten Gottes sind seine Nachfolger beauftragt worden, die Menschen zum rechten Weg, zum Wege Gottes zu leiten. Diese Lehrer, der den Propheten vertreten sollen, müssen ausgebildete Gelehrte sein, [im islamischen Sinn: `âlim, `ârif] sein, doch eignet sich nicht jeder Gelehrte für diese Aufgabe.
Ich werde Dir aber einige allgemeine Merkmale eines geeigneten Gelehrte nennen, so daß nicht jeder behaupten kann, er sei der geeignete Lehrer in diesem Fachgebiet.
Er muß sich z.B. von den weltlichen Genüssen abgekehrt haben und nicht mehr Ansehen und Ruhm zugeneigt sein. Er muss selbst schon jemandem gefolgt sein, der in der überlieferungskette zum Propheten ein Verbindungsglied war.
Er muß sich selbst soweit unter Kontrolle gebracht haben, daß er schon mit wenig Essen, Schlafen und Reden auskommt, dafür aber viel betet, viel fastet und spendet.
Er muß sich im Zuge der Nachfolge seines Vorbildes zum Vorsatz gemacht haben, grundsätzlich freundlich zu sein und sich Charaktereigenschaften wie Geduld, Gebetsfreudigkeit, Dankbarkeit, unerschüttliches Vertrauen in Gott, Glaubesüberzeugung, Genügsamkeit, tief verwurzelte innere Ruhe, ein großes verzeihendes Herz, Bescheidenheit, tiefgründiges Wissen, stets die Wahrheit sagend, Lauterkeit, Treue, würdige Haltung, Ruhe ausstrahlend, Besonnenheit, usw. zueigen gemacht haben, denn dann ist er ein Licht, das vom Lichte des Propheten strahlt. So einen kann man dann auch zum Vorbild und Lehrer nehmen.
So ein Mensch ist aber sehr selten, so selten wie roter Schwefel.
Wem das Glück zur Seite stand und wer so einen Lehrer fand und wenn dieser Lehrmeister einwilligte, ihn als Schüler anzunehmen, so muss man ihn aufrichtig zu schätzen und zu respektieren wissen und zwar innerlich wie äußerlich.
Der äusserliche Respekt besteht darin, daß man nicht ständig und um jedes Thema mit ihm argumentiert, selbst wenn man einen Fehler bei ihm feststellt. Ferner soll man nicht vor dem Meister den Gebetsteppich ausrollen, es sei denn zur wirklichen Gebetszeit ; wenn das Beten zu Ende ist, soll man den Teppich wieder zusammenrollen. Wenn man aus Eifer und Gottesgehorsam zusätzlich zu den vorgeschriebenen Gebeten weitere Gebete verrichten will, dann soll man das nicht in Anwesenheit des Meisters tun. Man soll in dem, wozu ihn der Lehrer beauftragt hat, sein Bestes geben.
Der innerliche Respekt besteht darin, daß man auch tatsächlich einzuwilligt in dem vom Meister gehörten und es nicht innerlich ablehnt, was man nach aussenhin bereits angenommen hat, denn das wäre Heuchelei. Sieht der Wegbeschreiter sich nicht imstande, diesen Anforderungen nachzukommen, sollte er Abstand nemen, bis er eine innere übereinstimmung mit dem Geäusserten herstellen kann.
Auch muß man die Gesellschaft von solchen Menschen meiden, die ihm eventuell einflössen die menschlichen Teufel oder die Teufel der Dschinn zu v verehren, damit sein Herz vom teuflischen rein bleibt. Auf jeden Fall muß er die Armut dem Reichtum vorziehen.
Dann sollst Du auch wissen, daß der Sufismus – die Reinhaltung der Seele – zwei Merkmale hat:
Sich selbst mit Gott ins Reine zu bringen und Frieden zu schließen mit den Menschen. Denn wer sich selbst mit Gott ins Reine bringt, den Menschen freundlich begegnet und sie mit Geduld erträgt, ist schon ein Sufi (mutasawwuf).
Sich mit Gott ins Reine bringen bedeutet nicht mehr und nicht weniger, also sich für Gott freizumachen und sich für Gott freimachen bedeutet, eigene Belange zurückzustellen, wenn es darum geht, Gottes Wort zu befolgen.
Den Menschen freundlich gesinnt zu sein heisst, die eigenen Interessen nicht auf Kosten anderer durchzusetzen, sondern im Gegenteil, sich für die Bedürfnisse anderer Menschen einzusetzen, sofern sie nicht der Scharia, Gottes Ordnung, zuwiderlaufen.
Du fragtest mich nach der Knechtschaft [bei Gott] (`ubudiyya). Diese erreicht man durch drei Bedingungen:
• Eine davon ist die Reinhaltung der Scharia.
• Die zweite ist, mit Deinem Schicksal zufrieden zu sein, nicht Fatalismus, sondern das zu wollen, was Gott für Dich vorgesehen hat.
• Die dritte ist die Zufriedenheit deines Egos zurückzustellen um die Zufriedenheit des Schöpfer zu erlangen.
Du fragtest mich nach dem Vertrauen in Gott.
Dies ist die unerschüttliche überzeugung, dass das Gottgewollte unabwendbar geschieht. Wenn Gott will, daß Du etwas erreichst, dann erreichst Du das auch und alle Kräfte der Welt können es nicht verhindern. Hat Er jedoch etwas von Dir abgewendet, dann kannst du es nicht erlangen, auch wenn Dir die ganze Welt zu Hilfe käme.
Und Du fragtest mich nach der Gottergebenheit.
Sie bedeutet, daß all Dein Handeln und Wandeln für Gott ist und Dein Herz jegliche Komplimente scheut und daß es dich nicht betrübt, von den Leuten getadelt zu werden.
Du sollst wissen, daß Heuchelei oft aufgrund unbegründeten Lobes in einem keimen kann. Es gibt ein Mittel dagegen, und zwar indem Du davon ausgehst, daß die Leute im Grunde genommen nur nach den äusseren Erscheinungen urteilen und die wahren Zusammenhänge nicht leicht erkennen. Legst Du aber auf ihre Meinung Wert, dann bist Du der Heuchelei nicht mehr fern.
Oh mein Sohn, von Deinen restlichen Fragen habe ich manche bereits in meinen Büchern behandelt. Diese kannst Du dort in Ruhe studieren. über einige dieser Fragen zu schreiben ist verboten. Handle zuerst nach dem was Du schon weisst, dann lichtet sich der Schleier immer mehr vor Deiner Einsicht.
Oh mein Sohn, frage mich von heute an nicht mehr nach dem was Dir Kopfzerbrechen bereiten wird. Und gedenke Gottes Wort in Vers 6 der Sure 49: “Wenn sie sich geduldeten, bis Du zu ihnen herauskämest, so wäre es besser für sie. Doch Allah ist allverzeihend, barmherzig.” Und höre den Rat von Khidher [einem Heiligen, der Moses begleitete. Er heißt Al-Khidhr, hat vom Wasser des Lebens getrunken. Auf ihrem gemeinsamen Weg traf er mit Moses (Fsmi) Vereinbarungen, u.a. die folgende]: “Er sprach. ‘Wohlan, wenn du mir folgen willst, so frage mich nach nichts, bis ich selbst zu dir darüber rede. (Sure 18, Vers 71)
Und habe keine Eile sondern warte, denn wenn die Zeit kommt, wirst Du es besser verstehen und deutlich sehen. Wie Gott in Vers 38 der Sure 21 sagt: “Ich werde euch Meine Zeichen zeigen, aber fordert nicht von Mir Eile walten zu lassen.” So frage mich nicht vorzeitig und sei dessen ganz gewiss, daß Du niemals ankommst, ohne [den geistigen Pfad] zu beschreiten. Denke an die Worte Gottes in Sure 12, Vers 110 “Haben sie denn nicht die Erde durchwandert und gesehen… “.
Oh mein Sohn, bei Gott, wenn Du reist, so wirst Du Wunder sehen, wo immer Du auch halt machst. Gib von Deinem Ego, denn nur dadurch kannst Du dieses Ziel erreichen. Wie einst Dhu- Nun al-Misri zu einem seiner Schüler sagte: “Wenn Du imstande bist, Dein Ego aufzugeben, dann komme mit, ansonsten magst Du Dich mit dem falschen Sufismus beschäftigen.”
Oh mein Sohn, ich gebe Dir acht Ratschläge. Beherzige sie, damit Dir Dein Wissen am Tage der Auferstehung nicht zum Verhängnis wird:
Nach vieren sollst Du handeln und vier sollst Du meiden.
Der Ratschlag betreffend der vier Dinge, die Du meiden sollst, ist folgender:
Erstens vermeide es, soweit Du kannst, Dich im Falle eines Streites mit anderen zu messen, um Dich durchzusetzen, denn darin liegt viel übles verborgen. Die daraus entstehenden Schäden sind viel grösser als der momentane Erfolg. Hier liegt auch die Quelle aller schlechten Charakterzüge wie Heuchelei, Neid, Arroganz, Hass, Feindschaft, Prahlerei usw.
Etwas anderes ist es, wenn Du in einen Streit mit anderen Personen gerätst und es Dir wirklich um die Rechtsfindung geht und darum, dass die Wahrheit bekannt wird. Dann kannst Du diskutieren. Aber ob es Dir dabei wirklich um die Wahrheit geht, kannst Du an zweilei erkennen:
daß es Dir gleichgültig ist, ob die Wahrheit durch Dich oder durch andere bekannt wird und zweitens, dass Dir die private Auseinandersetzung lieber ist die öffentliche.
Und höre, was ich an dieser Stelle noch hinzufügen möchte.
Du sollst wissen:
eine Frage zu stellen bedeutet, die Krankheit des Herzens dem Arzt anzuvertrauen, und sie beantworten ist nichts anderes als die Mühe, die Krankheit zu heilen.
Du sollst wissen, daß die Unwissenden die Heilsuchenden sind und die Gelehrten Heilende. Ein unerfahrener Arzt kann nicht jede Krankheit heilen, und ein erfahrener Arzt behandelt nicht jeden Patienten. Er behandelt nur jene, die wirklich bereit sind, sich behandeln zu lassen und die Heilvorschriften zu befolgen. Wenn aber das übel schon chronisch ist und nicht mehr heilbar, so erkennt dies der erfahrene Arzt schnell und rät von einer Behandlung ab, denn damit kann man das ganze Leben vergeuden.
Du sollst wissen, dass die Unwissenheit vier Ursachen haben kann. Eine davon kann behoben werden und von den restlichen dreien kannst Du niemanden heilen:
Eine Gruppe unheilbar Kranker sind jene, die aus purem Hass und Neid eine Polemik beginnen. Mit ihnen kannst Du Dir noch soviel Mühe geben, um die Antwort auf ihre Fragen deutlich zu formulieren und sie so freundlich und verständlich wie möglich vorzutragen; Du wirst trotzdem nichts anderes ernten als mehr Hass, mehr Feindschaft und mehr Neid. Der einzige Weg ist, Dich mit ihnen erst gar nicht einzulassen. Ein Dichter sagte einst:
Feinde jeden Schlages können Freunde werden;
Nur jene, welche Neider sind, werden Feinde bleiben.
Weise sie ab und lasse sie und ihre Krankheit. Gott, der Erhabene, sagt in Sure 53, Vers 29: “Darum wende dich von dem ab, der Unserer Ermahnung den Rücken kehrt und nichts als das irdische Leben begehrt.” Der Neider schürt mit Wort und Tat das Feuer im Saatfeld seiner guten Taten, wie es der Prophet sagte: “Der Neid frisst sich in die guten Taten wie das Feuer in das Brennholz.”
Eine zweite Gruppe kranker Menschen, sind jene, die an Schwachsinn leiden. Diese sind ebenfalls unheilbar. Wie Jesus, Gottes Friede sei mit ihm, sagte: “Es war möglich, Tote zum Leben zu erwecken, aber Schwachsinnige konnte ich keine heilen.”
Z.B. kommt ein Mann und beschäftigt sich mit den Religionswissenschaften und der Logik. Doch kaum hat er etwas gelernt, fängt er schon an, Fragen aufzuwerfen und bringt, aus purer Einbildung Einwände vor gegen grosse Gelehrte, die ihr ganzes Leben damit verbracht haben in die Tiefen der Religion und des Wissens vorzudringen. Solch ein oberflächlicher Mann glaubt, daß was ihm Kopfzerbrechen bereitet, auch für den in Ehren altgewordenen Gelehrten schwierig sei. Wer dies nicht erkennt und so polemisiert, handelt aus Schwachsinn, darum gib Dir keine Mühe mit ihnen.
Die dritte Gruppe sind jene, die wirklich wissbegierig sind, die aber nicht imstande sind, komplizierte Zusammenhänge zu verstehen, wie sie grosse Gelehrte erklären können. Diese fragen, um sich an Wissen zu bereichern, ihr Horizont ermöglicht es ihnen jedoch nicht. Hier soll man bei der Beantwortung nicht sehr ausführlich sein. Es sprach der Prophet : “Wir Propheten sind gehalten, mit den Menschen entsprechend ihres Verstandes zu reden.
Was nun jene Kranken anbelangt, die heilbar sind, so handelt es sich hierbei um Leute, die wissbegierig, klug und fähig sind zu begreifen. Sie dürfen aber nicht von Neid, Zorn, Ruhmsucht, Hang nach Ansehen und Reichtum überwältigt werden. Sie sind stets bemüht, den geraden Weg zu gehen. Wenn sie fragen oder einwenden, dann nicht aus Neid, Verbohrtheit, oder weil sie jemanden prüfen wollen. Diese Leute verdienen es nicht nur, daß auf ihre Fragen eingegangen wird, sondern vielmehr musst Du ihre Fragen beantworten.
Das zweite, was Du vermeiden sollst, ist, ein Prediger und Ermahner zu werden, denn darin sind viele Gefahren verborgen. Es sei denn, Du handelst schon selbst nach jenen Ratschlägen, die Du den Leuten geben willst. Denke darüber nach, was zu Jesus (Friede sei mit ihm) gesagt wurde: “Oh Marias Sohn, ermahne zunächst dich selbst und dann andere, damit du dich vor deinem Herrn nicht schämen mußt.”
Wenn du aber in die Verlegenheit gerätst, predigen zu müssen, dann hüte Dich vor zweierlei. Versuche nicht, großtuerische Reden zu halten, indem Du mit undeutlichen Hinweisen gespickte Aussagen, Verse und Gedichte dahinfauchst. Denn Gott verabscheut die Aufwendigen und der übermässig Aufwendige legt von sich selbst ein Zeugnis der inneren Leere und der Gleichgültigkeit seines Herzens ab.
Die Predigt soll uns Menschen an das Feuer im Jenseits erinnern und daran, wie oberflächlich und herzlos wir abtun, wie wir dem Herrn dienen. Den Menschen sollen Denkanstösse gegeben werden, daß sie sich des vergangenen Lebens besinnen um zu sehen, mit welch’ unsinnigem Zeug sie es vergeudet haben. Sie sollen in sich gehen und ihre Gegenwart betrachten um zu sehen, welche Hindernisse ihnen im Wege stehen, die sie von der Reinheit des Glaubens abhalten. Sie sollen sich vergegenwärtigen, wie es ihnen wohl ergehen würde, wenn der Todesengel auf sie zukäme. Sind sie imstande, die Fragen von Munkar und Nakir (den zwei Engeln, die den Glauben des Verstorbenen prüfen) zu beantworten? Und sie sollen sich mit ihrer Stellung am Tage der Auferstehung auseinandersetzen um zu sehen, wo sie dort stehen werden. Gehören sie zu jenen, die den Grat des geraden Weges am Tage der Abrechnung wohlbehalten passieren können, oder zu jenen, die abgleiten und in das ewige Verderbnis fallen. Diese Situationen werden aufgezählt, um die Menschen wachzurütteln und sie aus dem monotonen Alltag herauszulösen. Wenn diese Flammen zu brodeln beginnen und der Mensch von Unruhe erfasst wird, dann kann das eine Predigt genannt werden.
Es ist eine Predigt, den Leuten darüber zu berichten, ihnen diesbezügliches Wissen zu vermitteln, und sie daran zu erinnern, wie nachlässig sie es mit der Tugend nehmen und wie sie stattdessen um so verschwenderischer im Lasterhaften schwelgen. Es geht darum, sie auf ihre Unzulänglichkeiten und Fehler aufmerksam zu machen, in einer Art, daß es wie ein Lauffeuer über die Anwesenden hinwegzieht und eine Hitzewelle hinterlässt, in der die Leute zur Besinnung kommen und sich mit Bedauern an die vielen Tage, die sie ohne Gehorsam gegenüber Gott vergeudet haben, erinnern und das verpfuschte Leben sehen; damit sie dann versuchen, zu retten, was noch zu retten ist.
Stell’ Dir vor, eine Flut bewegte sich auf ein Haus zu, es bald niederzuwalzen mit den Leute darin; dann wirst Du wohl sofort schreien “Achtung! Achtung! Rettet euch vor der Flut!” Oder würdest Du seelenruhig dastehen und anfangen grosse Reden zu halten, um den Hausbesitzer mit komplizierten Redewendungen, bereichert mit Anekdoten und Hinweisen, sanft und sacht die Entstehung des Hochwassers zu erklären? Natürlich nicht. Und so ist es mit der Predigt.
Du sollst nicht beabsichtigen, die Anwesenden dazu zu bringen, daß sie die Einsicht über ihre bedauerliche Situation lauthals kundtun, oder daß sie in Hysterie verfallen und aus Verzweiflung ihre Kleider zerreissen, nur damit es heißt: ‘Welch gute Veranstaltung’. Denn dies wäre reiner Hang zum weltlichen Ruhm und pure Unwissenheit.
Es sollte Dein Bestreben und Bemühen sein, die Leute angesichts ihrer völligen Hingabe an diese Welt auf das Jenseits aufmerksam zu machen. Sie von der Widerspenstigkeit zum Gehorsam, von der Gier zur Genügsamkeit, vom Geiz zur Grosszügigkeit, vom Zweifel zur überzeugung, von der Unachtsamkeit zur Aufmerksamkeit und vom Stolz zur Tugend zu bewegen. Du sollst sie dazu bringen, das Jenseits lieb zu gewinnen und das Diesseits nicht zu lieben.
Du sollst ihnen Wissen vermitteln, wie sie zu Gott beten und genügsam werden, sie jedoch nicht lehren, daß sie sich -berechnend -auf Gottes Grosszügigkeit und seine Barmherzigkeit verlassen können, denn sie neigen sehr dazu vom Pfad der Tugend abzuweichen und dem nachzueifern, was Gott nicht billigt. Sie neigen zu sehr dazu, über die Schwelle des schlechten Benehmens zu stolpern.
Diesbezüglich solltest Du ihnen Furcht einflössen und sie ermahnen, sich davor zu hüten, denn sie handeln sich ängste ein, die unabwendbar auf sie zukommen. Möge sich ihr äußeres Handeln bessern also Folge der Besserung ihrer inneren Werte. Dann werden sie mehr zum Gehorsam neigen und vor der Sünde zurückschrecken. Dies ist die Methode der Predigt und des Bestärkens zum Guten.
Jede Predigt, die nicht diese Grundlage hat, ist ein Verhängnis für Redner und Zuhörer zugleich und mehr als das.
Es wird sogar gesagt, es sei ein Gholem, ein Teufel, der die Menschen vom Weg abbringt und sie in die Tiefen der Verderbnis stürzt. So müssen sie davor fliehen, denn was so ein Redner bei den Leuten an Unheil im Glauben anrichtet, kann nicht einmal der Teufel vollbringen. Wer Macht und Befugnis hat, sollte solche Leute von den Kanzeln herunterholen und dem begonnenen Wirrwarr ein Ende bereiten. Dies wäre unter der Pflicht ‘Das Gute gebieten und das Schlechte verwehren’ zu betrachten.
Das Dritte, was Du vermeiden sollst, ist, die Gesellschaft der Herrscher und der Könige zu suchen, oder sie sehen zu wollen. Denn sie zu sehen, sich in ihre Gesellschaft zu begeben und sich mit ihnen zu unterhalten ist schon eine grosse Plage. Wenn Du es nicht vermeiden kannst und doch bei ihnen anwesend sein musst, so vermeide es wenigstens, sie zu loben und zu preisen, denn Gottes Zorn wird hervorgerufen, wenn Ungerechte Herrscher und Tyrannen gelobt werden. Und wer ihnen ein langes Leben wünscht, der liebt es somit, daß dem erhabenen Gott auf der Erde Ungehorsam entgegengebracht wird.
Das vierte, was Du sein lassen solltst, sind Gaben und Geschenke von den Herrschern anzunehmen, auch wenn Du weisst, daß sie es auf lautere Weise verdient haben. Sich von ihnen etwas zu erhoffen, verdirbt den Glauben; denn es würde unweigerlich zu Heuchelei führen, indem man dann ihre Partei ergreift und sich mit ihnen im Unrecht solidarisiert. Das alles ist Verdorbenheit im Glauben. Das geringste, was an Dir hängen bleibt, wenn du ihre Gaben annimmst und Dich an ihren weltlichen Genüssen beteiligst, ist, daß Du sie magst. Wer jemanden mag, dem wünscht er zwangsläufig ein langes Leben. In dem Wunsch, daß dem Unrecht ein langes Leben beschert werden soll, steckt der Wille, Gottes Geschöpfen Unrecht zuzufügen und ist folglich Verderbnis für die Welt. Was ist aber schädlicher für den Glauben und das Jenseits als das?
Sei auf der Hut und nochmals hüte Dich vor der Versuchung des Teufels oder wenn Dir jemand sagt, es sei doch besser, das Geld zu nehmen und es unter den Armen zu verteilen, weil sie das [Geld ansonsten] lasterhaft und sündvoll verschwenden würden; dabei sei es viel besser, wenn Du es mittellosen Menschen zur Verfügung stelltest. Denn der Verdammte [Teufel] hat vielen damit das Genick gebrochen. Dies habe ich im Buch ‘Ihya ul `Ulum’ (Wiederbeleben der religiösen Wissenschaften des Islam) besprochen, dort kannst Du es nachlesen
Der Ratschlag betreffend der vier Dinge, die Du befolgen sollst, sind folgende:
Du sollst erstens in Deinem Handeln und Wandeln Gott gegenüber so verfahren, wie Du es auch von einem Diener mit Zufriedenheit akzeptieren würdest und ohne böse auf ihn zu sein. Was Du von diesem – in Deinen Gedanken existierenden – Diener nicht akzeptieren würdest, sollst Du auch nicht Gott gegenüber vollbringen, denn Er ist Dein wahrer Herr.
Zweitens sollte das, was du anderen Menschen tust, auch für Dich angenehm sein, wenn es Dir andere tun. Denn der Glaube eines Menschen wird nie vollkommen, wenn er nicht für andere liebt, was er für sich selbst liebt.
Wenn Du drittens etwas liest oder studierst, so sollte dies nur dazu dienen, Dein Herz zu reinigen und Deine Seele zu läutern. Es sollte so sein, als hättest du nur noch eine Woche zu leben: dann würdest Du wohl kaum die islamischen Rechtswissenschaften und Charakterarten, Methodik der Islamischen Wissenschaften, Arten der Redewendungen oder ähnliches ausführlich lernen wollen. Denn Du weißt: diese Wissenschaften können kein Ersatz sein. Du würdest Dich vielmehr sofort damit beschäftigen, Dein Herz zu überprüfen und würdest sehen wollen, wie es mit Deiner Seele bestellt ist.
Du würdest Dich sogleich von den weltlichen Belangen abwenden, Du würdest Deine Seele vom Unrat im Charakter reinigen wollen, um nur noch Deine Liebe zu Gott gedeihen zu lassen und Ihn innig und aufrichtig anbeten wollen. Du würdest nur noch aus guten Eigenschaften bestehen wollen. Die Wirklichkeit ist aber, dass jeder Tag oder jede Nacht, die dem Menschen bevorstehen, schon den Tod mit sich bringen können!
Oh mein Sohn, nun laß Dir etwas anderes sagen und überdenke es mit Besonnenheit, auf daß Du darin Erlösung finden magst:
Wenn man Dir mitteilen würde, daß Dir in einer Woche der König einen Besuch abstatten möchte, bin ich sicher, daß Du dann nur noch versuchen würdest, das zu pflegen, was der König von Deinen Kleidern oder äusserlichem Erscheinen, dem Haus, Flur, Teppich oder sonstigen Dingen sehen würde.
Nun denke über meine Worte nach, denn Du begreifst sie schnell. Dem Klugen reichen wenige Worte, um zu begreifen, worum es geht.
Gottes Gesandter Muhammad sagte: “Gott schaut nicht auf eure äussere Erscheinung oder wie eure Taten aussehen, sondern er sieht eure Herzen und Absichten. ”
Wenn Du mehr über Herzen und ihre Zustände wissen willst, so schaue in das Werk ‘Ihya’ und andere von meinen Büchern.
Dieses Wissen zu erlangen ist eine Pflicht, die jedem obliegt, wobei einige Personen Wissenschaften erlernen können, um sie dann anderen Menschen zur Verfügung zu stellen; jedoch ausser jenem Teil, den Du zum Erfüllen Deiner Pflichten Gott gegenüber brauchst. Möge Er Dir Erfolg zuteil kommen lassen, sodaß Du diese Pflicht erfüllen kannst.
Der vierte Ratschlag ist, von weltlichen Gütern nicht mehr zurückzulegen, als das für ein Jahr nötigste. Gottes Gesandter Muhammad legte nicht mehr als eben das zurück. Er betete zu Gott und sagte immer “Oh Gott, laß die Nahrung der Angehörigen Muhammads Genügsamkeit sein.”
Er legte für jene aber nur soviel zurück, die im Herzen eine Schwäche verspürten. Für jene jedoch, die eine feste überzeugung im Herzen hatten, legte er nur soviel beiseite, wie es für einen Tag reichte, für manchen sogar nur eine halbe Tagesration.
Oh mein Sohn, ich habe Dir somit nun beschrieben, was Du wissen wolltest. Du sollst es sodann in die Tat umsetzen, und vergiß mich nicht in Deinen Bittgebeten wenn du um Segen betest. Und was das Bittgebet anbetrifft, das Du lernen wolltest, so findest Du es in dem Sihah-Buch für Bittgebete. Lies dieses Bittgebet zu jeder Zeit und insbesondere nach den täglich (vorgeschriebenen) Gebeten:
Oh Gott,
ich erbitte von Dir von Deinen Gaben die vollständigen,
einen Schutz vor fortwährender Sünde,
von Deiner Barmherzigkeit die uns umhüllende,
von der Gesundheit die uns bleibende,
vom Leben das sorglose,
vom Alter das Glückseligste,
von Deiner Güte die allumfassendste,
von Deinem Segen den allumhüllendsten,
von Deiner Grossmut die Gütigste
und von Deiner Zuwendung die nächste.
Oh Gott, sei mit uns und nicht gegen uns. Oh Gott,
beende unser Leben mit Glückseligkeit,
erfülle unsere Hoffnung in Dich mit einem Mehr,
lass die Gesundheit uns begleiten in unserem morgendlichen Eifer und in unserem abendlichen Ruhen,
laß in Deiner Barmherzigkeit unser Schicksal und unsere Heimkehr sein,
giesse löschende Ströme Deiner Vergebung auf unsere Sünden,
laß Deinen Großmut über uns walten und bessere uns,
laß die Tugend das meiste sein, was wir zu uns nehmen,
gewähre uns Zugang zu den Tiefen Deiner Religion und
laß unser Vertrauen in Dich uneingeschränkt sein,
damit wir uns vorbehaltlos auf Dich verlassen werden. Oh Gott!
gewähre uns einen festen Stand in der Aufrichtigkeit
und beschütze uns in dieser Welt vor dem, was uns in der anderen Welt Reue einbringt,
laß die Last, die auf uns ruht eine leichte sein,
laß unser Leben ein Leben der Tugendhaften sein,
beschütze uns vor den Untaten der Bösen und wende ihre Missetaten von uns ab,
spreche uns, unsere Väter, unsere Mütter, unsere Brüder und Schwestern
von der Hölle frei durch Deine Barmherzigkeit, Du Erhabener, Vergebender, Grosszügiger, Beschützer, Allwissender, Allmächtiger. Oh Allah, oh Allah, oh Allah,
nimm uns auf in Deine Barmherzigkeit, Du Barmherzigster aller Gnädigen,
Du warst vor dem Ersten und Du bist der Bleibende nachdem das Letzte nicht mehr ist.
Dein ist alle Kraft und Macht, und Du bist gütig zu den Mittellosen.
Du bist der Gnädigste aller Gnädigen.
Es gibt keinen Gott ausser Dir!
Erhaben bist Du!
Verzeih’, ich war einer der Ungerechten.
Gott segne unseren Propheten Muhammad und seine Familie und Angehörigen allesamt, und Lobpreis sei Allah, dem Herrn der Welten.
Tags: allemand, safiyya
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الظالم لنفسه
قال الشافعي رحمه الله
أظلم الظالمين لنفسه
مَن تَوَاضَعَ لِمَن لا يُكرمَه
ورَغَبَ فِي مَودّة مَن لا يَنفعُه
وقبل مَدْح مَن لا يَعرِفه
——
L’injuste envers lui-même
L’imam Shafi’i a dit :
“Celui qui s’opprime le plus,
c’est celui qui s’abaisse devant celui qui ne le respecte pas
et cherche l’amitié de celui dont il ne profitera pas
et accepte les louanges de celui qui ne sait pas»
العلم ما نفع
قال الشافعي رحمه الله:
العِلْمُ مَا نَفَعَ لَيْسَ مَا حُفِظَ.
—–
Le savoir est ce qui (nous) profite
L’imam Shafi’i a dit :
“La connaissance est ce qui profite non ce qui est mémorisé”
قال الشافعي رحمه الله
لا يَعْرِفُ الرِّيَاءُ الا المُخلِصُونَ.
——-
L’imam Shafi’i a dit :
“Ne connaissent le Riya (ostentation) que les sincères.”
Tags: Sagesse, Shafi
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