La femme en Islam est une perle préservée et un joyau caché, elle ne doit pas être approchée par n’importe qui. L’Islam applique donc à son égard le principe de la précaution et de la prévention (prévenir vaut mieux que guérir). C’est pour cela que l’Islam interdit à la femme de voyager toute seule sans un proche comme le mari, le père, le frère ou un proche avec qui le mariage n’est pas permis, car le Prophète (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit :
« La femme ne doit voyager qu’avec un proche parent (mahram) et aucun homme ne doit entrer chez elle qu’en présence d’un proche parent ». Alors un homme s’écria : Ô Messager d’Allah ! Je voudrais sortir en expédition dans telle ou telle armée alors que ma femme est sortie pour le pèlerinage. –Vas avec elle, lui dit-il. (Al Boukhari (2/658), hadith n° 1763.)
Il se peut que quelqu’un nous objecte : cette interdiction est une limitation de la liberté de la femme et une violation de son droit ! Il est vrai que c’est cela qui tombe sous le sens de prime abord, mais si nous connaissons la sagesse et la raison de cette interdiction, notre appréhension se dissipera et nous saurons que l’Islam par cet acte ne veut rien d’autre que la protection et la sauvegarde de la dignité de la femme…et non son mépris et la limitation de sa liberté. Le voyage très souvent s’accompagne de beaucoup de peines et de difficultés et la femme est de par sa nature, physiquement faible, à cause de tous les événements qu’elle subit comme les menstrues, la grossesse, l’allaitement et aussi psychologiquement faible par ce qu’elle obéit facilement à ses sentiments, est pétulante dans ses agissements et facilement influencée par les artifices aguichants qui l’entourent, et cela n’est pas un défaut, car le Messager d’Allah (qu’Allah soit satisfait de lui) les a nommées verres, faisant allusion à leur délicatesse, leur douceur et la clarté de leur sensibilité. Au cours d’un de ses voyages, comme un garçon nommé Andjacha activait la marche des chameaux par ses chants, le Prophète (qu’Allah soit satisfait de lui) lui dit :
« Doucement, ô Andjacha tu as un chargement de poteries ». (Al Boukhari (5/2294), hadith n° 5857.)
La femme a besoin, au cours du voyage, de celui qui la protège contre les malfaiteurs qui guettent ses biens et son honneur parce que très souvent elle ne peut à cause de sa faiblesse physique, se défendre. Elle a aussi besoin de celui qui assure ses exigences, satisfait ses besoins, s’occupe de ses affaires et lui procure le confort total. En Islam, c’est au mahram de la femme qu’incombe toutes ces tâches afin qu’elle n’ait pas besoin d’un homme étranger.
En réalité le mahram de la femme est considéré comme un serviteur qui lui rend service sans contrepartie et un protecteur contre les malfaiteurs qui lui voudraient du mal.
En quoi cela est-il donc un mépris pour la femme ? C’est plutôt un honneur et une élévation pour la femme que de trouver quelqu’un qui lui est attentionné, lave l’affront qu’on lui fait, la sauvegarde et la protège contre la niaiserie des irresponsables, se met à son service et lui assure tous ses besoins.
Source : womeninislam.ws/fr/le-voyage-femme-proche-parent.aspx
Tags: femme, voyage
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Le mariage Muta’h est illégal d’après le consensus des compagnons, le consensus des savants musulmans, et des quatre écoles de jurisprudence.
Ce type de mariage était permis dans les premiers temps de l’islam, mais il a été très rapidement abrogé et depuis il est resté définitivement interdit et illégal. Malik, Al Bukhari et Muslim rapportent qu’Ali a dit :
« Le prophète d’Allah (sas) a interdit le mariage Muta’h le jour de Khaibar et a interdit de se nourrir de l’âne domestique. »
Muslim, Abu Dawud et Ibn Majah rapportent de Sabrata Al Juhani qu’il était avec le prophète d’Allah (sas) dans une de ses campagnes et il a dit :
« O gens je vous avais permis d’avoir des relations avec des femmes, mais Allah l’a interdit jusqu’au jour du jugement. Aussi celui qui a encore avec lui l’une d’entre elles doit les laisser partir et il ne doit rien reprendre d’elles ce qu’il leur a donné. »
Dans un autre rapport de Sahih Muslim, Sabrata Al Juhani dit quand il a interdit le mariage Muta’h le prophète a dit : « Sachez que c’est interdit à partir de ce jour jusqu’au jour de la résurrection et celui qui a donné quoi que ce soit ne doit pas le reprendre. »
Ces nobles hadiths indiquent l’interdiction du mariage Muta’h. Il s’agit donc des paroles du prophète (sas) et non de ses actes, car le prophète (sas) n’a jamais fait le Muta’h avec aucune femme, il l’a seulement permis à certains compagnons parce qu’ils venaient de sortir récemment de l’ère de l’ignorance. Il le leur a interdit à Khaybar et lors de la conquête de la Mecque.
Ibn Abi Amrata dit :
« C’était seulement une concession dans les premiers jours de l’islam pour ceux qui y était obligés, comme la charogne, le sang et la chair du cochon. Ensuite Allah a parfait la religion et Il l’a interdit. »
En ce qui concerne la parole d’Ibn Abbas statuant que cela est permis, il est établit qu’il a retiré ses propos quand il a su son interdiction comme cela a été rapporté par Tirmidhi :
« Le Muta’h était pratiqué dans les premiers temps de l’islam. Un homme avait l’habitude d’aller dans une ville où il n’était pas connu et se marier avec une femme qui surveillait ses dépenses et prenait soin de ses affaires. Jusqu’à ce que le verset suivant soit révélé :
«et n’ont pas de rapports qu’avec leurs épouses ou les esclaves qu’ils possèdent»
Ainsi toutes les relations intimes sauf les deux citées dans le verset devinrent illicites.”
Ceux qui clament que le Muta’h est permis citent ce verset :
“Puis, de même que vous jouissez d’elles, donnez-leur leur mahr, comme une chose due. Il n’y a aucun péché contre vous à ce que vous concluez un accord quelconque entre vous après la fixation du mahr.”
Ici, il ne s’agit pas du Muta’h, mais des bénéfices et bienfaits des relations obtenues avec les femmes à travers un mariage en bonne et due forme approuvé par la Shariah.
Ibn Umar a dit :
« Le prophète d’Allah nous a permis le mariage Mut’ah trois fois puis nous l’a interdit. Je jure par Allah que je ne laisserai pas une personne mariée pratiquer le Mut’ah sans que je la lapide. »
Il est nécessaire de savoir que ce que le prophète (sas) a rendu illicite est comme ce qu’Allah a rendu illicite parce qu’Allah a rendu son prophète (sas) compétent de décréter le licite et l’illicite, parce que c’est le messager d’Allah (sas) comme Allah le dit :
« Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l’évangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ; ceux-là seront les gagnants. »
De même Dieu dit :
« Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. »
Ceux qui prétendent qu’il suffit de regarder dans le coran et renient la Sunnah ont des idées pécheresses et incorrectes et bien qu’elles puissent paraître bonnes au premier abord elles n’apportent en réalité que l’égarement et le châtiment. Nous devons nous tenir au coran et à la Sunnah du prophète (sas) pour rester sains et saufs face aux ruses et trahisons des gens de l’égarement.
source : assunnah nabawih al mutaharat, Ali Sabuni
Tags: mariage, Mutah, sunnah
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Selon les sources provenant des guides sur le Japon, l’Islam a été connu réellement en 1877. En effet, elle fut introduite dans un premier temps, comme une pensée religieuse occidentale. C’est d’ailleurs à ce moment précis que la vie du prophète Muhammad a été traduite en japonais. Cette traduction a permis à l’Islam d’être intégrée dans l’image intellectuelle japonaise, mais seulement comme l’histoire des cultures. Il est nécessaire de rappeler qu’avant le 19 ème siècle, les gouverneurs japonais avaient peur que les chrétiens conquièrent leur Terre, du fait des envois de missionnaires qui prêchaient la Chrétienté. Ainsi, le Japon s’est protégé de toute influence extérieure. Cette interdiction a débuté dès la fin du 16ème siècle jusqu’à la dernière moitié de la 19ème. Par conséquent, peu d’informations sur l’Islam ont atteint le Japon pendant ces siècles.
Puis en 1889, un événement bien particulier, atteste des relations entre le Japon et l’Islam. Un navire naval nommé Ertugrul quitte le port de Constantinople (actuellement appelée Istanbul) en juillet 1889, en direction du Japon. [La Turquie est située pour sa majeure partie (96 %) en Asie (Anatolie), où se trouve sa capitale Ankara, mais une partie du pays se trouve en Europe (4 %), la Thrace. La principale ville, Istanbul, est située entre la Thrace et l’Anatolie, les deux parties de la ville étant séparées par le détroit du Bosphore. C’est la seule ville au monde à cheval sur deux continents.] Pour revenir aux relations entre l’Islam et le Japon, le navire quitta donc le port de Constantinople pour une visite officielle au Japon, afin de commencer des relations diplomatiques entre les deux pays . Malheureusement, sur le trajet du retour, le bâteau coulera lors d’un ouragan. En définitive, il y eut 69 survivants sur 610 membres d’équipage.
Le premier japonais s’étant converti à l’Islam se prénommait Mitsutaro Takaoka. Ainsi en 1909 il prit un nouveau nom : Omar Yamaoka. Cependant, les études récentes ont indiqué qu’un autre japonais connu sous le nom de Torajiro Yamada, était probablement le premier musulman japonais.
Pour la petite histoire : “deux journalistes volontaires, Torajiro Yamada (1866-1957) et Osotora, sont venus à Istanbul en 1892 pour fournir les donations qui avaient été rassemblées partout au Japon, pour le soulagement des familles des victimes du désastre de l’Ertugrul. Le sultan Abdul Hamid II aurait demandé aux deux journalistes de rester à Istanbul pendant deux années, afin d’enseigner le japonais à quelques fonctionnaires de l’armée turque. Pendant cette période, ils se seraient convertis à l’Islam. Ainsi, ils sont donc célébrés en tant que premiers japonais devenus musulmans”.
Ce qui est certain, c’est que le développement de l’Islam et de la communauté musulmane japonaise a réellement débuté après la première guerre mondiale seulement. Les musulmans d’Asie centrale ont alors émigré au Japon : “Un certain nombre de japonais ont alors embrassé l’Islam quand ils ont vu la volonté de ces musulmans du Turkmenistan, d’Uzbekistan, du Tajikistan, du Kurgystan et du Kazakhstan, qui voulaient s’en sortir, et qui ont fait du Japon, une terre de refuge”. Avec la formation de ces petites communautés musulmanes plusieurs mosquées ont été construites, la plus importante d’entre elles étant la mosquée de Kobe construite en 1935 et la mosquée de Tokyo construite en 1938.
L’histoire décrit également que “depuis 1955, les missionnaires de Tabliq du Pakistan, ont commencé à visiter le Japon chaque année pour prêcher l’Islam partout dans le pays. À la fin de 1973, le premier choc pétrolier a éclaté, et a menacé la vie quotidienne des personnes. Ils se sont rendus compte que le pétrole était indispensable dans la vie quotidienne. Et surtout que ces produits provenaient des nations islamiques du Moyen-Orient, tel que l’Arabie Saoudite. Alors les gens ont soudainement montré un vif intérêt pour l’Islam”.
De nos jours, il n’existe aucune évaluation fiable de la population musulmane au Japon. En effet, le gouvernement ne fait aucun recensement sur les religions du pays. Certaines évaluations faites estiment à 100 000 le nombre de musulmans au Japon, et d’autres plus vers 200 000. Environ 90% seraient des résidants étrangers, et 10% seraient des japonais convertis. Toujours selon des évaluations, à l’heure actuelle, les indonésiens, le bangladeshis, les pakistanais, et les iraniens composeraient les plus grandes communautés des musulmans étrangers au Japon.
La communauté musulmane au Japon est elle-même extrêmement petite (comparée à la population totale), qui s’élève à plus de 120 millions de citoyens. Les étudiants, ainsi que les ouvriers immigrés constituent un grand segment de cette communauté. Ils sont concentrés dans de grandes villes urbaines telles que Hiroshima, Kyoto, Nagoya, Osaka et Tokyo.
De nombreuses structures sont présentes, et se développent de plus en plus au Japon pour la communauté musulmane (japonais musulmans compris) :
- il y a plusieurs mosquées au Japon. La plus importante est celle de Tokyo.
- l’association musulmane d’étudiants, et quelques sociétés locales organisent les camps et les rassemblements périodiques dans le but d’améliorer les enseignements islamiques, et de renforcer les relations de confrérie parmi les musulmans.
- le centre islamique de Tokyo créé en 1970, a édité plus de 40 livres et autres publications au sujet de l’islam en japonais. Ce centre projette également de construire la première école islamique au Japon. Selon le rapport de l’agence iranienne de presse coranique, le comité de gestion du centre islamique de Tokyo a acheté une parcelle dans laquelle sera construite la future école islamique.
Ainsi, l’histoire de l’Islam au Japon n’est pas prête de s’arrêter. En effet, il reste encore un certain nombre d’efforts à fournir par le gouvernement japonais, pour que la communauté musulmane s’épanouisse au maximum…
Tiphaine Bellambe pour buddhachannel.tv
Japanese links :
http://www.kobemosque.org/
http://www.osakamosque.org/
http://www.islamjapan.net/
http://www.islamcenter.or.jp/
Tags: islam, japon
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J’ai entendu dire en de nombreuses occasions que l’école de jurisprudence shaféite est un Madhab du hadith et que celui qui voudra surpasser l’école de jurisprudence en termes de preuves devra se lever de bon matin.
L’imam Bukhari était shaféite bien que certains savants prétendent le contraire. Les imams Muslim et Nas’ai étaient aussi chaféites (signalons que le Sahih de Muslim et les Sunan d’al Nasa’i sont considérés comme les deuxième et troisième recueils de hadiths en terme d’authenticité après le Sahih de Bukhari) tout comme l’Imam Bayhaqi, Ibn Hibban, et al-Hakim étaient shaféites. L’imam Ahmad b. Hanbal n’était pas shaféite, mais un étudiant de l’imam Shaféi, mais il avait tellement d’estime pour son professeur qu’il ne donnait pas de fatawa quand l’imam Shaféi était en Iraq. Al Daraqutni, le maitre incontesté des défauts cachés des hadiths (‘ilal), une aptitude qui demande beaucoup de connaissances des hadiths, suivait aussi l’école de jurisprudence shaféite. Al hakim at Tirmidhi (à ne pas confondre avec Abu Isa Al Tirmidhi, le compilateur des Sunan at-Tirmidhi), un autre géant du hadith (qui était aussi un soufi de haut rang, souvent comparé au Shaykh al Akbar dans son style) suivait l’école shaféite tout comme Ibn Khuzayma.
Probablement le personnage plus influent dans l’étude de la terminologie du hadith (mustalah al hadith) était al Hafiz Ibn Salah. La plus part des livres du mustalah al hadith étaient basés sur son fameux muqaddima, depuis le 6 siècle. Lui, comme la plus part des autres célèbres savants du hadith des siècles qui suivirent comme Hafiz al Iraqi (l’auteur du notoire alfiyya in mustalah), al Hafiz al Dhahabi , l’imam al Nawawi, al Munawi, Nur al din al Haythami (l’auteur de Majma al Zawa’id) et pour finir Amir al-Mu’minin fi’l-hadith Ibn Hajar al-‘Asqalani, étaient Shafi’ites.
Toute personne étant un peu familière avec les livres de hadiths appréciera ce que cela peut signifier que tous ces érudits ait été Shafi’tes. Ce n’est pas un euphémisme qu’en 1000 ans d’érudition Shafi’ite, chaque petit hadith du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui donne la paix) a été bien analysé par ces Imams. Ils tous ont cru que l’école Shaféite correspondait le mieux aux quantités de hadiths.
Quand j’ouvre, par exemple, Hashiyat Al Bajuri sur Abi Shuja’, une œuvre en deux volumes écrits il y a environ 200 ans, je sais que les lois de jurisprudence que Bajuri a transmis (pratiquement sans donner aucunes preuves) ont été vérifiées et revérifiées par des centaines de muhaddithin de premier rang et des fuqaha pendant les mille ans qui l’ont précédé. Celui qui dit que Bajuri était un homme et moi j’en suis un, ne sait pas de quoi il parle. Il ne s’agit pas de moi par rapport à Bajuri. Il s’agit de moi m’opposant à tous les noms auxquels se renvoient les deux premiers paragraphes et beaucoup d’autres.
Aucun frère, ni cheikh (suivant l’école de jurisprudence shaféite) répondant à des questions ne prétend à l’ijtihad. Ils transmettent seulement les jugements. Tout ce qu’ils ont fait a été d’étudier ce que l’école de jurisprudence shaféite a préconisé sur les questions qui ont été soulevées, puis ils ont communiqué le jugement au groupe. Parfois il se peut qu’ils mentionnent un hadith ou un verset pour nous donner un indice afin de nous permettre de savoir comment ces jugements ont été dérivés, mais l’important est surtout de nous transmettre ce que les imams shaféites ont dit, en gardant à l’esprit que leur position correspond complètement aux instructions du coran et de la sunna.
Quand cela est possible les réponses de jurisprudence sont données avec toutes les références aux sources qui ont abouti à tel jugement (textes juridique et pages).
wassalamu ‘alaykum
Ecrit par Hamza.
Tags: hadith, madhab, shafei
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La tsniout (hébreu : צניעות tzniout, prononciation sépharade : tzeniout, prononciation ashkénaze : tznious ou tznies, pudeur) est un terme et concept juif, désignant à la fois un idéal de caractère et l’ensemble de lois religieuses mises en œuvre pour le faire respecter.
Peu respecté dans les courants juifs progressistes, il est très important pour le judaïsme orthodoxe, en particulier dans le domaine de la sexualité.
La Bible hébraïque ne comporte que deux expressions liées à la racine צ-נ-ע :
- Michée 6:8 : « Homme, on t’a dit ce qui est bien, [...] de marcher humblement avec ton Dieu »
- Proverbes 11:2 : « la sagesse est avec les humbles. »
Dans ces deux passages, tzniout semble plus proche de l’attitude morale d’anava (ענווה humilité, que le judaïsme considère comme un idéal à atteindre, Moïse étant qualifié de « très-humble ») que de la pudeur proprement dite.
La transition de la tsniout entre humilité et chasteté s’effectue dans la littérature rabbinique ancienne (Mishna, Baraïta,Talmuds et Midrash) : ainsi, une personne qui règle ses pas selon la tzniout évite de faire étalage de ses attraits, y compris intellectuels mais aussi de ses besoins.
Le rapport entre pudeur et érotisme apparaît clairement dans ce dit de Rabban Gamliel : « J’aime trois choses chez les Perses : ils sont pudiques lorsqu’ils mangent, pudiques sur le siège d’aisance et pudiques lors de l’autre chose [leurs rapports sexuels] »
Il est en revanche déjà bien établi que les attraits qu’il convient à une femme de cacher pour mériter le qualificatif de « pudique » se rapportent avant tout à sa féminité : ainsi, selon le Talmud, si la Torah précise que Sarah se trouvait dans la tente lorsque les anges rendaient visite à Abraham, c’est « afin de faire savoir que Sarah notre mère était pudique, » et Rachel fut récompensée de sa pudeur en engendrant Saül.
À mesure que le rapport entre la tsniout et la sexualité s’accroît dans la littérature rabbinique ultérieure, elle devient associée, comme la sexualité, à des qualités de sainteté, de pureté, et à des aspects ésotériques, en particulier dans la Kabbale et le Moussar.
Aux sources des lois de la tsniout
Les limites et applications pratiques de la tsniout sont principalement dérivées de deux versets (outre l’interdiction de se travestir, etc.) :
- Lévitique 18:19 : « Lorsqu’une femme est dans son isolement d’impureté, n’approche pas pour découvrir sa nudité. »
- Deutéronome 23:10 : « Quand tu marcheras en corps d’armée contre tes ennemis, tu devras te garder de toute mauvaise chose. »
Une controverse entre docteurs du Talmud, qui se poursuit entre autorités rabbiniques médiévales, porte sur la définition exacte de la « découverte de la nudité » : s’il s’agit de voir la nudité, les limites de la tsniout s’étendent à tout acte de proximité, même sans rapport sexuel (par exemple : embrasser, étreindre), et les enfreindre revient à transgresser la Torah, ce qui constitue une faute extrêmement sévère, passible de mort ou de retranchement[9], alors que s’il s’agit d’une expression pour désigner l’acte sexuel, l’extension de ces limites à d’autres actes de proximité est d’origine rabbinique et, bien qu’interdite, leur enfreinte n’est pas aussi sévèrement punissable.
D’autre part, Deutéronome 23:10 est souvent cité à l’appui de mises en gardes strictes contre les pensées impudiques. Il est interdit de regarder une femme, voire ses habits ou des actes d’accouplement, même entre animaux. Le Talmud appuie à plusieurs reprises sur le caractère gravissime des « mauvaises pensées » (impudiques), soulignant en creux la nécessité de s’en prémunir ; une baraïta (enseignement oral non consigné dans la Mishna) rapporte qu’une mekhitsa (barrière physique) fut instaurée (peut-être pour la première fois) lors de la Sim’hat Bet HaShoëva (cérémonie de la libation d’eau) parce que les hommes ne pouvaient pas se tenir (littéralement, « agissaient avec légèreté de tête »), malgré la solennité de cette occasion.
Cette sévérité contre les pensées pécheresses et la puissance de l’instinct érotique (moins puissant chez la femme, au demeurant) a été érigée en norme, et guide l’attitude de nombreux décisionnaires et codificateurs des époques ultérieures. Elle a en revanche été abandonnée par les courants non-orthodoxes, qui la jugent désuette et inadaptée aux mœurs actuelles.
Applications pratiques
Différences entre hommes et femmes
Bien que tout Juif soit censé observer les règles de tsniout, les règles diffèrent entre hommes et femmes.
La femme est, contrairement à l’homme, sujette aux menstrues et écoulements sanguins après la naissance. Par ailleurs, son image et son rôle dans les sociétés antique et médiévale (la femme étant considérée comme une séductrice, voire une tentatrice, dangereuse, etc.) jouent un rôle non-négligeable dans la formulation de certains principes talmudiques et halakhiques.
L’homme est, quant à lui, souvent décrit comme un être incapable de maîtriser ou faire face à ses pulsions. La femme s’astreindrait donc à des règles de tsniout plus exigeantes afin d’aider l’homme à ne pas faillir.
Sexualité dans le judaïsme
Des opinions nombreuses et diverses ont été émises au sein du judaïsme sur la sexualité. Selon l’approche la plus courante, la pulsion sexuelle est le plus souvent (mais non exclusivement) associée au yetzer hara (mauvais penchant), mais aussi à l’accomplissement d’un commandement divin (la fructification et la multiplication), ce qui permet au yetzer hara de jouer son rôle dans le plan divin. C’est par le biais de la tsniout (et du mariage, condition obligatoire pour la tenue de rapports sexuels) que l’acte sexuel est élevé au-dessus des pulsions et de la bestialité, est sanctifié et sert les desseins de Dieu. C’est d’ailleurs sous le titre de Hilkhot Tsniout (« Lois sur la pudeur ») que le rabbin Yossef Karo énonce dans le Choulhan Aroukh (« Table dressée, » ouvrage fondamental de Loi juive) les lois régissant les relations sexuelles entre un homme et son épouse.
Règles de la Tsniout
La Tsniout veut que chaque membre du corps que les femmes ont l’habitude de couvrir doit rester couvert. Il ne s’agit pas ici de permettre à une femme de découvrir certaines parties que les autres femmes indécentes dévoile vu qu’a part cette définition très large, les sages nous ont donné des règles détaillé. Ainsi une femme n’aura pas le droit de découvrir ses jambes à partir du genou vers le haut, et ses bras à partir du coude vers le haut, ou encore de porter un habit tellement décolleté que l’on peut voir les os inférieurs au cou. Il lui sera de même interdit de faire ressortir des parties de son corps (ne pas mettre des habits moulants), ou de vêtir des habits attirant (cause de couleurs ou autres). Il sera permis de porter des sandales dans un endroit ou la population est accoutumée de voir des femmes en sandales. Une femme mariée est contrainte de couvrir ses cheveux en public. Même le parfumage exorbitant est interdit.
Permissions
La femme a par contre le droit de découvrir ces parties du corps devant son mari, même afin de lui faire comprendre qu’elle attend leur prochaine rencontre sous la couette, bien que l’homme n’ait pas le droit de regarder avec fixation l’organe intime de sa femme (à plus forte raison le toucher, l’embrasser ou le lécher). Il est évidemment aussi permis de découvrir ces parties du corps devant d’autres femmes ou devant un médecin.
Tsniout de l’homme
L’homme est comme dit plus haut lui aussi contraint à la pudeur bien qu’avec beaucoup plus de modération, chose due aussi au fait que le penchant sexuel de la femme serait bien moins prenant que celui de l’homme, à tel point qu’il est permis à une femme de voir un homme nu ; chose interdite dans l’autre sens. L’homme n’aura donc pas le droit, selon la loi explicite, de découvrir ses organes génitaux ainsi que (selon certains avis) le haut de son corps sauf en cas de force majeure (changer de vêtements, se doucher ou se baigner) (Choulkhan ‘Arou’h, Ora’h ‘Haïm, 2, 1 et Michna beroura). Cependant, le Choulkhan ‘Arou’h précise que se déshabiller ou s’habiller pour se coucher ou se lever (si l’on dort nu) devra se faire sous le drap. Certaines personnes particulièrement dévotes évitent même de découvrir leurs épaules ou tout autre partie du corps que l’homme n’a pas l’habitude de montrer.
Chez l’enfant
Selon le Talmud, le membre sexuel enfantin n’est pas considéré comme sexe au sens juif du terme, comme on peut le voir dans plusieurs point. Malgré cela, il est conseillé voire obligé d’éduquer les enfants en particulier les filles à la Tsniout, comme à tous les autres commandements.
Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Tags: croyances juives, religion juive, voile
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L’image inversée d’un scanner corporel, montre le corps nu, en couleur.
Prétendre que les scanners corporels, ne montrent pas les détails des parties génitales, est un mensonge !
Les scanners corporels, que le président Obama a autorisé, hier soir, vont être déployés dans tous les aéroports à travers le pays, pour un coût de plus de 1 milliard de dollars. Non seulement ils réalisent des images détaillées de vos parties génitales, mais une fois inversées, certaines de ces images affichent aussi votre corps nu, dans son intégralité, en couleurs réelles.
Et vous n’avez pas besoin d’être un graphiste, utilisant des logiciels à 600 $, tel que Photoshop, pour faire le travail. Inverser le négatif de la photo est un processus simple, qui s’effectue en un seul clic, c’est une option disponible dans la plupart des logiciels de base de retouche d’image.
Des lecteurs nous ont envoyé des exemples du processus, puis je l’ai testé moi-même pour confirmer, qu’en inversant simplement quelques-uns des négatifs, produits par les scanners corporels, il se créé une réplique quasi parfaite d’un corps nu, en couleurs réelles.
Il est important de souligner qu’il s’agit d’une image de faible résolution. Les agents de contrôle aéroportuaires auront accès à des images « haute définition », une fois inversées, ils verront les moindres détails de votre intimité.
L’astuce de l’inversion ne fonctionne pas sur tous les échantillons d’images produites par des scanners corporels, mais avec ou sans cette possibilité, chaque image affichera les détails de vos organes sexuels. Même sans inversion, ces images posent déjà un problème au niveau des lois sur la pornographie infantile, au Royaume-Uni.
L’assurance que les contrôleurs aéroportuaires ne puissent-pas enregistrer les images, ne rassure-pas les parents, qui imaginent que la nudité de leurs enfants sera lorgnée par un voyeur, un pédophile. Il suffit d’un simple téléphone portable ou d’un appareil photo de poche, pour effectuer un cliché.
Les protagonistes des scanners ont systématiquement décrits les images produites, comme étant « fantomatiques » ou « simplifiées », dans le but de minimiser la violation directe de votre vie privée, qu’ils sont en réalité.
Comme nous l’avons signalé hier, les affirmations des protagonistes, qui soutiennent que les scanners corporels ne produisent pas de détails des organes génitaux, ont été réfutées par un journaliste du « Guardian de Londres », qui était présent lors d’un procès contre ces machines, cette semaine, il a indiqué que le dispositif de prise de vue rend “les organes génitaux particulièrement visibles ».
Le Conseiller à la sécurité allemand, Hans-Detlef Dau, représentant pour une société qui vend des scanners, admet que les machines “montrent les piercings intimes, les cathéters et la forme des seins et du pénis”.
En effet, comme cela a été précisé lors de la première mise en œuvre des scanners, il y a 1 an, ils ne fonctionnent pas correctement si les zones du corps restent floues.
Un rapport d’octobre 2008, réalisé lors de l’introduction du scanners corporel à l’aéroport de Melbourne, en Australie, précise que la rétrodiffusion des rayons X périphériques ne fonctionne pas correctement, quand les parties génitales des personnes ne sont pas visibles.
“Cela va montrer l’intimité des personnes, mais nous avons décidé de ne pas les estomper, car cela limite sérieusement les capacités de détection, a déclaré le représentant du Bureau de la Sûreté du Transport, le gestionnaire Johnson Cheryl.
« On voit les organes génitaux et les seins pendant que les personnes passent à travers la machine », a-t-elle reconnu.
Les informations rapportées à la télévision, au grand public, ont été délibérément trompeuses, en estompant les visages et les parties génitales des personnes. Dans la réalité, vos organes sexuels et ceux de vos enfants seront pleinement exposés au fonctionnaire, assis dans la chambre arrière. Avec une simple clic sur le bouton d’inversion, le corps nu de votre fille, en couleurs réelles et en la haute définition, sera exposé au regard des agents de contrôle.
Source : Paul Joseph Watson – Prison Planet.com – Vendredi 8 janvier 2010
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Le premier scanner corporel, ou «body scanner», français sera mis en service ce lundi matin à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. La Direction générale de l’aviation civile et ADP l’inaugurent ce matin, au terminal 2E où il va être testé pendant un mois, par les passagers se rendant aux Etats-Unis.
Mais seuls les volontaires entreront dans la boîte qui déshabille.
Un squelette qui marche, c’est à ça, en caricaturant, que l’on ressemblera en passant dans la cabine.
Pour ses supporteurs, le scanner corporel permet de vérifier que les passagers ne transportent aucun objet dangereux sans les palper. Pour ses détracteurs, il est une atteinte à l’intégrité. Le débat a été vif, si bien que sa mise en place a été plusieurs fois repoussée en France. Fin janvier, les autorités de santé comme la Cnil avaient posé leur veto. Le feu vert a été donné mardi dernier par la loi de loi de sécurité intérieure, dit Loppsi 2, qui entérine une phase d’expérimentation de trois ans, et l’envisage dans tout aéroport du territoire français.
Le scanner corporel est déjà utilisé pour sécuriser les aéroports de Hollande, Londres-Luton, à Moscou et dans une dizaine de grandes villes américaines.
22.02.2010, 08h09 | Mise à jour : 08h53 source : leparisien.fr
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Al-Hamdu li-llâh. Ich bin Muslima! Am 2.2.1981 habe ich die rituelle Reinigung vorgenommen und mich so innerlich von meiner Vergangenheit gelöst. Danach praktizierte ich den Islâm so gut ich konnte, um endlich am 23.2.1981 mit einem sauberen und guten Gewissen und voller Überzeugung mein „neues“ Glaubensbekenntnis zu sprechen. („neues“ in Anführungszeichen, da es eigentlich kein neues Glaubenbekenntnis für mich war. Warum das so ist, wird aus meiner persönlichen Geschichte und meiner Glaubensentwicklung deutlich).
So weit ich mich zurückerinnern kann, habe ich zu Gott gebetet und Ihn gleichzeitig unbewusst gesucht.
Meine frühesten Erinnerungen gehen in die Zeit zurück, als ich etwa 5 Jahre alt war und am Grab meiner Mutter, deren Seele Gott am 7.4.1957 zu sich genommen hatte, betete.
Ich kann nicht sagen, dass ich in einem religiös orientierten Elternhaus aufgewachsen bin, und doch fühlte ich mich immer „gerufen“. Ich betete regelmäßig und ständig zu Gott, obwohl ich nie eine konkrete Vorstellung von Ihm hatte, aber mein Glaube an Ihn war da.
Während meiner Pubertät geriet ich in große Zweifel bezüglich meines Glaubens. Alles erschien mir unsicher, und ich konnte von keiner Seite Hilfe oder Unterstützung erwarten. Doch meine ständige Traurigkeit und innere Einsamkeit ließ mich immer wieder beten. Ich fühlte, dass ich das Gebet zu Gott brauchte, und dass es mir Kraft gab.
Meine weiteren Lebensjahre brachten sehr viel Abwechslung für mich. Ein innerer Drang ließ mich ruhelos suchen. Da ich damals noch nicht wusste, welches Ziel diese innere Unruhe und diese Suche hatte, musste ich selbst Ziele erfinden, die sich jedoch alle auf der irdischen-dialektischen Ebene befanden. (Als Beispiele seien hier genannt: in erster Linie die Suche nach einem Sinn für mein Leben, die Suche nach Geborgenheit und Wärme bei „Freunden“, die Suche nach Glück und Befriedigung in einem sozialen Beruf etc.).
Doch bei allem, was ich erlernte und erlebte, blieb eine ständige Unzufriedenheit. Immer wieder tauchten Fragen bei mir auf, die sich auf den Sinn dessen bezogen, was ich tat und erlebte. (Warum lebe ich? Warum erlerne ich einen Beruf, wenn ich doch nur so kurze Zeit hier auf der Erde verweilen werde? Kehrte ich von Vergnügungen nach Hause zurück, fühlte ich eine große innere Leere und Sinnlosigkeit! Immer wieder: Warum?) Das einzige, was mir damals ein Stück Zufriedenheit schenkte, war das Erleben von Natur, d. h. Wald, Luft, Berge, Meer, Gewitter etc.
Aber die große Unzufriedenheit kehrte nach diesen immer wieder zurück.
Diese innere Unruhe und stetige Suche war auch die Ursache für meine berufliche Entwicklung.
Nachdem ich meine Ausbildung als Erzieherin abgeschlossen hatte, war ich nur ein Jahr berufstätig. Ich konnte einfach keinen Sinn in der Arbeit finden und ging somit weiter zur Schule, um mein Fachabitur nachzuholen und schließlich Sozialpädagogik zu studieren. Mein Leben veränderte sich – meine Unruhe und Suche blieben!
An der Fachhochschule lernte ich meine liebste Freundin kennen. Eine überzeugte Christin, die in ihren Gebeten und in einem Bibelkreis Kraft und Hilfe für ihren Alltag schöpfte. Da ich schon zuvor oft Ansätze gemacht hatte, die Bibel zu lesen, was mir jedoch keinerlei Aufschluss über ihren Inhalt gab, entschloss ich mich an diesem Bibelkreis teilzunehmen.
Was jedoch dabei blieb, war meine innere Unruhe und Unzufriedenheit. Es gab mir keine Kraft, und somit distanzierte ich mich bald wieder davon. Dazu sei gesagt, dass ich beim Lesen der Bibel immer das Gefühl hatte, dass mehr darin stand, als ich sehen und verstehen konnte. Aber ich konnte den Schlüssel nicht finden. Aus diesem Grund las ich dann vor eineinhalb bis zwei Jahren mit einer anderen aktiven Christin zusammen die Bibel, um eben diesen Schlüssel zum Verstehen zu finden. Erfolglos – die innere Unruhe und Suche blieben. Und bald brach ich auch diesen Versuch ab. Aber etwas änderte sich: meine Unruhe wurde zur konkreten Suche nach Gott! Im Hebst 1979 hatte ich dann mehrer Gespräche mit einem nach Gott suchenden und Ihn gleichzeitig verneinenden Menschen. Diese Gespräche führten mich in eine große Unsicherheit und brachten mir große Zweifel. Obwohl ich weiterhin zu Gott betete, so war ich doch nicht sicher, ob Er wirklich existierte. Ich zweifelte an allem, was zuvor für mich das Wesentlichste war: die Existenz der Seele, die Realität des Lebens nach dem Tod, das Leben auf der Erde als große Prüfung etc.
Meine ganze Hoffnung, mein ganzes Welt- und Lebensbild brach zusammen, und ich fühlte mich wie in einem riesigen Vakuum. Völlig verzweifelt und haltlos versuchte ich mir Klarheit zu schaffen, indem ich wissenschaftliche Bücher las und mit Atheisten und „Gläubigen“ stundenlange Gespräche führte. Diese Phase der völligen Zerrissenheit dauerte etwa zwei Monate. Bis ich in einem Gespräch mit einem glaubenden Menschen plötzlich so etwas wie einen Lichtblick hatte.
Mir wurde auf einmal klar, dass alle meine Zweifel, Bedenken, Unsicherheiten unsinnig und überflüssig waren. In diesem kurzen Moment bin ich von einem allumfassenden Zweifeln zu einem „Glaubensgrad“ gelangt, den man Überzeugung bezeichnen könnte.
Insgesamt gesehen kann man eine kontinuierliche Entwicklung in meinem Glauben an Gott feststellen, in der dieses Erlebnis das Größte war. Seit diesem Zeitpunkt gab es für mich nur noch eines, was mich interessierte und beschäftigte: die Suche nach einem konkreten Gottesbild und nach einem konkreten Weg, der mich zu Gott führen konnte.
In einem Zeitraum von ca. neun Monaten beschäftigte ich mich ausschließlich mit verschieden Religionsformen. Ich suchte Parallelen zwischen ihnen. Besonders Bhagwan, ein erleuchteter Meister in Indien, der die Suche nach Gott auf einer „psychotherapeutischen“ Ebene anbietet und dessen Theorien auf allen „Religionen“ basieren, beschäftigte mich sehr. Weiterhin informierte ich mich über die Internationale Schule des Rosenkreuzes, dich sich zwar auf die christliche Lehre beruft, jedoch unabhängig von der Kirche als Institution arbeitet. (Denn die Kirche und ihre Verkündigungen brachten mir nie Aufschluss über Glaube und Gott!).
So wie ich mich mit Bhagwan, Buddhismus, Rosenkreuzerschule etc. beschäftigt hatte, wollte ich auch den Islâm kennen lernen.
Im Oktober/November 1980 begann ich damit, eine deutsche Übersetzung des Qurân zu lesen. Gleich am Anfang, nach wenigen Suren bemerkte ich, dass mir das, was ich las, innerlich ungeheuer nahe war. Ich hatte das Gefühl, dass ich das las, was ich schon immer gefühlt, gesucht und nie gefunden hatte.
Besonders möchte ich auf das Stichwort der Trinitätslehre der christlichen Kirche hinweisen, mit der ich mich nie identifizieren konnte. Es war immer unverständlich für mich. Obwohl ich in früherer Zeit mehrfach darauf hingewiesen worden war, zu Jesus als Vermittler zu beten. So merkte ich doch, dass dies mich innerlich unbefriedigt ließ. Ich habe immer direkt zu Gott gebetet. Alles andere war für mich völlig fremd. Für mich war Jesus Vorbild für Nächstenliebe und Vorbild dafür, wie ich den Willen Gottes ausüben konnte.
Auch habe ich immer gefühlt, dass mein Leben trotz gewisser Regelungen ungeordnet und unsicher war. Ich suchte immer nach einem Führer, der mir die Unsicherheiten nehmen, mich leiten und mir helfen konnte. Mein Erleben, währenddessen ich den Qurân, d. h. die Übersetzung las, kann ich gar nicht richtig in Worte fassen. Es war so, als hätte ich endlich ein Zuhause gefunden. Immer wenn ich in der Qurân Übersetzung las, gab es in mir ein Gefühl der inneren Ruhe und Geborgenheit. Schon sehr bald (nach wenigen Tagen) gehörte das Lesen in ihr zu meinem Alltag und meinem Leben.
Obwohl ich damals nicht im Entferntesten daran dachte, den Islâm anzunehmen, lebte ich doch schon mehr oder weniger nach den Regeln Gottes, denn das meiste war, wie schon zuvor gesagt, nicht neu für mich, sondern es war das, was bereits seit langem zu mir gehörte; und es anzunehmen war mehr als natürlich und selbstverständlich für mich. Im laufe der Zeit nun hörte ich automatisch auf, Alkohol zu trinken und Schweinefleisch zu essen. Ohne dass mir direkt bewusst war bzw. gewollt hätte. Es war eine Art Begleiterscheinung und keine Entscheidung!
Bewusst wurde es mir erst viel später! Im Januar 1981, während ich wieder die Qurân Übersetzung las, hatte ich wieder eine Art Lichtblick. Mir wurde plötzlich bewusst, dass ich mich nicht mehr als Christ oder Protestant bezeichnen konnte. Ich war zwar kein Muslim, aber ich war auch kein Christ mehr!
Als ich das erkannte, nahm ich sofort telefonischen Kontakt mit der Moschee in Aachen auf, wo ich wenige Tage später ein Gespräch mit einem Bruder führen konnte, welcher mir einige Informationen und Bücher gab, die den Islâm als Glaube darstellen. Je mehr ich durch das Lesen von Literatur über den Islâm erfuhr, umso besser gefiel mir dieser Glaube. Parallel zu meinem Lesen über den Islâm versuchte ich den Glauben zu praktizieren, indem ich beispielsweise das Gebet lernte und mich noch mehr an den Regelungen und Gesetzen von Gott in meinem Alltagsleben orientierte.
Das Aussprechen des Glaubensbekenntnisses war demnach für mich nur noch eine Art Bestätigung. Heute weiß ich, dass meine Suche nach dem Weg zu Gott beendet ist. Ich habe ihn – den Weg – gefunden, und ich bin unendlich dankbar dafür, dass ich es gar nicht in Worte fassen kann. Jetzt gibt es für mich nur noch ein Ziel in meinem Leben: den Willen Gottes genau kennen zu lernen und nach Seinem Willen und zu Seinem Wohlgefallen zu leben. Heute sehe ich, wie ich in meiner Vergangenheit umhergeirrt bin. Wie sinnlos mein Leben trotz meines Glaubens war. Nur mit Gottes Hilfe konnte ich den Punkt erreichen, an dem ich heute stehe. Ich weiß, dass Er mir in seiner Gnade und Barmherzigkeit, trotz meinem sündigen Leben bisher dieses größte Geschenk gemacht hat, das ein Mensch auf dieser Erde erhalten kann.
Al-Hamdu li-llâh!
Quelle: „Deutsche von Allâh geleitet“
Islâmische Bibliothek Verlag
Muhammad Ibn Rassoul
islamweb.net
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Frau amine Mosler
Warum bin ich Muslim geworden?
Auf die Fragen meines Sohnes konnte ich keine Antwort geben. Er fragte mich warum es drei Götter gibt? Da ich selber nicht an die drei Göttertheorie glaubte, konnte ich keine vernünftige Antwort geben. Im Jahre 1928 kam mein Sohn weinend zu mir und sagte: „Mutter, ich habe die islâmische Religion durchstudiert und festgestellt, dass die Muslime an einen einzigen Allâh glauben, und nicht an viele Götter. Ich habe die Absicht, ein Muslim zu werden, bitte schließ dich mir an.“ Aufgrund meines Sohnes habe ich angefangen, den Islâm zu studieren. Ich bin zur Berliner Moschee gegangen, in der ich vom dortigen Imâm eine positive Reaktion bekommen habe. Er hat mir die Grundzüge des Islâm erklärt. Je mehr er mir den Islâm erklärte, desto mehr gab ich ihm Recht und verstand die Richtigkeit des Islâms.
Auch ich glaubte dann, dass der Islâm die einzig richtige Religion ist. Der Islâm akzeptiert eine Drei-Götter-Theorie nicht als Glaube, den ich seit meiner Kindheit nicht verstand. Die tief greifende Forschung des Islâms brachte mich zur Kenntnis, dass das Ablegen der Beichte bedeutungslos ist (So würde doch Jeder Sünden begehen und dann seine Beichte abgeben). Genauso, dass der Papst frei von Sünden sei und er andere Menschen von Sünden befreien kann. Ich fand das alles bedeutungslos im Gegensatz zu den Grundzügen und Lebensweisen des Islâm. So wurde auch ich ein Muslim, wie mein Sohn.
Heute bin ich eine Großmutter geworden, und es freut mich so sehr, dass meine Enkelkinder als Muslime auf die Welt kommen. Ich glaube fest daran, dass Allâh – der Erhabene – denen hilft, die von Allâh zum richtigen Weg geleiten wurden.
islamweb.net
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Toutes les plantes comestibles sont autorisées (halal) à la consommation, sauf si elles ont été fermentées pour devenir de l’alcool, contiennent des toxiques et tout ce qui peut nous être dangereux. Les champignons sont donc permis.
Sayyiduna Said ibn Zayd a rapporté qu’il a entendu le messager d’Allah dire : Les champignons viennent d’al-Mann, et son eau est une médecine pour les yeux. (Sahih al-Bukhari, no. 5381)
L’Imam Ibn Hajar al-Asqalani a donné deux interprétations à cela dans son livre Fath al-Bari.
1) Cela fait référence à al-Mann et Salwa descendu sur le people de Moïse, Banu Israil comme un don généreux d’Allah le très haut.
2) al-Mann vient de “imtinan”, qui signifie bénédiction, faveur et bienveillance, cela signifie que les champignons sont un cadeau d’Allah, car ils poussent après la pluie sans avoir besoin de les cultiver. (See: Fath al-Bari, 10/202)
Les champignons sont Halal. Cependant, certaines espèces de champignons sont empoisonnés et donc impropres à la consommation humaine, par conséquent il faut être prudent afin de ne pas en manger.
source :
http://qa.sunnipath.com/issue_view.asp?HD=1&ID=3654&CATE=107
Tags: hallal, mann
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AU NOM D’ALLAH CLEMENT ET MISERICORDIEUX
Louange à Allah, le Très-Haut, Maître des Mondes; Fin heureuse à ceux qui Le révèrent;
Bénédiction et Paix sur son Prophète Muhammad [Paix et bénédiction soient sur lui] ainsi que sur
toute sa Famille.
Sache, lecteur, qu’un ancien étudiant qui avait été au service assidu du Cheikh, l’Imâm,
Ornement de la religion, Preuve de l’Islâm, Abû Hâmid Muhammad al-Gazâlî (“Rahmatullahi
aleih” [Miséricorde d'Allah, le Très-Haut soit sur lui].); qui avait étudié les sciences religieuses
auprès de ce maître, réuni les détails des sciences et poussé à la perfection les vertus de l’âme,
méditant un jour sur son état, eut l’idée suivante: “J’ai étudié, dit-il, diverses sciences et j’ai passé
la fleur de mon âge à les apprendre et à les recueillir; maintenant, il me faut savoir laquelle
d’entre elles sera utile demain pour m’assister dans la tombe; quant à celles qui me seront
inutiles, je les abandonnerai comme a dit le Messager d’Allah [Sallallahu aleihi wasallâm]: “Mon
Allah, protège-moi contre toute science inutile”.
Cette idée l’obséda et le détermina à écrire à son excellence le Cheikh, Preuve de l’Islâm,
Muhammad al-Gazâlî; il lui demanda conseil pour se diriger, lui posa certaines questions et la
supplia de lui écrire une prière à réciter à des heures déterminées et il ajouta: “Les ouvrages du
Cheikh, l’Imâm, tel “Ihyâ-ul-Ulûm-id-dîn” [La Régéneration des sciences religieuses] [1] et autres
renferment les réponses à mes sollicitations; cependant, je souhaite vivement que le Cheikh
résume ce dont j’ai besoin, en quelques feuillets qui m’accompagneront ma vie durant et dont
j’observerai les conseils tant que je serai en vie, si Allahu ta’âlâ le veut”.
Le Cheikh écrivit la lettre suivante en guise de réponse:
Sache, ô jeune homme qui m’aimes et que j’aime — qu’Allahu ta’âlâ prolonge ta vie par la
soumission que tu Lui témoignes et qu’IL te conduise dans la voie de ses bien-aimés — que les
préceptes les meilleurs le tirent de la mission même du Prophète. Si déjà tu en as tiré une leçon,
quel intérêt prendras-tu à la mienne? Mais si, au contraire, tu n’en as rien tiré, qu’as – tu donc
appris, dis-le moi, durant tant d’années?
Mon fils! Parmi les conseils donnés par le Prophète d’Allah à ses Compagnons (Ashâb-ı kirâm),
on trouve cette sentence: “Lorsqu’un homme a l’esprit préoccupé de soucis sans importance pour
lui, c’est le signe que le Très Haut abandonne son serviteur. Celui qui perd une heure de son
existence en des recherches pour lequelles il n’a pas été créé mérite qu’Allahu ta’âlâ prolonge
ses regrets au jour de la Résurrection. Celui qui dépasse la quarantaine sans que ses bonnes
actions ne l’emportent sur les mauvaises, celui-là doit attendre le feu de l’Enfer. A bon entendeur
salut!”
Mon fils! le conseil est aisé à donner mais difficile à suivre: il est amer au goût de ceux qui
suivent leurs caprices; car les choses défendues sont douces à leur coeur. Je vise, en particulier,
ceux d’entre eux qui aspirent à l’étude de la science formelle et se soucient des mérites de l’âme
et des voies de ce monde. Ils croient que leur salut dépendra de leur science abstraite, et qu’ils
peuvent se passer d’agir. C’est là l’opinion des philosophes. Gloire à Allahu ta’âlâ: ces esprits
abusés ignorent que, s’ils n’appliquent pas leur science, elle sera sans aucun doute invoquée
contre eux, comme l’a dit le Prophète aleihissalâm: “Le pire supplice, au jour de la résurrection,
sera celui du savant à qui Allahu ta’âlâ n’aura pas permis de profiter de sa science”.
On raconte que Gunayd (Abû al-Qâsim, le surnom de Junayd al-Baghdâdî, savant et Walî
(Saint), décédé en 910.), après sa mort, apparut en songe à quelqu’un. On lui dit: “Quelle
nouvelle, ô Abû al-Qâsim?” Il répondit: “Les belles phrases ont été vaines et les formules
mystérieuses se sont avérées stériles; rien ne nous a été utile que les quelques prières rituelles
accomplies au sein même de la nuit”.
Mon fils! Ne sois pas avare d’actes vertueux ni d’états mystiques, et sois sûr que la science
théorique n’apporte aucune aide. En voici un exemple: Qu’un homme au désert porte dix sabres
hindous et d’autres armes encore, qu’il soit brave et combatif, qu’un lion redoutable vienne à
l’attaquer, crois-tu que ces armes écarteraient le danger s’il ne s’en sert pour frapper le lion? Et,
bien sûr, elles ne repousseront pas le danger si l’homme ne les saisit et ne les brandit pour
frapper. Ainsi l’intellectuel qui lit cent mille problèmes scientifiques et les apprend par coeur, sans
les mettre en pratique! Il n’en tire de profit que par l’exercice. Autre exemple: Le malade atteint de
fièvre et de jaunisse; son traitement doit se faire par l’oxymel [2] et par l’infusion d’orge. La
guérison ne s’obtient qu’en employant ces deux médicaments.
En effet:
“Tu as mille remèdes: c’est en vain…
N’est utile que celui qui en prend enfin!” [3]
Etudierais-tu, pendant cent ans, dans mille livres, que seuls tes actes te disposeraient à la
miséricorde divine. Car Lui le Très Grand a dit: “Qu’on ne comptera à l’homme que ses propres
actes” (Coran, LIII, 40.). “Celui qui espère se rencontrer avec son Seigneur, qu’il fasse oeuvre
pie” (Coran, XVIII, 110.) “En punition de leurs actes” (Coran, IX, 83, 96). “Les Croyants qui
pratiquent le bien auront le paradis pour séjour. Séjour éternel qu’ils ne voudront échanger contre
aucun autre” (Coran, XVIII, 107.). “D’autres générations les suivirent. Elles délaissèrent la prière
pour s’abandonner à leurs penchants. Un triste destin leur est réservé. Exception sera faite pour
ceux qui se repentiront, croiront et pratiqueront les bonnes oeuvres. Pour ceux-là, ils entreront en
paradis et ne seront frustrés d’aucun de leurs mérites” (Coran, XIX, 60-61.)
Que dis-tu de cette tradition [4]: L’Islâm est bâti sur cinq fondements: Attester qu’il n’y a pas
d’autre divinité qu’Allah et que Muhammad aleihissalâm est le prophète d’Allah, prier, faire
l’aumône, jeûner le mois de Ramadân, accomplir le pèlerinage à la Mecque pour ceux qui en ont
la possibilité.
La Foi, c’est en même temps le verbe, la sincérité et les oeuvres. Les preuves de l’importance
des oeuvres sont innombrables. L’homme atteint, sans doute, le paradis par la grâce et la
générosité d’Allahu ta’âlâ, mais il l’atteint aussi après s’être préparé par son obéissance et son
adoration, car “la miséricorde d’Allah est proche de ceux qui font le bien” (Coran, VII, 54.). Si l’on
dit: “L’homme arrive aussi au paradis par la foi seule”, nous répondons: “Oui, mais quand? et que
de difficiles obstacles doit-il surmonter avant d’arriver au but! Le premier de ces obstacles est
celui de la foi elle-même; arrivera-t-il au paradis avec cette foi? ne lui sera-t-elle pas ravie avant
qu’il n’y entre? Et s’il est conduit au paradis, il sera un élu déçu et pauvre”. Al-Hasan al-Basrî [5]
dit: “Allahu ta’âlâ dit à ses serviteurs au jour de la résurrection: ô mes serviteurs, entrez au
paradis par la grâce de ma miséricorde et partagez-en les degrés entre vous, selon vos actions”.
Mon fils, tant que tu ne pratiqueras pas le bien, tu ne trouveras pas de récompense. On raconte
qu’un Israélite adora Allahu ta’âlâ durant soixante-dix ans. Allahu ta’âlâ voulut faire connaître ce
cas aux anges. Il lui en envoya un pour lui dire qu’il ne méritait pas le paradis malgré cette longue
adoration. Le message transmis, l’adorateur répondit: “Nous avons été créés pour l’adoration; il
nous faut adorer”. L’ange, de retour, dit: “Mon Allah tu connais mieux que moi sa réponse”. Et
Allahu ta’âlâ alors: “S’il ne cesse pas de Nous adorer, Nous ne cesserons non plus de le combler
de Nos grâces. Je lui ai déjà pardonné ses fautes, vous en êtes témoins, ô mes anges!”
Le Prophète d’Allah dit: “Demandez-vous des comptes à vous-mêmes avant qu’on ne vous en
demande et pesez vos actions avant qu’on ne vous les pèse”. ‘Alî [6] dit: “Celui qui croit toucher
au but sans effort est un homme de désir; et celui qui ne compte que sur l’effort fait acte de
présomption”.
Al-Hasan al-Basrî dit: “Aspirer au paradis sans accomplir de bonnes actions est un grand péché”.
Il dit aussi: “Le signe distinctif de la vérité, c’est d’oublier la récompense promise aux bonnes
actions, sans en abandonner la pratique”. Hadrat Muhammad (aleihissalâm) dit: “L’homme
intelligent se juge sévèrement et travaille pour l’autre vie; le sot suit les caprices de sa fantaisie et
compte sur Allahu ta’âlâ pour réaliser ses espoirs!”
Mon fils! Que de nuits tu as passées en études, te privant de sommeil; je ne sais quel était ton
but. Si c’était pour ce bas monde, pour ses biens, pour ses dignités et pour t’en vanter devant tes
égaux et tes semblables, alors malheur à toi, oui malheur à toi! Si, par contre, ton intention était
de vivifier la loi du Hadrat Prophète, de former ton caractère, de soumettre ton âme portée au
mal, tu es alors bienheureux, oui, tu es bienheureux. Il a dit vrai celui qui a écrit:
“Les yeux veillent en vain toute autre que Ta Face;
En vain coulent les pleurs pour un autre que Toi”.
Choisis, mon fils, la durée de ta vie: tu mourras; l’objet de ton amour: tu le perdras; d’agir comme
il te plaît; Allah te rétribuera.
Mon fils! A quoi bon tant d’études, théologie, logique, médecine, rhétorique, poésie, astronomie,
prosodie, syntaxe, morphologie, si c’est du temps perd en désaccord avec Allah?
J’ai trouvé ceci dans l’Evangile de Hadrat Î’sâ [7]: “Entre l’instant où le mort est mis dans le
cercueil et celui où on la dépose sur le bord de la tombe, Allah, par sa Grandeur, lui pose
quarante questions dont la première est celle-ci: “Tu t’es montré, ô mon serviteur, très pur aux
yeux des créatures durant bien des années. Mais cette pureté, tu ne me l’as pas montrée, non,
pas même une heure”; et, pourtant, chaque jour Allah regarde dans ton coeur et dit: “Que de
soucis tu te donnes pour les autres quand tu es comblé de mes bienfaits! Mais toi, tu es sourd et
tu n’entend pas”!
Mon fils! Connaissance sans pratique est folie! Pratique sans connaissance, inutilité. Sache que
si la science ne t’éloigne pas aujourd’hui des choses défendues et ne t’invite pas à la soumission,
elle ne te gardera pas davantage demain du feu de l’Enfer. Ne mets pas en pratique tes
connaissances aujourd’hui et tu diras demain au jour de la Résurrection, si tu n’es pas parvenu à
rattraper les jours passés: “Laisse-nous retourner sur terre. Nous y ferons le bien” (Coran, XXXII,
12). On te dira: “Imbécile, mais tu en viens!”
Mon fils! affermis ton esprit, déroute ton âme et mortifie ton corps, car la tombe est la demeure et
le peuple des cimetières t’attend. Garde-toi bien d’arriver chez eux sans viatique. Abû Bakr as-
Siddîq [8] dit: “Les corps sont une cage ou une étable: Demande-toi ce qu’est le tien. Si tu es du
nombre des oiseaux célestes, quand tu entendras battre le tambour qui te rappellera à ton
Seigneur, tu t’envoleras à tire d’ailes jusqu’au plus haut degré du Paradis; comme le Prophète a
dit: “Le trône du Clément a tremblé à la mort de Sa ‘d bin Mu’az” [9]. Par contre, malheur à toi, si
tu es du nombre des bestiaux, suivant la parole du Tout-Puissant: “Ceux-là sont comme des
bêtes. Que dis-je, ils sont plus égarés encore” (Coran, VII, 178. Cf. aussi Coran, XXV, 46).
Ne crois donc pas être en sûreté lors de ton passage du fond de la maison terrestre au fond de
l’abîme du Feu. — On raconte qu’Al-Hasan al-Basrî a demandé un jour un verre d’eau fraîche;
lorsqu’il eut saisi le verre, il perdit connaissance et le verre tomba. Ranimé, on lui dit: “Qu’as-tu ô
Abû Sa’îd?” Il répondit: “Je me suis rappelé le désir des habitants de l’Enfer lorsqu’ils crient à
ceux du Paradis: “Répandez sur nous un peu d’eau, ou un peu de vos joies célestes!”
Mon fils! s’il te suffisait d’avoir la science abstraite, sans les oeuvres, la voix divine irait crier en
vain: “Y a-t-il quelqu’un qui appelle, qui implore, qui se repent?” On raconte qu’un groupe de
Compagnons du Raçoûlullah cita le nom d’Abdallah Bin ‘Omar (Coran, VII, 48) devant Hadrat le
Prophète, qui dit? “Ce serait un excellent homme s’il priait la nuit”. Il dit aussi à l’un de ses
Compagnons: “Ami, ne dors pas trop la nuit, car celui qui dort trop la nuit se retrouve démuni le
jour de la Résurrection!”
Mon fils! “Récite le Coran, la nuit. C’est là une oeuvre pie” [10]: c’est une injonction. — “A
l’aurore, ils étaient déjà en prière, ils demandaient pardon” (Coran, XVII, 81.): c’est une action de
grâces. – “Et ceux qui implorent le pardon d’Allahu ta’âlâ au lever de l’aurore” (Coran, LI, 18.):
c’est une invocation. Raçoûlullah a dit: “Allahu ta’âlâ aime trois voix: celle du coq, celle qui récite
le Coran et celle qui implore le pardon du Créateur à l’aurore”. Sufyân at-Tawrî (Coran, III, 15.) a
dit: “Allahu ta’âlâ fait souffler à l’aube un vent que chargent les appels et les demandes
adressées à Allahu ta’âlâ”. Il a dit aussi: “A la tombée de la nuit, un héraut crie au pied du Trône
divin: Debout, âbid d’Allah! Ils se lèvent et rendent grâces; puis un autre héraut appelle au milieu
de la nuit: Ames pieuses, éveillez-vous! Ils se lèvent et prient jusqu’au point du jour. A l’aube un
héraut appelle de nouveau: Vous qui avez à implorer pardon, debout! Ils se lèvent et implorent le
pardon d’Allah. Au lever du soleil, un dernier héraut appelle: Hommes légers, debout! Ils se
lèvent de leurs lits, tels les morts ressuscités de leurs tombes”.
Mon fils! On raconte que le sage Luqmân [11] parmi les conseils qu’il donna à son fils, place ces
paroles: “Mon fils! que le coq ne soit pas plus vigilant que toi lorsqu’il appelle Allah à l’aurore;
alors que toi, tu dors”. Et voici ces vers:
“Une colombe a gémi, dans la nuit, sur une branche:
Je dormais… Mon Allah, mon Allah! Mon amour est un menteur:
Sur un véritable amour, elle n’eût pas pris d’avance…
Je suis l’amant aux yeux secs, mais elle verse des pleurs!”
Mon fils, savoir ce que c’est qu’obéir et adorer, voilà la quintessence de la science. Elle exige,
sache-le bien, que tu suives le Législateur dans ses ordres comme dans ses défenses, qu’ils
s’agisse de paroles ou d’actions. En d’autres termes, tout ce que tu dis, fait et abandonnes, doit
être inspiré par l’observance de la Loi. Si, par exemple, tu choisis pour jeûner le jour de la Fête
du Sacrifice ou les jours consacrés à sécher au soleil la chair des victimes [12], tu enfreindras la
règle. Ou encore, si tu exécutes la prière, vêtu d’une robe arrachée par force à autrui, tu
pècheras, bien que ton acte ait les apparences d’une adoration.
Mon fils! Il te faut donc conformer tes paroles et les actes à la Loi [13]; car connaître et agir en
dehors des règles qu’elle prescrit sont des erreurs. Ne te laisse pas davantage égarer par les
excès extravagants du mysticisme: pour suivre cette voie, il faut effort et lutte, il faut suspendre
les désirs de nafs, anéantir ses caprices par le glaive de l’exercice et non par de folles et vaines
chimères. Sache que la langue débridée et le coeur comblé de désirs futiles sont des signes
funestes. Si tu n’humilies pas ton nafs par une lutte sincère contre ses désirs et ses caprices, tu
n’illumineras pas ton coeur par la connaissance. Sache aussi qu’il est impossible de répondre par
écrit ni verbalement à certaines des questions que tu m’as adressées. Si tu parviens à cet état, tu
en connaîtras la nature; sinon, le connaître est impossible parce qu’il appartient au domaine de
goût: tout ce qui relève de ce domaine, il est impossible de le décrire par des paroles, comme l’on
ne connaît la douceur de ce qui est doux et l’amertume de ce qui est amer que par le goût. Ainsi,
on raconte qu’un impuissant écrivit à un ami lui demandant de lui expliquer le plaisir sexuel. Il
reçut la réponse suivante: “O un tel, je te croyais impuissant seulement, or je constate maintenant
que tu es, à la fois, impuissant et sot; car ce plaisir est du domaine du goût: y arrives-tu? tu en
connais la nature, sinon sa description est impossible en paroles ou par écrit”.
Mon fils! Quelques-unes de tes questions ressemblent à cette dernière. Quant à celles
auxquelles on peut répondre, je les ai mentionnées dans ma Régénération des sciences
religieuses et dans d’autres de mes livres. J’en cite ici une partie tout en y renvoyant. Je dis:
“L’homme qui suit la voie de la vérité a quatre obligations à observer: C’est d’abord une foi très
vive, sans trace d’hérésie.
C’est ensuite un repentir sincère après lequel tu ne reviennes plus au péché. En outre, c’est un
effort pour contenter tes rivaux afin que personne ne puisse te réclamer une réparation
quelconque. Enfin, c’est l’étude des sciences religieuses conformément aux ordres d’Allah; puis,
celle des autres sciences qui aident au salut de l’âme.”
On raconte qu’as-Siblî [14] dit: “J’ai suivi quatre cents maîtres et j’ai lu quatre milles hadiths. Puis
j’en ai choisi une seule que j’ai mis en pratique à l’exclusion de toute autre, parce que je l’ai
médité, et j’y ai trouvé ma délivrance et mon salut. J’y ai trouvé aussi la science entière des
Anciens et des Modernes. Je m’en suis contenté. Voici cet hadîth: “Raçoûlullah dit un jour à l’un
de ses Compagnons: “travaille pour la vie d’ici-bas dans la mesure où tu résideras sur la terre;
travaille pour la vie future dans la mesure où tu dois y demeurer; travaille pour son Seigneur
autant que tu as besoin de Lui et travaille pour le feu de l’Enfer autant que tu pourrais en
supporter l’ardeur”.
Mon fils! Si tu connais cet hadith, tu n’auras pas besoin de beaucoup de science.
Médite aussi cette autre histoire: Hâtim al-Asamm [15] était du nombre des amis de Saqîq al-
Balhî [16]. Un jour celui-ci lui demanda: “Tu me suis depuis trente années déjà; quels avantages
en as-tu retirés?” Hâtim répondit: “J’en ai retiré huit qui me suffisent, parce que j’espère obtenir
par là ma délivrance et mon salut”. Saqîq demanda alors quels étaient ces avantages? Hâtim
répondit:
1) J’ai observé les créatures et j’ai vu que chacune d’elles avait un être qu’elle aimait et
chérissait. Il est de ces êtres aimés qui accompagnent la personne qui les aime jusqu’à la
maladie grave; d’autres qui l’accompagnent jusqu’au bord du tombeau puis se retirent en la
laissant toute seule; mais aucun n’entre avec elle dans la tombe. Cela m’a donné à réfléchir et je
me suis dit: “le meilleur ami de l’homme serait celui qui le servirait jusque dans la tombe pour lui
tenir compagnie”. Un tel ami, seules les bonnes oeuvres m’en ont tenu lieu. Je les ai alors
aimées afin qu’elles me soient un flambeau dans ma tombe, qu’elles m’y tiennent compagnie et
ne m’y laissent pas seul.
2) J’ai constaté, en second lieu, que les gens suivent leurs caprices et se hâtent de satisfaire aux
désirs de leurs nafs. J’ai alors médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “En revanche, ceux qui auront
respecté leur Seigneur et vaincu leurs passions, auront le paradis pour séjour” (Coran, LXXIX,
40-41). J’ai été sûr alors que le Coran est la pure vérité. Je me suis mis à combattre les
tendances de mon nafs et me suis apprêté à leur faire la guerre et à barrer la route à ses
caprices jusqu’à ce qu’elle devienne docile et s’habitue à se soumettre à Allah.
3) J’ai vu tous les êtres humains courir après les biens du monde, les tenir et les garder
âprement; j’ai alors médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “Vos biens sont périssables, les biens d’Allah
sont éternels” (Coran, XVI, 98). Ce que je possédais, je l’ai alors dépensé pour l’amour d’Allahu
ta’âlâ et l’ai distribué aux pauvres afin qu’il me soit un trésor auprès d’Allahu ta’âlâ.
4) J’ai vu certaines personnes croire que l’honneur et la puissance résidaient dans le nombre des
clientèles et des partisans; je les ai vues s’en vanter. D’autres prétendaient qu’ils résidaient plutôt
dans les biens et le grand nombre des enfants; elles en étaient fières. D’autres ont cru que la
puissance et l’honneur consistaient à enlever de force les biens de leurs semblables, à les traiter
injustement et à verser leur sang. Un groupe, enfin, a cru que cette puissance résidait dans la
dépense des biens, dans leur dissipation et dans la prodigalité avec laquelle on en usait; j’ai alors
médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “Le plus méritant auprès d’Allahu ta’âlâ est celui qui le craint le
plus”(Coran, XLIX, 13.). J’ai donc opté pour cette crainte d’Allahu ta’âlâ et j’ai fermement cru que
le Coran est la pure vérité et que les conjectures de ce groupe et ses considérations sont vaines
et éphémères.
5) J’ai vu les gens se dénigrer ou se calomnier; j’en ai trouvé la cause dans la jalousie suscitée
par les biens, le prestige et la science. J’ai donc médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “C’est nous qui
leur avons réparti la nourriture en ce monde” (Coran, XLIII, 31.). J’ai alors appris que la
distribution, à l’origine, a été faite par Allahu ta’âlâ; je n’ai plus jalousé personne et je me suis
contenté de la répartition des biens telle qu’elle avait été faite par Allahu ta’âlâ.
6) J’ai vu les gens se déclarer ennemis pour toute sorte de fins et de motifs; j’ai alors médité la
parole d’Allahu ta’âlâ: “Satan est votre ennemi. Considére-comme tel” (Coran, XXXV, 6.). J’ai
donc appris qu’il n’était pas permis d’avoir d’autre ennemi que Satan.
7) J’ai vu tous les hommes travailler avec tant d’ardeur et prodiguer tant d’efforts en vue d’obtenir
leur nourriture et leur subsistance qu’ils devenaient souvent l’objet de soupçons et d’accusations,
qu’ils se dégradaient et se déshonoraient. J’ai donc médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “Il n’est point
d’être vivant sur terre qui ne s’en remette à Allahu ta’âlâ de le nourrir” (Coran, XI, 8.). J’ai alors
compris que ma subsistance dépend d’Allahu ta’âlâ et qu’IL me la garantit. Je me suis mis à
l’adorer et j’ai cessé de convoiter autre chose.
J’ai vu tous les êtres humains se fier à la créature; à l’argent, aux biens et à la propriété, au
métier et à l’industrie, enfin à un autre être humain. J’ai alors médité la parole d’Allahu ta’âlâ:
“Allah suffit à qui s’y fie. Il réalise toujours ses desseins. Il les réalise à son heure” (Coran, LXV,
3.). J’ai donc pleine confiance en Allahu ta’âlâ qui me suffit et qui est le meilleur des protecteurs.
Saqîq dit: “Qu’Allah t’assiste, ô Hâtim, j’ai examiné la Thora, les Psaumes, l’Evangile et le Furkan
[17] et j’ai constaté que les quatre livres ont pour objet ces huit avantages. Celui donc qui les met
en pratique mettra en pratique, par le fait même, les préceptes de ces quatre livres”.
Mon fils! Tu as appris par ces deux récits que tu n’as pas besoin de pousser trop loin ta science;
et maintenant voici ce que doit faire celui qui suit la voie de la vérité.
Sache qu’à celui qui suit la voie d’Allahu ta’âlâ, il faut un maître pour guide et éducateur, qui, par
sa bonne éducation, corrigera les mauvais penchants et leur substituera de bonnes habitudes.
L’éducation ressemble, en effet, au travail du laboureur qui déracine les épines, sarcle le blé afin
qu’il pousse mieux et donne une abondante moisson. Tout homme donc qui désire suivre la vraie
voie ne peut se passer d’un maître pour l’éduquer et le guider dans la voie d’Allahu ta’âlâ. Allahu
ta’âlâ a, en effet, envoyé un Apôtre pour guider les créatures Vers Lui. Cet Apôtre laisse après sa
mort des successeurs pour servir de guides dans la voie d’Allah. Le Maître capable de remplacer
le Prophète doit être savant. Cela ne veut pas dire que tout savant peut être un successeur du
Prophète! Je vais d’ailleurs t’indiquer les principaux signes distinctifs qui le caractérisent, afin que
tout savant ne prétende pas à la qualité de guide. Je pense qu’il y faut un homme qui s’éloigne
du monde et de ses honneurs; il doit aussi avoir fréquenté assidûment un homme perspicace qui,
par d’autres intermédiaires, remonte au Seigneur des prophètes. Il doit, également, pouvoir
s’habituer à manger peu, à dormir peu et à parler peu. Il doit, en outre, prier beaucoup, jeûner de
même et faire fréquemment l’aumône. Il doit aussi, grâce à la fréquentation de son propre Maître
perspicace, marcher dans la voie des vertus morales comme la patience, la prière, la
reconnaissance, la certitude, la quiétude, la longanimité, l’humilité, la science, la sincérité, la
pudeur, la fidélité à ses promesses, le sérieux, le calme, la réflexion et autres vertus semblables.
Il est donc une des lumières qui peuvent être prises pour modèle, lumière du Prophète; mais on
le rencontre rarement, bien plus rarement qu’on ne rencontre le soufre rouge! Et celui qui a le
bonheur de trouver un tel Maître et d’être agréé par lui, doit le respecter extérieurement et
intérieurement. Le respect extérieur doit se manifester par la soumission complète au Maître; le
disciple ne doit pas non plus protester à propos de telle ou telle question, même lorsqu’il connaît
l’erreur du Maître. Il ne doit pas non plus étendre son tapis de prière devant lui en dehors des
heures de prière. La prière terminée, le disciple enlèvera le tapis et ne multipliera pas les prières
surérogatoires devant lui; et il exécutera les ordres du Maître selon ses forces et sa capacité. —
Quant au respect intérieur, voici en quoi il consiste: tout ce que le disciple aura entendu et
accepté extérieurement de la part du Maître, il ne doit pas le nier intérieurement; autrement il
serait taxé d’hypocrisie; s’il n’arrive pas à cette sincérité totale, il quittera la présence de ce
Maître jusqu’à ce que l’adhésion interne soit en harmonie avec l’adhésion externe. Il devra aussi
se prémunir contre les mauvaises fréquentations afin que le pouvoir des démons et des hommes
pervers n’ait point de prise sur son coeur: il sera alors exempt de souillure satanique. Dans tous
les cas, il optera pour la pauvreté, non pour la richesse.
Sache de plus que le mysticisme requiert deux qualités: la droiture avec Allahu ta’âlâ et la
longanimité avec les hommes.
Celui qui est droit avec Allahu ta’âlâ, et qui se conduit bien avec les gens, les traitant avec
patience, est un mystique. La droiture avec Allahu ta’âlâ consiste à sacrifier les désirs de son
nafs aux ordres d’Allah. — Se bien conduire avec les autres c’est ne pas les obliger à suivre tes
désirs, mais c’est t’obliger toi-même à suivre leur volonté, à condition qu’ils ne dérogent pas aux
lois de la religion.
Tu m’as interrogé aussi sur la soumission à Allahu ta’âlâ. Elle repose sur trois principes:
1) Observer les préceptes de la religion (les commandements et les interdits de l’Islâm)
2) Accepter sans protester la destinée telle qu’Allah l’a voulue.
3) Chercher à satisfaire le vouloir divin plutôt que sa volonté propre.
Tu m’as interrogé sur la confiance en Allahu ta’âlâ:
Allahu ta’âlâ veut que tu renforces ta Foi en ses promesses, c’est-à-dire que tu croies d’une part
que ce qui a été écrit à ton sujet s’accomplira sans aucun doute, quand bien même l’Univers
conjuguerait ses efforts pour te l’éviter; d’autre part, que ce qui n’a pas été écrit pour toi, ne
t’arrivera pas, quand bien même tout le monde t’aiderait.
Tu m’as interrogé sur la sincérité; elle veut que toutes tes actions soient pour Allah. Que ton
coeur donc ne se réjouisse pas de louanges que les gens t’adresseront; ne te soucie pas non
plus de leur blâme.
Sache que l’hypocrisie naît de la flatterie adressée aux autres. Tu la guériras en considérant
qu’ils sont dominés, comme des objets, incapables de procurer du repos ou de causer de la
fatigue: tu peux donc éviter l’hypocrisie à leur égard. Tandis que si tu leur attribues un pouvoir et
une volonté propres, tu seras fatalement poussé à l’hypocrisie!
Mon fils! Quelques-unes seulement des réponses à tes autres questions se trouvent formulées
dans mes ouvrages, consulte-les à leur sujet. Quant aux autres, elles ne sauraient être écrites.
Mets en pratique ce que tu sais, pour que l’on te soit révélé ce que tu ignores.
Mon fils! Ne me propose donc désormais les problèmes qui t’embrassent que par la voie
intérieure. Et rappelle-toi la parole d’Allahu ta’âlâ: “Il vaudrait mieux pour eux attendre…” (Coran,
XLIX, 5.). Accepte le conseil de Hızır aleihissalâm [18]: “Ne me demande jamais aucune
explication avant que je ne t’informe moi-même” (Coran, XVIII, 69.). Ne sois pas pressé. Tout
arrive et te sera dévoilé en son temps. As-tu médité la parole d’Allahu ta’âlâ: “Un jour viendra où
Je vous produirai mes miracles. Ne vous montrez pas impatients” (Coran, XXI, 38.). Ne
m’interroge donc pas avant l’heure et sois sûr et certain que tu n’arriveras qu’à force de
marcher… “N’ont-ils jamais parcouru le monde? ils auraient connu la fin malheureuse de leurs
devanciers” (Coran, XXX, 8; XXXV,43; XL, 22.).
Mon fils! Je t’assure que si tu marches dans la voie de soufisme, tu verras des merveilles à
chaque étape. Sacrifie ton âme, car l’essence est dans le sacrifice, comme l’a dit Dû n-Nûn al-
Misrî [19] à l’un de ses disciples: “Si tu peux donner ta vie, viens à moi; sinon ne t’occupes pas
des futilités du Soufisme”.
Mon fils! je vais te donner huit conseils; reçois-les pour que ta science ne soit pas ton ennemie
au jour de la Résurrection; quatre concernant ce que tu dois pratiquer et quatre, ce que tu dois
éviter.
Voici d’abord ce que tu dois éviter:
1) Te garder absolument de discuter avec autrui, car la discussion cause bien des dommages et
recèle plus de mal que de bien. Elle est, en effet, la source de tous les vices comme l’hypocrisie,
la jalousie, la fierté, la rancune, l’inimitié, l’orgueil et les autres. Certes tu peux discuter sur une
question avec une personne ou un groupe da personnes mais à condution que tu veuilles leur
montrer la vérité. Et ce vouloir doit s’accompagner de deux signes:
N’établir aucune différence entre la vérité découverte par toi et celle qui serait découverte par un
autre.
Préférer discuter dans un lieu retiré plutôt que devant une grande assemblée.
Ecoute, je vais te donner une règle:
Sache que poser des questions au sujet de certaines difficultés, c’est exposer une maladie de
coeur au médecin; la réponse, c’est l’effort que le médecin prodigue pour la guérir.
Sache aussi que les ignorants sont des cardiaques et les savants, leurs médecins. Le savant
incomplet ne réussit pas le traitement. Le savant vraiment savant ne traite pas tout malade, mais
seulement celui qu’il estime apte à recevoir le traitement et le salut. Si le mal est chronique ou
incurable, l’art du médecin est de dire: celui-là est inguérissable. Il ne s’occupera donc pas de la
soigner, car il perdrait son temps.
Sache qu’il y a, sous le nom d’ignorants, quatre espèces de malades: l’un est curable, les autres
non. Le premier de ceux-ci est celui dont les questions et les réponses sont provoquées par la
jalousie et la haine [20].
Répondre au jaloux de son mieux, avec éloquence et clarté, c’est le pousser davantage dans la
voie de la haine, de l’inimitié et de la jalousie. Il ne faut donc pas se soucier de lui:
“On espère guérir toutes les maladies, hormis l’inimitié dont la cause est l’envie”.
Tu dois donc t’éloigner de lui et l’abandonner avec sa maladie. Allahu ta’âlâ, n’a-t-il pas dit:
“Ecarte-toi de celui qui refuse de Nous prier et qui ne recherche que les plaisirs de ce bas
monde”? (Coran, LIII, 30; XX, 17.)
Le jaloux, par ses propos et par ses oeuvres, incendie le grain de ses actes. Comme l’a dit notre
Prophète Muhammad aleihissalâm: “La jalousie dévore les bonnes actions, comme le feu
consume le bois”.
Le mal du second vient de sa sottise. Lui aussi est inguérissable. Comme l’a dit Îsâ aleihissalâm:
“Il ne m’a pas été impossible de ressusciter les morts, mais j’ai été incapable de guérir les sots”
[21]. Car le sot est un homme qui travaille à apprendre en peu de temps quelque chose, tant
dans les connaissances révélées que dans les rationnelles. Poussé par sa sottise, il interroge et
contrarie le grand savant qui a passé sa vie à étudier les sciences révélées et rationnelles. Ce sot
est un ignorant qui s’imagine cependant que ce qui l’embarasse, embarasse aussi le grand
savant [22]. S’il ne se rend pas compte de cette erreur, ses questions et ses répliques viennent
de sa sottise. Tu n’as donc pas à t’occuper de lui répondre.
Le troisième demande à être dirigé: tout ce qu’il ne comprend pas dans les paroles des grands
savants, il en attribue la cause à la faiblesse de ses facultés intellectuelles. S’il interroge, c’est en
vue de tirer profit de la réponse, mais c’est un sot qui ne saisit pas les vérités; il ne faut pas non
plus t’occuper de lui répondre, comme a dit Muhammad aleihissalâm: “Nous, les prophètes, il
nous a été ordonné de parler aux gens selon leur intelligence”.
Le seul qui soit curable, c’est le vrai chercheur de la vérité: sage et compréhensif; il ne doit pas
être l’esclave de la jalousie, de la colère, des honneurs, des biens de ce monde et des passions.
Il doit rechercher la voie droite. Ses questions et ses réponses ne doivent être suscitées ni par
l’envie, ni par l’entêtement ni par un amour excessif de la critique. Celui-là est guérissable; tu
peux donc te soucier de lui répondre; bien plus: tu dois lui répondre.
2) Tu dois, en second lieu, éviter avec le plus grand soin d’être un sermonneur et un
missionnaire. Car cela présente bien des inconvénients. A moins, toutefois, que tu ne joignes
l’exemple à la parole; puis tu inviteras les autres à t’imiter. Médite la parole qui fut dite à Hadrat
Î’sâ fils de Marie: “Sermonne alors ton nafs d’abord; si elle en profite, sermonne alors les autres.
Sinon, aie honte devant ton Seigneur”. Mais si tu te vois contraint d’entreprendre cette tâche,
garde-toi de deux défauts:
De l’affectation dans la parole, les expressions, les gestes, les extravagances, les vers et les
strophes. Allahu ta’âlâ déteste les hommes affectés. L’affectation révèle en effet, le désordre et
l’insouciance intérieurs. Prêcher, c’est pousser l’homme à se rappeler le feu de l’autre vie, sa
négligence à servir le Créateur, le temps passé à s’occuper de choses inutiles; c’est l’inviter à
penser aux obstacles qui peuvent l’empêcher de croire en l’au-delà, à penser aussi à l’état dans
lequel il se trouvera entre les mains de l’ange de la mort, à se demander s’il peut répondre aux
questions de Munkar et de Nakr [23], à s’occuper sérieusement de son état au jour de la
résurrection. Pourra-t-il passer sain et sauf le pont [24] qui sépare ce monde de l’autre ou bien
tombera-t-il dans le précipice? toutes ces choses resteront gravées dans son coeur et le
tourmenteront. L’embrassement du Feu, les lamentations à la pensée de ces malheurs, cela
s’appelle l’avertissement.
Informer les gens et leur montrer ces choses, attirer leur attention sur leur négligence et leurs
excès, les inciter à penser à leurs défauts afin que l’ardeur de ce Feu touche les membres de
l’assemblée et que ces malheurs les effrayent de telle sorte qu’ils rattrapent, dans la mesure du
possible, les jours passés de leur vie et regrettent ceux qui ont été employés à autre chose qu’à
la soumission à Allahu ta’âlâ, ces idées que je viens de résumer forment ce que l’on appelle un
sermon. Si tu voyais l’inondation atteindre une maison où se trouve ton semblable avec toute sa
famille, tu crierais: “Prenez garde! prenez garde! fuyez devant le torrent!” Dans une pareille
situation, tu n’avertirais pas le propriétaire de la maison avec des manières, des expressions
affectées, des traits d’esprit et des allusions, certes pas! Ainsi doit être le prédicateur: il doit éviter
tout cela.
Le deuxième défaut, c’est de prétendre à soulever tes auditeurs pour qu’ils expriment avec
ostentation leur enthousiasme devant tes dons et ton génie, par exemple en déchirant leurs
vêtements, afin qu’on se récrie: Quel extraordinaire orateur! Tu ne pencherais alors que vers les
choses d’ici-bas, ce qui est un fruit de la futilité. Mais ton élan et ton ardeur doivent prendre pour
buts d’appeler les gens de ce monde à l’autre, de la désobéissance à l’obéissance, de
l’attachement aux choses de ce monde à la vie ascétique, de l’avarice à la générosité, du doute à
la certitude, de l’oubli négligent au sursaut de la conscience, de la vanité à la piété; et de leur
faire aimer l’au-delà et détester ce monde; de leur apprendre la science de l’adoration et de
l’ascétisme; et de ne pas les faire présumer de la générosité d’Allahu ta’âlâ, ni de sa miséricorde;
car ce qui domine leur nature, c’est l’éloignement de la voie de la religion, la recherche de ce
qu’Allahu ta’âlâ n’agrée pas et la pratique des mauvaises moeurs. Jette alors la peur dans leurs
coeurs, effraie-les, terrifie-les, qu’ils redoutent le péril qui les attend, ils s’attacheront alors
fermement à obéir à Allahu ta’âlâ et à cesser de Lui désobéir.
Telle est la voie à suivre pour sermonner autrui et lui donner des conseils. Toute autre manière
de prêcher constitue un danger pour celui qui parle comme pour celui qui écoute. Bien mieux, on
l’a dit: un mauvais prédicateur est un monstre de perfidie diabolique qui écarte les gens de la voie
droite pour les perdre. Ils doivent donc le fuir, car Satan en personne n’altérait pas leur Foi autant
que lui. L’auditeur qui en aurait le pouvoir devrait le faire descendre de la chaire et l’empêcher de
poursuivre ses ravages — conséquence naturelle du précepte qui commande de faire le bien et
interdit de pratiquer le mal.
3) Tu dois, en troisième lieu, éviter de fréquenter les princes et les sultans. Tu dois même éviter
de les rencontrer, car leur rencontre et leur société, autant que leur fréquentation, constitue un
danger. Si, cependant, tu es obligé de les fréquenter, évite de les complimenter, car Allahu ta’âlâ
est courroucé quand on loue les oppresseurs et les scélerats. Et celui qui implorerait pour eux
une longue vie, exprimerait ainsi le désir qu’il soit désobéi à Allahu ta’âlâ sur la Terre.
4) Tu dois, quatrièmement en enfin, éviter d’accepter quoi que ce soit des dons et des cadeaux
des Sultans, quand bien même tu serais sûr qu’ils ont été bien acquis. Car, accepter leurs dons,
c’est corrompre la religion, puisque c’est en venir à les flatter, les respecter, à approuver leur
injustice. Tout cela corrompt la religion. Le moindre mal qui puisse en résulter c’est qu’en
acceptant leurs dons et en profitant de leurs richesses, tu n’en arrives à aimer ces Sultans. Or,
celui qui aime quelqu’un, aime par le fait même à le vivre le plus longtemps possible et demeurer
en ses fonctions. — Prendre plaisir à voir persister l’injustice, c’est vouloir que l’injustice opprime
les créatures d’Allahu ta’âlâ, c’est vouloir la ruine du monde. Quoi de plus nuisible à la foi et à la
fin de l’homme? Garde-toi bien d’être fasciné par le démon ou trompé par des paroles comme
celles-ci: “Qu’il vaut mieux soutirer de l’argent de ces Sultants pour le donner aux pauvres. Ils
dépensent, eux, cet argent dans la débauche et la désobéissance; tu le dépenseras, toi, pour les
faibles: tu agis donc mieux qu’eux”. Le maudit a coupé le cou à beaucoup de gens par des
tentations semblables et les dégâts qu’il a causés sont profonds et immenses. J’en ai parlé dans
la Régénération des sciences, consulte cet ouvrage.
Voici maintenant les quatre autres conseils que tu dois mettre en pratique:
1) Ta conduite avec Allahu ta’âlâ doit être telle que si ton serviteur agissait de même avec toi, tu
en serais content, n’y trouverais nulle offense et nul sujet de colère; ce que, par contre, tu ne
permets pas à ton prétendu serviteur, Allahu ta’âlâ, qui est ton vrai Maître, ne l’acceptera pas,
non plus, de ta part.
2) Fais à autrui ce que tu voudrais qu’il te fit, car la foi de l’homme n’est parfaite que lorsqu’il
désire pour tout le monde ce qu’il aime pour soi-même.
3) Soit que tu enseignes ou que tu étudies, il faut que ta science améliore ton coeur et ton âme.
Si tu apprenais qu’il ne te reste à vivre qu’une semaine, tu ne t’occuperais alors ni de
jurisprudence, ni de controverse, ni de sources [24] ni de théologie ou d’autres sciences
semblables, parce que tu sais qu’elles ne t’enrichissent pas. Mais tu t’occuperais de surveiller ton
coeur et d’étudier les dispositions de ton âme, de t’éloigner des attaches du monde et de purifier
ton âme des mauvaises habitudes, tu t’occuperais d’aimer Allahu ta’âlâ, de l’adorer et d’acquérir
les plus belles vertus. Souviens-toi que l’homme, chaque instant, peut mourir.
Mon fils, écoute encore ces quelques paroles, médite-les bien pour y trouver ton salut. Si l’on te
disait que le sultan va venir te faire visite dans une semaine, je sais bien qu’alors tu ne
t’occuperais qu’à améliorer ce qui va tomber sous ses yeux: vêtements, corps, maison, meubles,
etc. Maintenant, médite ce que je viens de te signaler; car tu es capable de comprendre et celui
qui est intelligent saisit, en peu de mots. Le Prophète aleihissalâm, bien-aimé d’Allahu ta’âlâ dit:
“Allahu ta’âlâ ne regarde pas vos visages, ni vos actions, mais IL regarde vos coeurs et vos
intentions.” Si tu veux savoir les états que peut connaître le coeur, reporte-toi à la “Ihyâ-ul-ulûmid-
dîn” et à d’autres de mes ouvrages. Car cette science est un devoir individuel [25]; les autres
sont des devoirs qui incombent à l’ensemble de la communauté [26], sauf ce qui touche aux
devoirs envers Allah, tels les ablutions rituelles, les prières et autres.
Qu’Allahu ta’âlâ t’assiste pour que tu apprennes et pratiques tout ce que je viens de t’exposer, si
Allah le veut.
4) N’amasse pas des biens de ce monde plus qu’il ne te faut pour entretenir ta famille pendant
une année: ainsi faisait Muhammad aleihissalâm avec certaines de ses femmes. Il disait: “Mon
Allah fais que la nourriture de la famille de Muhammad aleihissalâm soit suffisante”. Il n’agissait
ainsi que pour ses femmes dont la résignation (à cause de l’humanité) était faible. Pour celles
dont la résignation était ferme, il se bornait à souhaiter la nourriture d’un jour ou même d’une
demi-journée.
Mon fils, j’ai écrit cette lettre sur tes instances. Il te reste à la mettre en pratique; et ne m’obulie
pas dans tes pieuses prières. Quant à l’oraison que tu m’as demandée, cherche-la dans les
invocations que rapportent les Traditions authentiques. Récite, cependant, l’appel suivant dans
les circonstances critiques et surtout à la fin de tes prières:
“Mon Allah, je te demande une grâce totale, une protection constante, une miséricorde complète,
une santé effective, une vie large, une existence heureuse, des bienfaits extrêmes, des faveurs
en tous domaines, des marques de la plus délicate générosité et de la bonté la plus directe.
“Mon Allah, sois avec nous et ne sois pas contre nous.
“Mon Allah, termine par le bonheur nos vies; réalise largement nos espoirs; joins par la santé nos
matins à nos soirs; dirige notre fin vers ta misércorde; déverse l’abondance de ton pardon sur
nos fautes; accorde-nous la faveur de nous corriger de nos défauts; fais de la piété notre
viatique; dirige vers ta religion notre effort, mets en Toi notre confiance et sois notre constant
appui. Mon Allah, affermis-nous dans la voie de la droiture; éloigne-nous pendant cette vie de ce
qui pourrait causer notre repentir, au jour de la Résurrection; allège-nous le poids des péchés;
donne-nous le pain halâl; écarte de nous la malice des Méchants; délivre nous, ainsi que nos
pères et mères, nos frères et soeurs, du Feu de l’enfer par ta miséricorde, ô très Fort, très
Miséricordieux, Généreux et Protecteur; ô très Savant et très Puissant, ô mon Allah, ô mon Allah,
ô mon Allah, par ta miséricorde, ô Toi le plus Miséricordieux des miséricordieux, l’Alpha et
l’Oméga; ô Toi, Possesseur de la plus grande force, qui as pitié des pauvres et des déshérités, et
le très Misérocordieux; il n’y a pas d’autre dieu que Toi. Gloire à Toi, j’ai été du nombre des
Injustes; et bénédiction d’Allah sur notre Prophète Mohammad aleihisselâm, sa Famille et tous
ses Compagnons (Ashab), et louange à Allahu ta’âlâ, Maître des Mondes.
Notre Prophète “sallallahu aleihi wa sallam” a communiqué: “La personne qu’Allah le Très-Haut
apprécie le plus, c’est celle qui apprend sa religion et qui l’enseigne aux autres. Apprenez votre
religion de la bouche des savants islamiques!”
Celui qui ne peut pas trouver un vrai savant doit étudier les livres des savants Ahl-i sunna et
essayer de les propager. Un musulman qui a de la connaissance, de la pratique et de la sincérité
s’appelle “savant islamique”. Si l’une de ces trois particularités n’existe pas chez quelqu’un qui
fait semblant de savant est appelé “bigot ou religieux malfaisant”. Le savant islamique est le
gardien de la religion, mais le bigot est le collaborateur du Satan [27].
Notes:
[1] On peut aussi traduire par: “la vivification des sciences religieuses”: c’est le principal ouvrage
d’al-Gazâlî parmi ceux qui s’adressent au grand public. Cet important et célèbre ouvrage est
l’expression la plus claire et la plus adéquate de la crovance Ahl-i Sunna (sunnite) de l’Islâm. Il
est fondé sur la révélation (le Coran, Kur’ân-al karîm) la Tradition et sur le sentiment même de la
piété, non sur la théologie dialectique; et il s’adresse à la généralité des croyants. Il est composé
avec un très grand art, partagé en quatre quarts contenant chacun 10 livres ou traités spéciaux.
Le premier quart a pour objet les pratiques religieuses essentielles: la pureté légale, les ablutions
rituelles, la prière, l’aumône, le jeûne, le pèlerinage, la lecture ou la récitation du Coran, son
explication, les heures canoniques. Au début sont deux traités sur la science et sur las
fondements de la foi.
Le second quart a pour objet les bonnes moeurs: dans la nourriture, la mariage, le commerce, les
affaires, les voyages. Il contient aussi des traités sur l’amitié et la fraternité, la retraite et la vie
solitaire, le licite et l’illicite, l’audition de la musique et des chants; il est terminé par des exemples
tirés de la vie du Hadrat le Prophète.
Les deux autres quarts, plus étendus que les deux précédents, sont consacrés à la mystique et à
sa morale: le troisième quart, la partie négative de cette morale; le quatrième, la partie positive,
ou: ce qui perd et ce qui sauve. La partie négative roule sur la correction des moeurs, le
refrènement des appétits de la chair, les dangers de la langue, et contient des traités contre la
colère, la haine, l’envie, l’avarice, l’amour de l’argent, contre l’orgueil, l’amour de la gloire et des
honneurs. Enfin les livres de la partie positive portent des titres qui sont des noms d’états
mystiques: le repentir, la patience et la reconnaissance, la crainte et l’espérance, la pauvreté et
l’ascétisme, l’amour et le désir, la familiarité et la satisfaction avec Allah et l’abandon à Allah. Les
derniers livres sont sur la mort, la résurrection et les états de l’au-delà.
Al-Gazâlî renvoie bien souvent dans la Lettre au Disciple [“Ayyuhal Walad”] la Régénération.
C’est pourquoi nous en avons donné cette courte analyse.
[2] Sikanjabine: mot persan d’un remède désignant un breuvage composé d’eau, de miel ou de
sucre et de vinaigre.
[3] Vers en persan dans le texte.
[4] Hadîth = Tradition. Ce mot signifie d’abord une communication ou un récit en général, de
nature profane ou religieuse, puis en particulier “une information relative aux actes ou aux
paroles du Hadrat le Prophète Muhammad aleihissalâm”. C’est dans ce dernier sens qu’il est
employé dans ce texte. Cf. Encyc. de l’Islâm II, 201.
[5] Walî (Saint) et théologien célèbre du premier siècle de l’hégire (642-728). Cf. Encycl. de
l’Islâm, II, 290. On appelle ce grand savant Islamique Tabi’în parce qu’il vecut à l’époque des
Compagnons (Ashâb-ı kiram) de Muhammad aleihissalâm.
[6] ‘Alî, fils d’Abû Tâlib, cousin et gendre du Hadrat le Prophète Muhammad alehissalâm, IVème
Calife ahl-i Sunna (décédé en 61 = 40 de l’hégire). Il était âgé de 63 ans.
[7] En réalité ce sont des paroles de l’Evangile original.
[8] Premier Calife de Muhammad aleihissalâm (décédé en 634 = 13 de l’hégire).
[9] Il mourut par suite des blessuers reçues à la bataille du Fossé de Médine, l’an 5 de l’hégire.
[10] Fils aîné du deuxième Calife ‘Omar Bin Hattab (Radıallahu anh). Il fut en particulier l’un
d’Ashâb-ı kirâm les plus considérés de Muhammad aleihisalâm (décédé en 693 = 73 de l’hégire).
Il était agé de 89 ans.
[11] Célèbre savant en religion, mujtahid et walî (Saint Islamique) du 2ème siècle de l’hégire.
[12] Il s’agit des trois jours qui suivent immédiatement la Fête musulmane de Sacrifice. En effet,
la viande des bêtes sacrifiées est desséchée pour être gardée et consommée plus tard. — On
partage la viande des bêtes sacrificiées en trois parties; on en donne une partie aux pauvres et
aussi une partie aux voisins et une partie chez-soi.
[13] Religion, sharia.
[14] Jurisconsulte (savant de fıqh) célèbre. Il naquit en 861, et mourut en 945. Il eut ausi un
penchant pour le tasawwuf (soufisme). Il était un grand walî (Saint).
[15] Maître de Hatim al-Atamm décédé en 790.
[16] Grand awliya, soufiste, né à Balh, où il mourut en 852. On dit qu’il feignit d’être sourd; d’où
son sobriquet.
[17] Autre nom du Coran; il distingue le vrai du faux.
[18] Il a vécu après Hadrat Ibrahîm. Il est un Prophète ou Walî (Saint). Il a voyagé avec Moûçâ
aleihissalâm. Son âme paraissait en forme d’homme pour aider les pauvres.
[19] Originaire de Nubie, (la région au sud de l’Egypte, à la frontière de l’Ethiopie), mourut à
Baghdad en 860. Il est le grand soufiste, comme le premier, qui a systématisé la connaissance
de tasawwuf en Egypte.
[20] Textuellement: de jalousie, les ignorants qui suivent leurs caprices, jalousent les savants
Islamiques.
[21] C’est un miracle de Jésus (Îsâ aleihissalâm). Il ressuscitait les morts. Il dit: “Je n’ai pas pu
faire saisir la vérité aux personnes imbéciles”.
[22] L’auteur vise les détracteurs.
[23] Noms de deux anges qui examinent et punissent sérieusement les morts dans leurs tombes.
Les deux anges interrogent les morts avec sévérité et grandeur par le commandement d’Allahu
ta’âlâ. Cf. Encyc, de l’Islam Alimleri. A comparer avec Gaude-Froy-Demombynes, Les Institutions
Musulmanes, page 64: “A peine s’est éteint le bruit des pas de ceux qui l’ont enfermé dans la
tombe, que le mort est visité par deux anges terribles, Nakîr et Munkar, qui l’interrogent: “Quel est
ton Seigneur? Quelle est ta foi? Quel est ton prophète? S’il répond en récitant la profession de foi
musulmane, la “chahâda” qu’on a répétée autour de lui avant sa mort et qui doit avoir été le
thème de ses dernières paroles, les anges le quittent doucement et ouvrent dans la tombe une
porte d’où il peut voir son siège dans le Paradis. S’il ne répond pas ou s’il répond mal, les anges
le frappent avec des massues de fer et dans la tombe une porte s’ouvre qui lui montre sa place
en Enfer”.
[24] Il s’agit des sources de la croyance et du droit Islamique, c’est-à-dire du Coran, des Hadiths,
etc…
[25] Fard ‘ayn; c’est-à-dire devoir qui doit être accompli par tous les musulmans et
individuellement.
[26] Fard kifâyah, c’est-à-dire prière collective qui est accomplie par une partie quelconque de la
communauté musulmane, sans que tous ses membres soient individuellement tenus de
l’accomplir. Quand quelques Musulmans l’accomplissent, les autres ne doivent pas le faire.
[27] La connaissance qui n’est pas acquise avec sincérité pour la pratiquer n’a aucune utilité.
(Hadika). V.1. page 366 et 367 et (Maktubât) volume 1. lettres 36, 40, 59 et 157.
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