Au nom d’Allah le Clément, le MiséricorDieux, Louanges à Allah.

 

Quelques définitions

 

Avant tout, il faut commencer par définir quelques mots qui font parti des bases de la jurisprudence. Les mots sont inscrits en phonétique et entre guillemets.

 

  1. « Al fard » :

C’est ce que la loi divine nous demande d’exécuter obligatoirement. On est donc récompensé si on le fait, mais si on ne le fait pas, on est sanctionné comme pour le jeûne. Allah

dit :.

ô les croyants ! On vous a prescrit as-Siyam comme on l'a prescrit à ceux d'avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété,

Sourate Al baqarah, verset 183

Si on jeûne, Dieu nous récompense avec le paradis. Et, si on ne jeûne pas Dieu nous puni par l’enfer.

  1. « Al wajib » :

Suivant la jurisprudence shaféite, « wajib » et « fard » ont la même signification, sauf en ce qui concerne le « hajj » : Car pendant le pèlerinage, le « fard » représente ce que l’on est obligé de faire pour que notre « hajj » soit réglementaire comme la station d’Arafat, ou « tawaf al ifada »… Le « wajib » dans le pèlerinage sont des rites qui sont également requis, mais si on ne les exécute pas, notre « hajj » comptera tout de même, cependant il y aura un défaut qu’on devra compenser en égorgeant un mouton, comme « rami l jamara », « al ihram min al miqat ».

  1. « Fard ayni » :

Ce sont toutes les obligations, « fard », imposées de la même manière à tous les membres, majeures et sains d’esprit, de la communauté sans exception : comme le jeûne et la prière. Et si une partie seulement des musulmans exécute ces rites, les autres n’en seront pas dispensés pour autant.

  1. « Fard kifai » :

Ce sont des types d’obligations « fard » qu’une fraction des musulmans accomplit à la place de tous les musulmans: Exemple : un mort doit être lavé, mis dans le linceul, il faut lui faire la prière du mort et l’enterrer. Si une partie des musulmans s’en charge, le but est donc atteint, mais si personne ne s’en charge alors tous les musulmans seront jugés fautifs.

  1. « Roukoun » :

C’est un « wajib » que nous devons faire et qui fait parti d’un acte, par exemple : Lire la « fatiha », s’incliner « al roukou3 » et s’agenouiller « soujoud » sont des « roukoun » de la prière.

  1. « Chart » :

C’est un « wajib » que l’on doit exécuter, mais qui ne fait pas parti de l’acte d’adoration. C’est un fait qui si il est absent, l'objectif n’existe pas (on ne peut pas le réaliser). De même, si la condition y est, le but n’est pas forcément atteint. Exemple : si on est pur pour prier la condition, "chart",est remplie, mais le but n’est pas forcément atteint. Et si on n’est pas pur et on prie, cela ne compte pas. Il y a cinq conditions pour la prière : si je réalise le 4/5 des conditions et j’ai prié, le but n’est pas atteint. Pour résumer, on dira que « char » est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Ce principe fait que la condition est extérieure à la prière et ne fait pas parti de la prière. Elle doit être fait avant l'acte de prière, comme une préface. Sans le« Woudou'' » pas de prière valable. Et, si je fais le « Woudou'' », ce n’est pas une prière. Mais, c’est une condition obligatoire pour la prière.

  1. « Mandoub » :

C’est ce que la loi nous a demandé d’exécuter, mais pas obligatoirement. C’est pourquoi, on est récompensé si on l’exécute, mais on n’est pas puni si on ne le fait pas. Par exemple, la prière de « doha », veiller la nuit, … On peut l'appeler aussi « Sunna », « mustahab », « tatou3a » et « naffila ».

  1. « Moubah » :

Ce sont les actes qui si ils sont fait ou pas, c'est identique, parce que les lois islamiques ne nous ont pas ordonné, ni empêché de les faire. La jurisprudence nous a laissé le libre choix. Du coup, on est ni récompensé ni puni si on les fait, exemple dans la Sourate al juma , verset 10, Dieu dit :

« Puis quand la Salat est achevée, dispersez-vous sur la terre, et recherchez [quelque effet] de la grâce d'Allah, et invoquez beaucoup Allah afin que vous réussissiez »

Travailler ou pas après la prière du vendredi fait parti des actes « moubah ».

  1. « Al Haram » :

C’est ce que la loi nous a demandé de laisser strictement du coup on est puni si on le fait et on est récompensé si on ne le fait pas pour Dieu. Exemple : Le meurtre :

« Et; sauf en droit, ne tuez point la vie qu'Allah a rendu sacrée. Quiconque est tué injustement, alors Nous avons donné pouvoir à son proche [parent] . Que celui-ci ne commette pas d'excès dans le meurtre, car il est déjà assisté (par la loi) »

Sourate Al isra, verset 33.

Le vol :

« Et ne dévorez pas mutuellement et illicitement vos biens, et ne vous en servez pas pour corrompre des juges pour vous permettre de dévorer une partie des biens des gens, injustement et sciemment. »

Sourate Al baqarah, verset 188.

On peut l’appeler aussi « mahzour », « ma3ssiyah », « zamb ».

  1. « Makrouh » :

Il peut être de deux sortes :

a-« tahrimi » : C’est ce que la loi nous a demandé de laisser obligatoirement, mais sans être considéré comme « haram »; par contre, on est puni si on le fait, mais moins qu’en ce qui concerne le « haram ». Et si on ne le fait pas pour Dieu, on est récompensé. Exemple : prier une prière « nafil moutlaq » quand le soleil se lève ou quand il se couche, qui sont des heures où la prière est interdite. Fumer se trouve également dans cette catégorie.

b-« tanzihi » : Ce que la loi nous a demandé de laisser, mais pas strictement du coup on est récompensé si on ne le fait pas dans l’intention d’obéir à Dieu. Mais, on n’est pas puni si on le fait. Par exemple, jeûner le jour d’Arafat pour un pèlerin.

Une note importante, chez le madhab Shaféi si il s'agit de karaha tahrimiya, cela est précisé, si on parle de karaha sans précision, il s'agit de karaha tanzihiya.

  1. « Ada’ » :

C’est l’exécution de l’acte d’adoration dans son temps précisé par la loi divine. Exemple, la prière à son temps, le jeûne pendant Ramadhan. Et avec toutes les conditions de la jurisprudence respectées.

  1. « Qada’ » :

Exécuter l’acte d’adoration en dehors de son temps préciser par la loi. Dans la prière, c’est lorsque l’on se rend compte par exemple qu’une condition n’a pas été respectée, alors que le temps légal imparti à cet acte d’adoration est déjà passé. On parle ainsi de prière « qada’ ».

Exemple : jeûner Ramadhan dans un autre mois ou prier le midi après l’appel à la prière de l’après midi. C’est donc un « wajib » qui peut ne pas avoir été fait dans son temps avec ou sans excuse.  Et la différence est que l’on a commis un péché si on ne l’a pas fait sans excuse, par contre si on rate l’acte d’adoration en ayant une excuse valable, il n’y a pas de péché.

Par exemple :

« (Ces jours sont) le mois de Ramadhan au cours duquel le Qur'an a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu'il jeûne un nombre égal d'autres jours. - Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d'Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants ! »

Sourate Al baqarah, verset 185.

Celui qui n’a pas jeûné parce qu’il était malade ou parce qu’il était en voyage a donc une excuse, et il devra faire ses actes d’adoration en retard « qada ». (Cela doit être pour cela que certains savants disent que celui qui n’a pas prié pendant des années n’a pas à rattraper ses prières en « qada’ » puisqu’il n’a pas d’excuse valable.)

  1. i3Ada :

C’est l’exécution d’un acte d’adoration dans son temps, une deuxième fois, pour avoir plus de récompense. Exemple : si on prie le midi seul, puis qu’on a ensuite l’occasion de prier le midi en groupe alors on le reprie. Pour avoir la prière en groupe. Autrement, on peut avoir le cas de celui ou celle qui se rend compte qu’une condition de la prière n’a pas été respectée, le temps de la prière n’est pas encore passé, il peut la refaire « i 3ada ».

Que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur le prophète Mohammad, celui qui a tenu sa promesse, le confident. Ô Allah nous ne savons que ce que Tu nous as appris, c’est Toi qui détiens la science. Ô Allah apprend nous ce qui nous apportera du bien et fais nous profiter du bien de ce que Tu nous as appris et augmente nos connaissances. Et embelli le bien à nos yeux et aide nous à le suivre. Et enlaidi le mal à nos yeux et aide nous à nous en détourner. Et mets nous parmi ceux qui écoutent la parole et suivent les meilleures d’entre elles. Et fais de nous tes bons adorateurs par Ta miséricorde.

Gloire à Toi Seigneur, que Tes louanges soient célébrées, j'atteste qu'il n'y a de divinité que Toi, j'implore Ton pardon et je reviens vers Toi repentante.

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