Tag Archives: prophétie

Apostolat – 1 – Sa nature et sa nécessité

Vous pouvez voir que Dieu a très gracieusement fourni à l’homme tout ce dont il a besoin dans cet univers. Le nouveau-né vient au monde avec des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, un nez pour sentir et respirer, des mains pour toucher, des pieds pour marcher, et un esprit pour penser et réfléchir. Toutes les facultés et pouvoirs dont il pourra avoir besoin quand il sera un homme, ont été merveilleusement logés dans son petit corps. Les moindres besoins ont été prévus, rien n’a été oublié. Il en est de même dans l’univers où il vit, Tout ce qui est essentiel à son existence y est fourni en abondance – air, lumière, chaleur, eau, etc. Du jour où il ouvre les yeux, l’enfant trouve sa nourriture dans le sein de sa mère. Ses parents l’aiment instinctivement, et dans leur cœur a été implanté l’instinct protecteur qui les incite à l’élever et à sacrifier leur bien-être pour le sien propre. Ainsi, affectueusement protégé, l’enfant atteint la maturité et à chaque stage de sa vie trouve dans la nature tout ce dont il a besoin. Toutes les conditions matérielles de survie et de croissance lui sont fournies et il peut se rendre compte que l’univers tout entier est à son service et le sert à chaque instant. Bien plus, l’homme a la chance de disposer de tous les pouvoirs et facultés – physiques, mentaux et moraux – dont il a besoin dans sa lutte pour la vie. A ce propos, Dieu a pris des dispositions merveilleuses: Il n’a pas réparti les dons strictement également entre les hommes. S’il l’avait fait, cela aurait rendu les hommes totalement indépendants les uns des autres et aurait ainsi nui à la conception de coopération et d’entraide. Donc, bien que l’humanité dans son ensemble dispose de tout ce dont elle a besoin, entre les hommes cependant les facultés sont distribuées inégalement et avec parcimonie. Certains ont une grande force physique, d’autres se distinguent par leurs capacités intellectuelles. Certains sont nés avec une grande aptitude pour les arts, la poésie, la philologie, d’autres ont des talents d’orateur, ou le sens de la stratégie, des dons pour le commerce, l’esprit mathématique, la curiosité scientifique, l’observation littéraire, un penchant pour la philosophie… Ces aptitudes particulières distinguent chaque homme, et lui permettent de saisir les subtilités qui échappent au commun des mortels. Ces institutions, ces aptitudes et ces talents sont des dons de Dieu. Ils sont dans la nature de ceux que Dieu a destinés à être ainsi distingués. Ces dons sont innés et ne peuvent s’acquérir par l’entraînement ou l’éducation. Si l’on songe à cette répartition des dons divins, on s’aperçoit qu’elle a été merveilleusement faite. Les capacités qui sont essentielles pour la survie de la culture humaine ont été données à l’homme moyen. tandis que les talents extraordinaires qui ne sont nécessaires que dans une mesure moindre, ont été donnés seulement à un petit groupe de gens. Il y a un grand nombre de soldats, de paysans, d’artisans, d’ouvriers; mais les chefs militaires, les savants, les hommes d’état et les intellectuels sont relativement peu nombreux. Il en est de même dans tous les domaines. La règle générale semble être la suivante plus une faculté est développée, plus le génie est grand, moins il y a de gens qui le possèdent. Les grands génies qui laissent une empreinte ineffaçable sur l’histoire humaine et dont les exploits ouvrent la voie à l’humanité pendant des siècles, sont encore bien moins nombreux. Ici se pose une autre question l’humanité a-t-elle besoin d’experts et de spécialistes uniquement dans le domaine du droit, de la politique, de la science, des mathématiques. de la technique, de la mécanique, des finances, de l’économie. ou bien a-t-elle également besoin d’hommes qui puissent lui indiquer le Droit Chemin – la voie de Dieu et du salut? D’autres experts font connaître à l’homme tout ce qui existe dans l’univers, ainsi que les moyens et les méthodes pour les utiliser. Sans doute faut-il quelqu’un pour expliquer à l’homme quel est le but suprême de cette création et la signification de la vie, qu’est-ce que l’homme lui-même, pourquoi il a été créé qui lui à fourni les pouvoirs et les ressources dont il dispose, et pourquoi, quel est l’idéal ultime de la vie et comment y parvenir, quelles sont les valeurs réelles et comment les atteindre. Voilà quel est le besoin primordial de l’homme et s’il ignore cela, il ne trouvera jamais de base solide ni ne réussira dans cette vie comme dans la vie future. Notre raison se refuse à croire que Dieu qui a tout prévu pour l’homme, jusqu’au plus banal de ses besoins, ait pu omettre de pourvoir à ce besoin, le plus grand et le plus vital d’entre tous. Il ne peut en être ainsi. Et il n’en est pas ainsi. Dieu a produit des hommes éminents dans les arts et dans les sciences, mais il a également suscité des hommes à l’intuition profonde, clairvoyants et aptes à connaître et assimiler. C’est à eux qu’Il a lui-même révélé le chemin de la piété et de la vertu. Il leur a expliqué les buts de la vie et les valeurs morales, et leur a confié la mission de communiquer la Divine Révélation aux autres êtres humains et de leur montrer le Droit Chemin. Ces hommes sont les Prophètes, les Messagers de Dieu. Les Prophètes se distinguent dans la société humaine par leurs aptitudes spéciales, leurs extraordinaires capacités et leurs aptitudes naturelles. Le génie ne se réclame que de lui-même et convainc automatiquement les autres. Par exemple, quand on écoute un vrai poète, on reconnaît de suite son génie extraordinaire. ceux qui ne possèdent pas naturellement ce talent n’arriveront jamais à atteindre cette excellence même en essayant de toutes leurs forces. De même pour les orateurs, les écrivains, les chefs, les inventeurs nés. Chacun de ces talents se remarque par son ampleur et ses résultats extraordinaires. Les autres ne peuvent soutenir la comparaison. De même avec le prophète. Son esprit saisit des problèmes qui échappent aux autres cerveaux; il explique les sujets que personne ne peut aborder; son intuition éclaire des questions si subtiles et si compliquées que personne ne réussirait à comprendre, même après des années de réflexion et de méditations profondes. La raison approuve tout ce qu’il dit; le cœur sent que cela est vrai; l’expérience et les observations des phénomènes du monde attestent toutes la véracité de ses paroles. Mais si nous essayons nous-mêmes d’en faire autant, c’est un échec. La nature et les dispositions du prophète sont si bonnes et si pures que son attitude est toujours digne de confiance, honnête et noble. Il ne commet pas de mal, ni ne profère de mauvaises paroles. Il indique toujours la vertu et pratique lui-même ce qu’il prêche aux autres. En aucun cas sa vie n’est en désaccord avec ses idéaux. Ni ses paroles ni ses actes ne sont dictés par l’intérêt personnel. Il souffre pour le bien des autres, sans attendre de réciproque. Sa vie tout entière est un exemple de vérité, de noblesse, de pureté de nature, de pensée élevée, de la forme la plus exaltée d’humanité. Son caractère est irréprochable et sa vie est exempte de faiblesses. Tous ces faits, tous ces attributs prouvent qu’il est le prophète de Dieu et qu’on peut avoir foi en lui. Quand il devient évident que telle personne est le véritable prophète envoyé de Dieu, il est par-là même logique d’écouter ses paroles, de suivre ses instructions, d’exécuter ses ordres. Il serait tout à fait illogique de reconnaître un homme comme vrai prophète de Dieu, et ensuite de ne pas croire en ce qu’il dit ou de ne pas suivre ce qu’il ordonne car l’acceptation même de cet homme comme un prophète envoyé de Dieu signifie que l’on admet que ses paroles viennent de Dieu, et que toutes ses actions sont en conformité avec la volonté et le Plaisir de Dieu. Lui désobéir, c’est désobéir à Dieu, et désobéir à Dieu n’amène que ruine et désolation. C’est pourquoi la reconnaissance même du prophète vous oblige à vous incliner devant ses instructions et les accepter sans murmurer quelles qu’elles soient. Peut-être ne pourrez-vous pas saisir la sagesse ou l’utilité de tel ou tel ordre, mais le fait même qu’une instruction émane du prophète est une garantie suffisante de sa véracité, et il ne saurait y avoir la place pour le doute ou la suspicion. Si vous ne le comprenez pas cela ne veut pas dire qu’il a fait une erreur, car la compréhension de l’homme ordinaire n’est pas parfaite. Elle a ses limitations qui ne peuvent être ignorées. Il est évident que celui qui ne connaît par un art à fond, ne peut en saisir les subtilités, mais il serait stupide de rejeter ce que dit un expert simplement parce qu’on ne comprend pas parfaitement son jugement! Il faut noter que dans toutes les affaires importantes de ce monde, on a besoin des conseils d’un expert, et lorsque vous vous adressez à lui, vous lui faites confiance. Vous préférez ne pas juger par vous-mêmes mais suivre ses conseils. Tout le monde ne peut exceller dans tous les arts et les métiers. Les gens ordinaires font de leur mieux, et pour les choses qu’ils ignorent, emploient toute leur sagesse et leur sagacité à trouver l’homme qualifié qui pourra les guider et les aider une fois qu’ils l’ont trouvé, ils acceptent et suivent ses conseils. Quand vous êtes persuadé que telle personne est l’homme le plus qualifié pour le problème qui vous occupe, vous sollicitez ses conseils et directives et vous lui faites confiance. L’interrompre à chaque instant pour dire: “Expliquez-moi cela avant d’aller plus loin”, sera évidemment ridicule. Quand vous engagez un homme de loi pour un litige, vous ne vous mêlez pas de ce qu’il fait à chaque nouvelle procédure. Il vaut mieux lui faire confiance et suivre ses conseils. Pour un traitement médical, vous allez consulter le médecin, et vous vous conformez à ses instructions. Vous n’intervenez pas dans les questions médicales et vous n’exercez pas vos dons de logicien à argumenter avec le médecin. C’est la conduite qu’il convient d’adopter dans la vie. Il doit en être de même en matière de religion. Vous avez besoin de connaître Dieu, et de trouver le mode de vie qui peut Lui plaire; et vous n’avez pas de moyens d’acquérir cette connaissance. Il vous incombe par conséquent à chercher un vrai prophète de Dieu et il vous faudra user de soin infini, de discernement et de sagacité dans cette recherche, car si vous choisissez personne qui n’est pas un vrai prophète, il vous entraînera sur la mauvaise voie. Si, cependant, après avoir mûrement pesé et réfléchi, vous finissez par décider que telle personne est réellement le prophète envoyé de Dieu, alors vous devez lui faire entièrement confiance et obéir fidèlement à toutes ses instructions. Maintenant il est clair que le Droit Chemin est celui, et celui seul que le prophète déclare venir de Dieu. On comprendra aisément que la foi et l’obéissance au prophète sont absolument vitales pour tout le monde, et qu’un homme qui rejette les instructions du prophète et essaie de se frayer lui-même une route, dévie du Droit Chemin, et est sûr de s’égarer. En cette matière, les hommes se sont rendus coupables d’étranges erreurs. Certains ont admis que le Prophète était intègre et digne de confiance, mais n’avaient pas l’îmân (la foi an lui) ni ne suivaient ses conseils pour diriger leur vie. Ils sont non seulement des Kâfirs mais aussi se comportent d’une manière très imprudente et illogique: car ne pas écouter le prophète après l’avoir reconnu comme tel, signifie que l’on s’engage volontairement dans l’erreur. Peut-il y avoir de plus grande folie! D’autres ont déclaré: “Nous n’avons pas besoin de prophète pour nous guider et nous pouvons trouver nous-mêmes le chemin de la vérité”. Ceci est également une vue erronée. Vous avez probablement étudié la géométrie, et vous savez qu’entre deux points il ne peut y avoir qu’une ligne droite, et une seule, et que toutes les autres lignes sont courbes ou alors ne touchent pas les deux points à la fois. C’est la même chose pour le chemin de la vérité, qui dans le langage de l’islam s’appelle “Sirât Al-multaqîm” (la route droite). Ce chemin part de l’homme et va droit à Dieu, et il n’en existe qu’un seul et unique; tous les autres chemins sont des aberrations. Cette route droite a été tracée par le prophète et il ne peut y an avoir d’autre. L’homme qui dédaigne ce chemin et cherche d’autres voies est victime de sa propre imagination. Il choisit une voie et s’imagine que c’est la bonne, mais il se perd bientôt dans les méandres et le labyrinthe de son imagination. Que pouvez-vous penser de quelqu’un qui s’est égaré, quand une personne secourable lui montre la route à suivre, ignore complètement le conseil et déclare: “Je n’ai que faire de vos directives et ne prendrai pas le chemin que vous m’avez indiqué, mais je vais moi-même partir au hasard dans cette région inconnue et essayer d’atteindre ma destination à ma manière”? Cette manière d’agir serait vraiment stupide quand on dispose des directives lumineuses des prophètes. Si tout le monde essaie de repartir de zéro, cela sera une énorme perte de temps et d’énergie. Nous ne faisons jamais cela dans le domaine de la science ou des arts; pourquoi le faire dans le domaine de la religion? C’est une attitude assez commune et en réfléchissant un peu, on voit combien elle est erronée et défectueuse. Mais si l’on y pense un peu plus profondément, on remarque que celui qui refuse de faire confiance au vrai prophète ne découvrira pas le droit chemin, direct ou non, qui mène à Dieu. Cela, parce que celui qui refuse de suivre les conseils d’un homme épris de vérité, adopte par-là même une attitude si perverse que les perspectives de la vérité lui resteront étrangères et qu’il devient la victime de sa propre obstination, de son arrogance, de ses préventions et de sa perversité. Ce refus provient souvent d’un amour-propre mal placé, d’un conservatisme aveugle, et d’une adhésion obstinée aux traditions ancestrales, ou d’un abandon aux bas instincts dont l’assouvissement devient impossible si l’on se soumet aux enseignements des prophètes. Si un homme se trouve dans un tel état d’esprit, le chemin de la vérité lui restera fermé. Tel un malade de la jaunisse, il ne peut voir les choses avec les couleurs de la réalité. Il ne découvrira aucune route vers le salut. Mais d’autre part, si un homme est sincère, aime la vérité, et s’il n’est l’esclave d’aucun des complexes que nous venons de citer, la route de la réalité s’ouvrira devant lui, et il n’a aucune raison de rejeter les paroles du prophète. Au contraire, il découvre dans les enseignements du prophète l’écho même de sa propre âme, et se découvre en découvrant le Prophète. Et par-dessus tout, le vrai prophète est suscité par Dieu lui-même. C’est Lui qui l’a envoyé vers l’humanité pour transmettre Son message à Son peuple. Dieu lui-même nous ordonne d’avoir foi en le prophète et de l’écouter. Donc celui qui refuse de croire en lui refuse en fait de suivre les commandements de Dieu et devient un rebelle. Il est incontestable que celui qui refuse de reconnaître l’autorité du représentant du souverain, refuse en fait celle du souverain lui-même. Cette désobéissance fait de lui un rebelle. Dieu est le Seigneur de l’univers, le vrai Souverain, le Roi des Rois, et c’est le devoir le plus strict de tout homme de reconnaître l’autorité de Ses messagers et de Ses apôtres, et de leur obéir comme à ses prophètes accrédités. Celui qui se détourne du prophète de Dieu est sûrement un Kâfir, qu’il soit croyant en Dieu ou incroyant.

Apostolat – 4 – Son message universel

SA CONTRIBUTION A LA PENSÉE HUMAINE

Les hauts faits de cet homme exceptionnel ne s’arrêtent pas là. Pour l’apprécier à sa réelle valeur il faut considérer son œuvre dans son ensemble dans le contexte de l’histoire du monde. Il apparaît alors encore plus clairement que cet habitant illettré d’un désert d’Arabie, né à une époque d’obscurantisme, il y a plus de mille quatre cens ans fut un véritable pionnier de l’époque moderne, et un des “phares” de l’humanité. Il est un guide non seulement pour ceux qui acceptent son autorité mais aussi pour ceux qui lui dénient l’autorité d’un prophète. La seule différence est que ces derniers ne se rendent pas compte que ses directives continuent d’influencer leurs pensées et leurs actions et sont les principes directeurs de leurs vies, l’esprit même des temps modernes. Arthur Leonard écrit: “L’islam a en fait accompli une tâche immense. Il a laissé une trace indélébile dans les pages de l’histoire humaine, qui ne pourra être pleinement évaluée qu’au fur et à mesure du développement du monde.” Le savant John Davenport note: “Il faut reconnaître que toute la connaissance en matière de physique, d’astronome, de philosophie, de mathématiques, qui s’épanouit en Europe à partir du Xème siècle, provenait à l’origine des écoles arabes, et les Sarrasins d’Espagne peuvent être considérés comme les pères de la philosophie européenne”. Cité par A. Karim dans “islam’s contribution to Science and Civilization”. Le fameux philosophe anglais Bertrand Russel écrit: “La suprématie de l’Orient n’était pas seulement militaire. La science, la philosophie, la poésie et les arts s’épanouissaient tous… dans le monde musulman à une époque où l’Europe était plongée dans la barbarie. Les Européens avec une insularité impardonnable appellent cette époque “ère des ténèbres” – mais seule l’Europe était dans les ténèbres. Seule l’Europe chrétienne, car l’Espagne qui était musulmane, possédait une culture brillante”. Pakistan Quarterly, vol. IV, n° 3. L’historien Robert Briffault reconnaît dans son livre: “The Making of Humanity” – “Il est fort probable que sans les Arabes, la civilisation européenne n’aurait jamais acquis ce caractère qui lui a permis de transcender toutes phases antérieures d’évolution. Car, bien qu’il n’y ait pas un seul aspect du développement humain dans lequel l’influence décisive de la culture de l’islam ne soit pas évidente, nulle part, elle n’est plus claire et importante que dans la genèse de cette puissance qui constitue la force suprême caractéristique du monde moderne et la source suprême de sa victoire – les sciences naturelles et l’esprit scientifique… Ce que nous pouvons appeler science a résulté en Europe d’un nouvel esprit de recherche, de nouvelles méthodes d’investigation, d’expérimentation, de l’observation, et de la mesure, du développement des mathématiques sous une forme inconnue des grecs. Cet esprit et cette méthode furent introduits dans le monde européen par les Arabes”. Stanwood Cobb, fondateur de Progressive Education Association écrit: “L’islam fut le créateur virtuel de la Renaissance en Europe”. Cité par Robert L. Gullick Jr dans “Mohammad the Educator”. Ce fut Mohammad qui détourna la pensée humaine de son penchant pour la superstition, le surnaturel et l’inexplicable, et l’orienta vers une approche rationnelle de la réalité, et vers une vie terrestre pieuse et équilibrée. Ce fut lui, qui dans un monde où les événements surnaturels étaient des miracles nécessaires pour faire la preuve de la véracité d’une mission religieuse, inspira le désir de preuve rationnelle et la foi en elle comme en le seul critère valable de vérité. Ce fut lui qui ouvrit les yeux de ceux qui avaient été accoutumés jusque là à chercher des signes divins dans les phénomènes naturels. Ce fut lui, qui à la place de spéculations sans fondements conduisit les nommes dans la voie de la compréhension rationnelle et du raisonnement sain sur la base de l’observation, de l’expérience et de la recherche. Ce fut lui qui définit clairement les limites et les fonctions de la perception sensorielle, de la raison et de l’intuition. Ce fut lui qui souligna les rapports entre les valeurs spirituelles et matérielles, qui harmonisa la Foi avec le Savoir et l’Action, qui créa l’esprit scientifique avec l’aide de la religion et qui élabora un vrai sentiment religieux sur la base de l’esprit scientifique. Ce fut lui qui combattit l’idolâtrie, le polythéisme sous toutes ses formes et créa une foi si ferme en l’unicité de Dieu, que même les religions qui étaient entièrement basées sur la superstition et l’idolâtrie furent obligées d’adopter un thème monothéiste. Ce fut lui qui changea les conceptions fondamentales de la morale et de la spiritualité. A ceux qui croyaient que seuls l’ascétisme et la mortification constituaient le critère de la pureté morale et spirituelle – que la pureté ne peut être atteinte que par le renoncement à la vie mondaine, sans tenir compte des besoins physiques et en soumettant le corps à toutes sortes de tortures – ce fut lui qui montra la voie de l’évolution spirituelle, de la libération morale et du salut par une participation active aux affaires pratiques du monde environnant. Ce fut lui qui montra à l’homme sa vraie valeur et sa position: à ceux qui reconnaissaient seulement un Dieu incarné ou un fils de Dieu comme leur précepteur moral ou guide spirituel, il dit que des êtres humains comme eux, qui n’aspiraient pas à être déifiés, pourraient devenir les représentants de Dieu sur terre; à ceux qui considéraient comme leurs dieux des personnages puissants et les adoraient en tant que tels, il fit comprendre que ces faux seigneurs étaient de simples êtres humains et rien de plus. Ce fut lui qui souligna que personne ne pouvait réclamer la sainteté, l’autorité et la souveraineté comme étant son dû par la naissance, et que personne ne naissait intouchable, esclave ou serf. Ce fut lui et son enseignement qui inspirèrent les notions de l’unité de l’humanité, de l’égalité des êtres humains, de la démocratie véritable, et de la liberté réelle dans le monde. Si on quitte ce domaine de la pensée, on peut trouver dans le domaine pratique d’innombrables traces du gouvernement de cet illettré, dans les lois et les coutumes du monde. Bon nombre de principes de bonne conduite, de culture et de civilisation, de pureté de pensée et d’action qui prévalent dans le monde aujourd’hui, lui doivent leur origine. Les lois sociales qu’il a données se sont infiltrées profondément dans les structures humaines, et ce processus se poursuit jusqu’à nos jours. Les principes fondamentaux d’économie qu’il a enseignés sont présents dans plus d’un mouvement historique et il en sera probablement de même dans le futur. Les lois qu’il a formulées ont amené bien des bouleversements dans les théories politiques du monde et continuent d’exercer leur influence de nos jours. Les principes fondamentaux de droit et de justice qui portent la marque de son génie ont influencé à un degré remarquable l’administration de la justice dans les diverses nations, et forment un guide toujours valable pour tous les futurs légistes. Cet Arabe illettré fut le premier à mettre sur pied pratiquement tout le cadre des relations internationales et à régler les lois de la guerre et de la paix. Car auparavant l’idée n’avait effleuré personne qu’il pût exister un code de l’éthique militaire et que les relations internationales pussent être réglées sur la base de la simple humanité [Pour plus amples détails voir “Al-Jihâd-fil-‘Islâm” de `Abd Al-`Alâ’ Mawdûdî].

LE PLUS GRAND DES RÉVOLUTIONNAIRES

Dans le défilé de l’histoire, la silhouette sublime de cette personnalité merveilleuse domine de si haut tous les grands hommes de tous les temps, que tous les héros nationaux semblent des nains en comparaison avec lui. Aucun d’eux ne possédait un génie capable de laisser une impression profonde dans plus de deux ou trois domaines de la vie humaine. Certains furent de brillants théoriciens, mais ne réussirent pas à appliquer leurs idées. D’autres furent des hommes d’action auxquels le savoir faisait défaut. Certains sont célèbres stratèges, certains se sont penchés sur un aspect particulier de la vie, en négligeant de ce fait les autres aspects. D’autres ont consacré leur énergie à des vérités éthiques et spirituelles, mais ont ignoré l’économie et la politique. D’autres se sont occupés de politique et d’économie, mais ont négligé la morale et la vie spirituelle. Bref, on rencontre des héros qui sont des experts dans une seule branche de l’activité humaine. Il est le seul exemple de personnalité où toutes les excellences se trouvent combinées. Il est un philosophe et un voyant, et aussi le symbole vivant de ses propres enseignements. Il est un grand homme d’état, et un génie militaire; un législateur en même temps qu’un maître de morale; une lumière spirituelle et un guide religieux. Sa vision pénètre tous les aspects de la vie et il n’est rien qu’il n’améliore en s’y penchant dessus. Ses ordres et ses commandements couvrent un domaine illimité, depuis la réglementation des relations internationales jusqu’aux habitudes de la vie quotidienne du boire, du manger, de l’hygiène. Il a fondé toute une civilisation sur ses théories, et établi un équilibre si rare dans les aspects divergents de la vie qu’on ne peut y trouver aucune faute, déficience ou lacune. Peut-on citer un autre exemple d’une personnalité aussi parfaite et universelle? La plupart des personnalités célèbres du monde sont supposées être des produits de leur environnement. Mais son cas à lui est unique. Son environnement ne semble avoir eu aucune part dans la formation de sa personnalité. Il ne peut non plus été prouvé que, historiquement, sa naissance fut synchronisée avec l’ordre des choses de l’Arabie de cette époque. Ce qu’on peut dire tout au plus, c’est que l’Arabie dans les circonstances où elle se trouvait alors, avait un besoin criant d’une personnalité qui fondrait en une seule nation les tribus rivales, et poserait les bases de leur solidarité et de leur bien être économique en amenant d’autres pays sous leur domination – bref, un guide national qui aurait toutes les caractéristiques d’un Arabe de ce temps-là, et qui, grâce à la cruauté, l’oppression, le sang versé, la fourberie et l’hypocrisie, ou par n’importe quel moyen, bon ou mauvais, aurait enrichi son propre peuple, et laisse un royaume en héritage à ses successeurs. On ne petit prouver aucun autre besoin historique de l’Arabie à cette époque. Ce qu’on peut dire tout au plus à la lumière de la philosophie hégélienne de l’histoire ou du matérialisme historique de Marx, c’est que l’époque et les conditions exigeaient la naissance d’un chef qui pourrait créer une nation et fonder un empire. Mais la philosophie de Hegel ou de Marx, ne peut expliquer comment de telles conditions ont pu produire un homme dont la mission fut d’enseigner la morale la plus élevée, de purifier l’humanité de toutes les impuretés, d’effacer les préjugés et les superstitions de cette époque d’ignorance et de ténèbres, qui regarda au-delà des compartiments étanches de la race, de la nation et du pays, qui posa les fondations d’une superstructure morale, spirituelle, culturelle et politique pour le bénéfice du monde entier, et non pas seulement de son pays, qui, en pratique et non en théorie, plaça les transactions commerciales, la vie civique, la politique et les relations internationales sur des bases morales et produisit une synthèse si équilibrée et tempérée entre la vie mondaine et le progrès spirituel, qu’elle est considérée jusqu’à ce jour comme un chef-d’œuvre de sagesse et de prévoyance, tout comme au temps où il était en vie. Est-ce qu’on peut honnêtement appeler une telle personne le produit des ténèbres omniprésentes de l’Arabie? Non seulement il n’apparaît pas comme un produit de son environnement, mais quand on examine sa mission, on ne peut que conclure qu’en fait, il transcende toutes les limitations de temps et d’espace. Sa vision franchit toutes les barrières temporelles et physiques, dépasse les siècles et les millénaires, et comprend l’essence même de l’activité et de l’histoire humaines. Il n’est pas de ceux que l’histoire relègue à l’oubli, et il n’est pas loué simplement parce qu’il fut un grand chef de son temps. Il est un chef unique et incomparable de l’humanité, actuel quel que soit le siècle, l’époque. Véritablement ses enseignements sont actuels quelle que soit l’époque. Ceux que les gens baptisent “faiseurs d’histoire” sont seulement des “créatures de l’histoire”. En fait, dans toute l’histoire de l’humanité, il est le seul exemple de véritable “faiseur d’histoire”. On peut passer au crible les conditions historiques dans lesquelles vécurent les grandes personnalités qui ont amené des révolutions, et l’on s’apercevra que dans tous les cas, les forces de renouveau rassemblaient leur imputés en vue d’un bouleversement, s’orientaient dans une certaine direction, et n’attendaient que le moment propice pour éclater. En aménageant ces forces à temps pour l’action, le leader révolutionnaire jouait le rôle d’un acteur pour lequel on a prévu d’avance une scène et un rôle; d’un autre côté, parmi tous les “faiseurs d’histoire”, et les figures révolutionnaires de toutes les époques, il fut le seul à devoir trouver les moyens de rassembler les matériaux, en vue d’une révolution, à devoir produire là sorte d’hommes dont il avait besoin pour ses desseins car l’esprit même de la révolution et tous ses accessoires étaient inexistants dans le peuple où son sort fut jeté. Sa puissante personnalité produisit une impression indélébile sur les cœurs des milliers de ses disciples, et les façonna à son idée. Par sa volonté de fer, il prépara le terrain pour la révolution, en modela la forme et les traits et dirigea les courants d’événements dans la direction qu’il désirait. Peut-on citer un autre exemple d’un faiseur d’histoire aussi exceptionnel, d’un autre révolutionnaire aussi brillant?

LE TÉMOIGNAGE FINAL

On peut méditer là-dessus, et se demander comment dans cette période de ténèbres d’il y a mille quatre cents ans, dans une région aussi obscure que l’Arabie, un commerçant et un berger arabe illettré en vint à posséder une telle lumière, un tel savoir, une telle puissance, de telles capacités et des vertus morales si développées. On peut dire qu’il n’y a rien de particulier dans son Message. C’est le produit de son propre esprit. S’il en avait été ainsi, alors il aurait dû se proclamer Dieu. Et s’il avait fait une telle assertion à cette époque, les peuples de la terre, qui n’hésitaient pas à appeler Dieux Krishna et Bouddha, et Jésus Fils de Dieu, par pure imagination, et qui pouvaient sans scrupules adorer les forces de la nature, le feu, l’eau, le vent, auraient volontiers reconnu une personnalité aussi étonnante que Mohammad comme le Seigneur Dieu lui-même. Mais voilà: il affirma précisément le contraire. Car il proclamait: “Je suis un être humain comme vous-mêmes. Je ne vous ai rien apporté de ma propre initiative. Tout cela m’a été révélé par Dieu. Tout ce que je peux posséder Lui appartient. Ce message dont l’humanité tout entière n’est pas capable de produire l’équivalent, est le message de Dieu, il n’est pas le produit de mon propre esprit. Chacun de ses mots m’a été inspiré par Lui, et toute la gloire Lui en revient. Tous les actes merveilleux qui parlent en ma faveur à vos yeux, toutes les lois que j’ai données, tous les principes que j’ai énoncés et enseignés, rien ne vient de moi. Je serais tout à fait incapable de produire de telles choses du seul fait de mes capacités personnelles. Je cherche les directives divines en toutes choses. Tout ce qu’Il ordonne, je le fais, tout ce qu’il édicte, je le proclame”. Quel merveilleux et vivifiant exemple de franchise, d’intégrité, de vérité et d’honneur! Un menteur ou un hypocrite essaie généralement de s’attribuer tout le crédit des actions des autres, même quand la fausseté de ce qu’il dit peut être facilement prouvée. Mais ce grand homme ne s’approprie pas le crédit de ces exploits, même quand personne ne pouvait le contredire, puisqu’il n’était pas possible de découvrir la source de son inspiration. Peut-il y avoir de preuve plus éclatante de la parfaite honnêteté de ses buts, de sa rectitude de caractère et de sa grandeur d’âme! Peut-il y avoir de personne plus sincère que celui qui a reçu des dons aussi uniques par un moyen secret, et qui pourtant révèle la source de tout son inspiration. Toutes ces raisons nous font inévitablement conclure qu’un tel homme était le véritable messager de Dieu. Tel était notre saint prophète Mohammad (pbAsl). Il fut un prodige de mérites extraordinaires un parangon de vertu et de bonté, un symbole de vérité un grand apôtre de Dieu, Son Messager sur la terre. Sa vie et sa pensée, Sa sincérité, sa piété, sa bonté, son caractère, sa morale, son idéologie, et ses exploits – toutes ces choses sont des preuves irréfutables de la légitimité de son apostolat. Quiconque étudie sa vie et ses enseignements sans préjugés attestera qu’en vérité, il fut le vrai prophète de Dieu, et que le Qur’âne – le livre qu’il a donné à l’humanité – la vraie parole de Dieu. Aucun chercheur impartial et sérieux ne peut manquer d’arriver à cette conclusion. En outre, il faut bien comprendre que c’est seulement grâce à Mohammad (pbAsl) que nous connaissons maintenant le droit chemin de l’islam. Le Qur’âne et la vie exemplaire de Mohammad (pbAsl) sont les seules sources dignes de confiance dont dispose l’humanité pour apprendre la volonté de Dieu dans sa totalité. Mohammad (pbAsl) est le Messager de Dieu pour toute l’humanité et la longue chaîne de prophète s’achève avec lui. Il fut le dernier des prophètes, et toutes les instructions que Dieu désirait transmettre à l’humanité par révélation directe furent envoyées par l’intermédiaire de Mohammad (pbAsl), et sont inscrites dans le Qur’âne et le Sunna. Maintenant, quiconque cherche la vérité et désire devenir un musulman honnête et un disciple sincère, doit avoir la foi dans le dernier des prophètes divins, accepter ses enseignements et suivre la voie qu’il a montrée à l’homme. Ceci est le véritable chemin du succès et du salut.