Au nom d’Allah le Clément, le Miséricordieux, Louanges à Allah.

 

“La Rencontre de ma vie“

La Sœur Magali

 

Ma venue à l’Islam n’a rien de très spéciale mais comme tous les convertis, je pense que c’est en fait vraiment extraordinaire.

Je suis née en banlieue parisienne, mais ma famille vient de la campagne des Alpes où les croyances dans les Saints Catholiques sont très fortes. Je pense que depuis toujours j’ai baigné dans une société multiraciale, et cela m’a vraiment influencé dans mes choix plus tard.

Dehors, mes amis s’appelaient Djamel et Stéphanie, Sophie et Ahmed. A la maison, les vues néo-colonialistes de ma famille étaient de règles.

Arrivée à l’adolescence, j’avais fait ma Communion Solennelle et j’étais persuadée que ces pauvres femmes en hijab et mes copines à l’école étaient maltraitées au nom d’une religion inférieure…

Cependant, même si j’étais la première au catéchisme, je n’arrivais toujours pas à comprendre comment Dieu avait pu venir sur terre et devenir le père de Jésus. Cela veut dire que c’est un homme comme nous. Et pourquoi Jésus est mort sur la croix pour “nos péchés” ? Je ne lui avais rien demandé que je sache. Et la meilleure : il y aurait trois Dieux en un : le père, le fils et le Saint Esprit (qui c’est celui-là ?). J’avais plein de questions, mais personne pour me répondre, et personne pour vraiment me répondre.

Le Seigneur appelle certaines personnes à l’Islam, et quelque chose s’est produit en moi, mais très progressivement. Quand j’ai atteint mes 20 ans, je suis partie aux Etats-Unis. Plusieurs années de solitude et de “n’importe quoi” se sont suivies, et mes rencontres avec des Musulmans n’étaient pas très fructueuses : fêtes, boissons, ignorance du jeûne, tout cela me montrait un Islam étrange (on peut se permettre ce que l’on veut du moment que l’on ne mange pas de porc). Comme en France en fait.

Jusqu'à ce que je rencontre Hicham, mon époux. Nos discussions sur nos deux religions me laissaient amère. Pour faire face à ses preuves flagrantes, je m’enfermais dans un mur de strict Catholicisme («Je suis née Catholique et je mourrais Catholique !» «Nos enfants seront baptisés à l’église !»). Quand nous nous sommes mariés à la Mosquée aux Etats-Unis, l’Imam a voulu me convertir. Je refusais poliment, mais cela ne plut pas à l’Imam, qui nous maria en cinq minutes montre en main. Ce genre de choses m’exaspérait car je commençais à m’intéresser vivement à l’Islam. Mais, petit à petit, je commençais à lire des ouvrages. Je commençais aussi à fréquenter une petite mosquée : les différentes ethnies qui s’y côtoyaient me laissaient pantoise.

Et puis surtout quand je voyais Hicham prier devant moi au milieu des fidèles, je commençais à rêver d’avoir nos futurs enfants (insh’Allah) prier à nos côtés, ensemble. Je tiens à souligner aussi que jamais mon mari ne m’a obligé ou n’a fait pression sur moi. Tout au long de ma venue à l’Islam, il m’a toujours dit que je devais être sûre de moi-même, et surtout de ne pas me convertir pour faire plaisir aux autres.

Finalement, il y avait une réponse à toutes mes questions. Implacablement, l’Islam se montrait à moi, avec ses préceptes logiques et extraordinairement justes. Et l’appel à la prière, ce chant qui me transperçait de part en part quand je l’entendais chez mes amis en France, et qui me bouleverse toujours aussi profondément, devenait pour la première fois compréhensible.

Ces deux dernières années, mon trouble grandissait terriblement : abandonner ma religion, ne plus manger de porc, faire face à l’hostilité de ma famille. Je ne savais plus quoi faire. Mais grâce à une amie elle-même convertie, mon mari et ses amis, et aussi beaucoup de lectures sur l’Internet et d’ouvrages écrits par des musulmans, je ne pouvais plus échapper à l’appel de l’Islam.

Un soir de novembre 2002, je faisais mon premier Ramadan et alors que je parlais de mes doutes, mon mari me demanda si je croyais en un seul Dieu et que Mohammed (que la paix et la bénédiction d’Allah soit sur lui) est son prophète. Je lui ai répondu oui. C’est alors qu’il me dit que si je disais la vérité, je ne devrais pas avoir peur de la réaction de ma famille. Ça a été le déclic.

Deux jours plus tard je disais ma Shahada devant une assemblée de témoins.

Depuis, je suis toujours sur le chemin de l’apprentissage. Apprendre à prier n’a pas été facile, mais en fait, le secret c’est d’être patient, de ne pas avoir peur de se tromper, et de ne pas avoir peur de demander autour de soi. En plus, les sites internet musulmans sont extrêmement bien faits pour apprendre les sourates et les postures.

Tout ce que je peux dire, c’est que même si certaines habitudes culturelles sont vraiment dures à perdre, je crois que pour moi, le plus important, c’est que finalement je suis en accord avec moi-même. Il n’y a vraiment pas d’autres voies que l’Islam, le vrai Islam égalitaire, généreux et magnifique.

Assalam aleikum

Magali

Source : air-islam.com

 

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