Apostolat – 1 – Sa nature et sa nécessité

Vous pouvez voir que Dieu a très gracieusement fourni à l’homme tout ce dont il a besoin dans cet univers. Le nouveau-né vient au monde avec des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, un nez pour sentir et respirer, des mains pour toucher, des pieds pour marcher, et un esprit pour penser et réfléchir. Toutes les facultés et pouvoirs dont il pourra avoir besoin quand il sera un homme, ont été merveilleusement logés dans son petit corps. Les moindres besoins ont été prévus, rien n’a été oublié. Il en est de même dans l’univers où il vit, Tout ce qui est essentiel à son existence y est fourni en abondance – air, lumière, chaleur, eau, etc. Du jour où il ouvre les yeux, l’enfant trouve sa nourriture dans le sein de sa mère. Ses parents l’aiment instinctivement, et dans leur cœur a été implanté l’instinct protecteur qui les incite à l’élever et à sacrifier leur bien-être pour le sien propre. Ainsi, affectueusement protégé, l’enfant atteint la maturité et à chaque stage de sa vie trouve dans la nature tout ce dont il a besoin. Toutes les conditions matérielles de survie et de croissance lui sont fournies et il peut se rendre compte que l’univers tout entier est à son service et le sert à chaque instant. Bien plus, l’homme a la chance de disposer de tous les pouvoirs et facultés – physiques, mentaux et moraux – dont il a besoin dans sa lutte pour la vie. A ce propos, Dieu a pris des dispositions merveilleuses: Il n’a pas réparti les dons strictement également entre les hommes. S’il l’avait fait, cela aurait rendu les hommes totalement indépendants les uns des autres et aurait ainsi nui à la conception de coopération et d’entraide. Donc, bien que l’humanité dans son ensemble dispose de tout ce dont elle a besoin, entre les hommes cependant les facultés sont distribuées inégalement et avec parcimonie. Certains ont une grande force physique, d’autres se distinguent par leurs capacités intellectuelles. Certains sont nés avec une grande aptitude pour les arts, la poésie, la philologie, d’autres ont des talents d’orateur, ou le sens de la stratégie, des dons pour le commerce, l’esprit mathématique, la curiosité scientifique, l’observation littéraire, un penchant pour la philosophie… Ces aptitudes particulières distinguent chaque homme, et lui permettent de saisir les subtilités qui échappent au commun des mortels. Ces institutions, ces aptitudes et ces talents sont des dons de Dieu. Ils sont dans la nature de ceux que Dieu a destinés à être ainsi distingués. Ces dons sont innés et ne peuvent s’acquérir par l’entraînement ou l’éducation. Si l’on songe à cette répartition des dons divins, on s’aperçoit qu’elle a été merveilleusement faite. Les capacités qui sont essentielles pour la survie de la culture humaine ont été données à l’homme moyen. tandis que les talents extraordinaires qui ne sont nécessaires que dans une mesure moindre, ont été donnés seulement à un petit groupe de gens. Il y a un grand nombre de soldats, de paysans, d’artisans, d’ouvriers; mais les chefs militaires, les savants, les hommes d’état et les intellectuels sont relativement peu nombreux. Il en est de même dans tous les domaines. La règle générale semble être la suivante plus une faculté est développée, plus le génie est grand, moins il y a de gens qui le possèdent. Les grands génies qui laissent une empreinte ineffaçable sur l’histoire humaine et dont les exploits ouvrent la voie à l’humanité pendant des siècles, sont encore bien moins nombreux. Ici se pose une autre question l’humanité a-t-elle besoin d’experts et de spécialistes uniquement dans le domaine du droit, de la politique, de la science, des mathématiques. de la technique, de la mécanique, des finances, de l’économie. ou bien a-t-elle également besoin d’hommes qui puissent lui indiquer le Droit Chemin – la voie de Dieu et du salut? D’autres experts font connaître à l’homme tout ce qui existe dans l’univers, ainsi que les moyens et les méthodes pour les utiliser. Sans doute faut-il quelqu’un pour expliquer à l’homme quel est le but suprême de cette création et la signification de la vie, qu’est-ce que l’homme lui-même, pourquoi il a été créé qui lui à fourni les pouvoirs et les ressources dont il dispose, et pourquoi, quel est l’idéal ultime de la vie et comment y parvenir, quelles sont les valeurs réelles et comment les atteindre. Voilà quel est le besoin primordial de l’homme et s’il ignore cela, il ne trouvera jamais de base solide ni ne réussira dans cette vie comme dans la vie future. Notre raison se refuse à croire que Dieu qui a tout prévu pour l’homme, jusqu’au plus banal de ses besoins, ait pu omettre de pourvoir à ce besoin, le plus grand et le plus vital d’entre tous. Il ne peut en être ainsi. Et il n’en est pas ainsi. Dieu a produit des hommes éminents dans les arts et dans les sciences, mais il a également suscité des hommes à l’intuition profonde, clairvoyants et aptes à connaître et assimiler. C’est à eux qu’Il a lui-même révélé le chemin de la piété et de la vertu. Il leur a expliqué les buts de la vie et les valeurs morales, et leur a confié la mission de communiquer la Divine Révélation aux autres êtres humains et de leur montrer le Droit Chemin. Ces hommes sont les Prophètes, les Messagers de Dieu. Les Prophètes se distinguent dans la société humaine par leurs aptitudes spéciales, leurs extraordinaires capacités et leurs aptitudes naturelles. Le génie ne se réclame que de lui-même et convainc automatiquement les autres. Par exemple, quand on écoute un vrai poète, on reconnaît de suite son génie extraordinaire. ceux qui ne possèdent pas naturellement ce talent n’arriveront jamais à atteindre cette excellence même en essayant de toutes leurs forces. De même pour les orateurs, les écrivains, les chefs, les inventeurs nés. Chacun de ces talents se remarque par son ampleur et ses résultats extraordinaires. Les autres ne peuvent soutenir la comparaison. De même avec le prophète. Son esprit saisit des problèmes qui échappent aux autres cerveaux; il explique les sujets que personne ne peut aborder; son intuition éclaire des questions si subtiles et si compliquées que personne ne réussirait à comprendre, même après des années de réflexion et de méditations profondes. La raison approuve tout ce qu’il dit; le cœur sent que cela est vrai; l’expérience et les observations des phénomènes du monde attestent toutes la véracité de ses paroles. Mais si nous essayons nous-mêmes d’en faire autant, c’est un échec. La nature et les dispositions du prophète sont si bonnes et si pures que son attitude est toujours digne de confiance, honnête et noble. Il ne commet pas de mal, ni ne profère de mauvaises paroles. Il indique toujours la vertu et pratique lui-même ce qu’il prêche aux autres. En aucun cas sa vie n’est en désaccord avec ses idéaux. Ni ses paroles ni ses actes ne sont dictés par l’intérêt personnel. Il souffre pour le bien des autres, sans attendre de réciproque. Sa vie tout entière est un exemple de vérité, de noblesse, de pureté de nature, de pensée élevée, de la forme la plus exaltée d’humanité. Son caractère est irréprochable et sa vie est exempte de faiblesses. Tous ces faits, tous ces attributs prouvent qu’il est le prophète de Dieu et qu’on peut avoir foi en lui. Quand il devient évident que telle personne est le véritable prophète envoyé de Dieu, il est par-là même logique d’écouter ses paroles, de suivre ses instructions, d’exécuter ses ordres. Il serait tout à fait illogique de reconnaître un homme comme vrai prophète de Dieu, et ensuite de ne pas croire en ce qu’il dit ou de ne pas suivre ce qu’il ordonne car l’acceptation même de cet homme comme un prophète envoyé de Dieu signifie que l’on admet que ses paroles viennent de Dieu, et que toutes ses actions sont en conformité avec la volonté et le Plaisir de Dieu. Lui désobéir, c’est désobéir à Dieu, et désobéir à Dieu n’amène que ruine et désolation. C’est pourquoi la reconnaissance même du prophète vous oblige à vous incliner devant ses instructions et les accepter sans murmurer quelles qu’elles soient. Peut-être ne pourrez-vous pas saisir la sagesse ou l’utilité de tel ou tel ordre, mais le fait même qu’une instruction émane du prophète est une garantie suffisante de sa véracité, et il ne saurait y avoir la place pour le doute ou la suspicion. Si vous ne le comprenez pas cela ne veut pas dire qu’il a fait une erreur, car la compréhension de l’homme ordinaire n’est pas parfaite. Elle a ses limitations qui ne peuvent être ignorées. Il est évident que celui qui ne connaît par un art à fond, ne peut en saisir les subtilités, mais il serait stupide de rejeter ce que dit un expert simplement parce qu’on ne comprend pas parfaitement son jugement! Il faut noter que dans toutes les affaires importantes de ce monde, on a besoin des conseils d’un expert, et lorsque vous vous adressez à lui, vous lui faites confiance. Vous préférez ne pas juger par vous-mêmes mais suivre ses conseils. Tout le monde ne peut exceller dans tous les arts et les métiers. Les gens ordinaires font de leur mieux, et pour les choses qu’ils ignorent, emploient toute leur sagesse et leur sagacité à trouver l’homme qualifié qui pourra les guider et les aider une fois qu’ils l’ont trouvé, ils acceptent et suivent ses conseils. Quand vous êtes persuadé que telle personne est l’homme le plus qualifié pour le problème qui vous occupe, vous sollicitez ses conseils et directives et vous lui faites confiance. L’interrompre à chaque instant pour dire: “Expliquez-moi cela avant d’aller plus loin”, sera évidemment ridicule. Quand vous engagez un homme de loi pour un litige, vous ne vous mêlez pas de ce qu’il fait à chaque nouvelle procédure. Il vaut mieux lui faire confiance et suivre ses conseils. Pour un traitement médical, vous allez consulter le médecin, et vous vous conformez à ses instructions. Vous n’intervenez pas dans les questions médicales et vous n’exercez pas vos dons de logicien à argumenter avec le médecin. C’est la conduite qu’il convient d’adopter dans la vie. Il doit en être de même en matière de religion. Vous avez besoin de connaître Dieu, et de trouver le mode de vie qui peut Lui plaire; et vous n’avez pas de moyens d’acquérir cette connaissance. Il vous incombe par conséquent à chercher un vrai prophète de Dieu et il vous faudra user de soin infini, de discernement et de sagacité dans cette recherche, car si vous choisissez personne qui n’est pas un vrai prophète, il vous entraînera sur la mauvaise voie. Si, cependant, après avoir mûrement pesé et réfléchi, vous finissez par décider que telle personne est réellement le prophète envoyé de Dieu, alors vous devez lui faire entièrement confiance et obéir fidèlement à toutes ses instructions. Maintenant il est clair que le Droit Chemin est celui, et celui seul que le prophète déclare venir de Dieu. On comprendra aisément que la foi et l’obéissance au prophète sont absolument vitales pour tout le monde, et qu’un homme qui rejette les instructions du prophète et essaie de se frayer lui-même une route, dévie du Droit Chemin, et est sûr de s’égarer. En cette matière, les hommes se sont rendus coupables d’étranges erreurs. Certains ont admis que le Prophète était intègre et digne de confiance, mais n’avaient pas l’îmân (la foi an lui) ni ne suivaient ses conseils pour diriger leur vie. Ils sont non seulement des Kâfirs mais aussi se comportent d’une manière très imprudente et illogique: car ne pas écouter le prophète après l’avoir reconnu comme tel, signifie que l’on s’engage volontairement dans l’erreur. Peut-il y avoir de plus grande folie! D’autres ont déclaré: “Nous n’avons pas besoin de prophète pour nous guider et nous pouvons trouver nous-mêmes le chemin de la vérité”. Ceci est également une vue erronée. Vous avez probablement étudié la géométrie, et vous savez qu’entre deux points il ne peut y avoir qu’une ligne droite, et une seule, et que toutes les autres lignes sont courbes ou alors ne touchent pas les deux points à la fois. C’est la même chose pour le chemin de la vérité, qui dans le langage de l’islam s’appelle “Sirât Al-multaqîm” (la route droite). Ce chemin part de l’homme et va droit à Dieu, et il n’en existe qu’un seul et unique; tous les autres chemins sont des aberrations. Cette route droite a été tracée par le prophète et il ne peut y an avoir d’autre. L’homme qui dédaigne ce chemin et cherche d’autres voies est victime de sa propre imagination. Il choisit une voie et s’imagine que c’est la bonne, mais il se perd bientôt dans les méandres et le labyrinthe de son imagination. Que pouvez-vous penser de quelqu’un qui s’est égaré, quand une personne secourable lui montre la route à suivre, ignore complètement le conseil et déclare: “Je n’ai que faire de vos directives et ne prendrai pas le chemin que vous m’avez indiqué, mais je vais moi-même partir au hasard dans cette région inconnue et essayer d’atteindre ma destination à ma manière”? Cette manière d’agir serait vraiment stupide quand on dispose des directives lumineuses des prophètes. Si tout le monde essaie de repartir de zéro, cela sera une énorme perte de temps et d’énergie. Nous ne faisons jamais cela dans le domaine de la science ou des arts; pourquoi le faire dans le domaine de la religion? C’est une attitude assez commune et en réfléchissant un peu, on voit combien elle est erronée et défectueuse. Mais si l’on y pense un peu plus profondément, on remarque que celui qui refuse de faire confiance au vrai prophète ne découvrira pas le droit chemin, direct ou non, qui mène à Dieu. Cela, parce que celui qui refuse de suivre les conseils d’un homme épris de vérité, adopte par-là même une attitude si perverse que les perspectives de la vérité lui resteront étrangères et qu’il devient la victime de sa propre obstination, de son arrogance, de ses préventions et de sa perversité. Ce refus provient souvent d’un amour-propre mal placé, d’un conservatisme aveugle, et d’une adhésion obstinée aux traditions ancestrales, ou d’un abandon aux bas instincts dont l’assouvissement devient impossible si l’on se soumet aux enseignements des prophètes. Si un homme se trouve dans un tel état d’esprit, le chemin de la vérité lui restera fermé. Tel un malade de la jaunisse, il ne peut voir les choses avec les couleurs de la réalité. Il ne découvrira aucune route vers le salut. Mais d’autre part, si un homme est sincère, aime la vérité, et s’il n’est l’esclave d’aucun des complexes que nous venons de citer, la route de la réalité s’ouvrira devant lui, et il n’a aucune raison de rejeter les paroles du prophète. Au contraire, il découvre dans les enseignements du prophète l’écho même de sa propre âme, et se découvre en découvrant le Prophète. Et par-dessus tout, le vrai prophète est suscité par Dieu lui-même. C’est Lui qui l’a envoyé vers l’humanité pour transmettre Son message à Son peuple. Dieu lui-même nous ordonne d’avoir foi en le prophète et de l’écouter. Donc celui qui refuse de croire en lui refuse en fait de suivre les commandements de Dieu et devient un rebelle. Il est incontestable que celui qui refuse de reconnaître l’autorité du représentant du souverain, refuse en fait celle du souverain lui-même. Cette désobéissance fait de lui un rebelle. Dieu est le Seigneur de l’univers, le vrai Souverain, le Roi des Rois, et c’est le devoir le plus strict de tout homme de reconnaître l’autorité de Ses messagers et de Ses apôtres, et de leur obéir comme à ses prophètes accrédités. Celui qui se détourne du prophète de Dieu est sûrement un Kâfir, qu’il soit croyant en Dieu ou incroyant.

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