Au nom d’Allah le Clément, le Miséricordieux, Louanges à Allah.

 

Le discours du prédicateur

 

Introduction

Définition des termes : Oumma et Da’wah

Présenter et appeler à l’islam fait parti des devoirs de la communauté musulmane.
La communauté, Oumma en arabe, c’est un ensemble de personnes à qui Dieu a envoyé un prophète. Notre prophète a été envoyé pour tout l’univers et toute la terre fait donc partie de la communauté de Mohammed.

Cette communauté se divise en deux parties :

  1. La communauté de la Da’wah – tout le monde,
  2. et la communauté de l’ijaba – celle où se trouve ceux qui ont répondu favorablement au message et sont devenus musulmans.

Aussi lorsque l’on parle d’Oumma al islam, d’Oumma Mohammed ou simplement d’Oumma, on parle de la communauté de l’ijaba.

Une des caractéristiques de cette Oumma - communauté, c’est la Da’wah - prédication, elle ne reste donc pas repliée sur elle-même, monopolisant la vérité, le bien et la guidance. Mais, elle fait en sorte de les propager.

Le prêche porte sur la croyance en Dieu, le fait d’ordonner le bien, et d’interdire le mal. Ce soutient au message de vérité est ce qui fait de nous la meilleure communauté :

« Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. »
Sourate al Imran, verset 110.

D’après Hudhayfa, le prophète a dit :

« Cette communauté fut préférée sur toutes les autres communautés »

Appeler à Allah peut sembler facile, alors qu’en fait cela demande effort et méthode, c’est d’ailleurs pour cette raison que Dieu a élu des prophètes, adoptant les meilleures manières, pour cette noble tâche. Ce ‘travail’ demande beaucoup d’attention de la part des prédicatrices et des prédicateurs qui se doivent de connaître les techniques de Da’wah tirées du saint coran et de la sunna purifiée. 

A/ Quelques notions de base

I/Conditions de la prédication

Pour pouvoir bien prêcher, il faut bien évidemment être convaincu soi même du message, le déclarer sans le cacher, obéir aux commandements de Dieu et de son prophète, lutter et patienter pour cette cause dans tous les aspects de notre vie.

II/Le message des prophètes aux leaders

A la lumière du coran et de la sunna, on constate que tous les prophètes ont commencé par appeler leurs proches, puis ils ont été présentés l’islam aux dirigeants influents de leur époque comme ce fut le cas de Moïse avec Pharaon. Et ceci nous montre qu’il faut commencer par les gens influents et les dirigeants, car comme le proverbe arabe le dit : « Les gens suivent la manière de vivre de leurs dirigeants » Et souvent, si les dirigeants acceptent les autres suivent.

Cependant, le prédicateur ne doit pas se rabaisser, car d’une part son message est noble, d’autre part, il doit préférer la qualité à la quantité, aussi se doit-il d’instruire ceux qui ont accepté le message même si ils sont peu nombreux et pauvres, car ils méritent plus qu’on leur prête de l’attention et du temps que ceux qui n’arrivent pas à lâcher leur fierté parce qu’ils sont riches ou ont du pouvoir.

III/La gradualité du prêche

Le prêche doit se faire de manière graduelle, lente, afin que le message soit compris correctement et assimilé naturellement :
Le prêche doit d’abord commencer par la foi en Dieu et son unicité. Ensuite, il doit porter sur la croyance à la prophétie. Pour finir sur la foi au jour de la rétribution et à la vie après la mort et à sa totale reddition.
Bien évidemment, tout cela doit aboutir à une soumission volontaire. Le prédicateur n’a absolument pas le pouvoir de convertir les âmes, il essaye seulement de les convaincre.

Il est très important de ne pas sauter ces étapes ! Aussi avant de savoir le comment : si la taille de la barbe ou celle du pantalon est conforme…, il convient d’inculquer le pourquoi : du besoin de la croyance au prophète, à son obéissance et à son imitation.
Il faudrait même dire tout simplement qu’il faut commencer par inculquer l’amour d’Allah et de son prophète.

Poursuivre ce but demande donc de l’entraînement, de l’endurance :
Le prédicateur doit être patient même si une partie de ses étudiants est très excitée d’en savoir plus rapidement, il doit garder à l’esprit qu’elle peut ne pas réussir à assimiler ses connaissances aussi hâtivement.
D’autre part, une autre partie pourra être plus lente, moins enthousiaste et plus réticente à en savoir plus.
Le prédicateur est donc tel un jardinier consciencieux qui veut réussir à faire de toutes ses graines de belles fleurs robustes.

Dieu a expliqué cela dans le coran quand Il avait donné rendez vous à Moïse sur le Mont Sinaï pour lui donner Ses commandements, mais Moïse était si excité et heureux à cette idée qu’il s’est pressé de venir à la rencontre de son Seigneur au lieu du rendez vous. En fait Dieu avait donné une date à Moïse dans le but qu’il puisse durant le laps de temps précédant ce rendez vous, former et instruire son peuple. Afin qu’ils soient capables de sauvegarder leur foi et leur pratique. Et pendant l’absence de Moïse, le diable en profita, et son peuple fut tenté par l’adoration du veau :

«  “Pourquoi Moïse t'es-tu hâté de quitter ton peuple ? ”
Ils sont là sur mes traces, dit Moïse. Et je me suis hâté vers Toi, Seigneur, afin que Tu sois satisfait.
Allah dit : “Nous avons mis ton peuple à l'épreuve après ton départ. Et le Samiri les a égarés” . »
Sourate 20, v 83 à 85

Dans les versets suivant de cette sourate, (sourate Taha), Allah fait la même remarque au prophète Mohammed au sujet de son ardeur et de son empressement. Il le sermonne amoureusement en lui faisant comprendre que le coran ne peut pas être descendu autrement que comme Allah l’a décidé dans Sa sagesse.
L’intervalle entre les révélations était nécessaire, car il permettait de raffermir le cœur du Messager et de donner le temps à ses compagnons de s’appliquer et de s’habituer à ce que Dieu lui révélait :

« Que soit exalté Allah, le Vrai Souverain ! Ne te hâte pas [de réciter] le Coran avant que ne te soit achevée sa révélation. Et dis: "Ô mon Seigneur, accroît mes connaissances!”
En effet, Nous avons auparavant fait une recommandation à Adam; mais il oublia; et Nous n'avons pas trouvé chez lui de résolution ferme. »

Sourate 20, Taha, verset 114 et 115

 « Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui le coran en une seule fois ? Nous l’avons révélé ainsi pour raffermir ton cœur. Et Nous l’avons récité soigneusement. »
Sourate  : 25 ,verset 32

C’est pourquoi Abdullah ben Massoud a dit : « Celui d’entre nous qui apprenait dix versets, il persistait avec eux avant d’en vouloir plus, jusqu’à ce qu’il ait appris à vivre dans leur lumière. »

Voyons maintenant quelques caractéristiques du discours du prédicateur :

IV/Quelques spécificités du discours

-La première disposition consiste à s’adresser à un peuple ou à une personne dans sa langue maternelle. Comme Allah le dit dans le saint coran :

«  Et Nous n'avons envoyé de Messager qu'avec la langue de son peuple, afin de les éclairer. »
Sourate 14, verset 4

-Le deuxième point qui en découle est que le discours doit être compréhensible et accessible par tous :
Il ne doit donc pas être ni trop long, ni trop court, il ne doit pas être alourdi et contenir trop de métaphores ou de comparaisons, il ne doit pas faire référence à des mots inconnus.
Il faut présenter ses arguments de manières diverses, comme le dit Allah dans le coran :

«  C'est ainsi que Nous expliquons les versets
…Et afin de l'exposer clairement à des gens qui savent. »
Sourate 6 verset 105

-Il faut aussi faire preuve d’émotion et de zèle. Dieu dit :

« Exhorte-les et dis-leur des paroles convaincantes »
Sourate 4, verset 63

Le zèle du prophète est le signe de sa grande conviction et de sa sympathie envers les gens.

-Le discours du prédicateur doit se diriger vers un seul but.

-Dans le Hadith de Nawawi numéro 2, nous avons vu ensemble l' « adab » (l’éthique) à observer dans l’acquisition des connaissances:

* Nous devrions être propres et porter des vêtements soignés.

* Nous devrions nous asseoir correctement et au plus près de l’intervenant.

* Nous devrions poser des questions pour être mieux compris.

* Nous devrions chercher la connaissance auprès de la bonne source/autorité.

La méthode, pour chercher la connaissance, se fait en posant des questions :

* Le type de questions que nous posons devrait être pertinents - des questions qui conduiront à une compréhension convenable et aux bonnes actions.

* Poser de bonnes questions mènera à un meilleur apprentissage et enseignement. Car ceux qui sont présents quand les questions sont posées apprendront également des réponses - ainsi, l’interrogateur enseigne en même temps les autres.

* Quand on a demandé à Ibn Abbas, un des plus grands disciples parmi les Compagnons, comment il a obtenu tant de connaissances, il a répondu : "Avec une langue investigatrice (c.-à-d. il a toujours posé des questions) et une attitude contemplative".

* Dans un grand nombre de Hadiths, on remarque que le prophète, lui-même commençait par poser des questions, avant de donner la réponse. Poser des questions prépare l’esprit /le cœur afin d’être attentif pour la réponse/l’apprentissage - et bien apprendre. Dans ce Hadith de Nawawi, Jibril est nommé "le questionneur" ce qui implique le plein accord du prophète avec cette méthode et son encouragement à poser des questions, spécialement, celles qui conduiront à acquérir le plus de connaissances.

* Dans le Qur'an lui-même, il y a plus de 1.200 questions - pour aboutir à différents objectifs – et notamment pour exciter l'esprit du lecteur et le forcer à raisonner sur ce qu’il/elle lit.

A suivre, in cha' Allah.

Que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur le prophète Mohammad, celui qui a tenu sa promesse, le confident. Ô Allah nous ne savons que ce que Tu nous as appris, c’est Toi qui détiens la science. Ô Allah apprend nous ce qui nous apportera du bien et fais nous profiter du bien de ce que Tu nous as appris et augmente nos connaissances. Et embelli le bien à nos yeux et aide nous à le suivre. Et enlaidi le mal à nos yeux et aide nous à nous en détourner. Et mets nous parmi ceux qui écoutent la parole et suivent les meilleures d’entre elles. Et fais de nous tes bons adorateurs par Ta miséricorde.

Gloire à Toi Seigneur, que Tes louanges soient célébrées, j'atteste qu'il n'y a de divinité que Toi, j'implore Ton pardon et je reviens vers Toi repentante.

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