Au nom d’Allah le Clément, le Miséricordieux, Louanges à Allah.

 

Comment guérir la tristesse et la dépression par le coran et la sunna ?

 

Le rire et le pleurer

D’après Aïcha, le prophète passait devant un groupe de compagnons qui riaient et il leur a dit que si ils savaient ce que lui sait, ils auraient pleurer beaucoup et rient peu; alors Jibril est descendu au prophète et lui a révélé ce verset : « et que c’est Lui qui a fait rire et qui a fait pleurer,» alors il est reparti les voir et a dit : « Je n’ai pas fait 40 pas que Jibril est venu et m’a dit va les voir et dis leur qu’Allah le Sublime dit :

« Et que c’est Lui qui a fait rire et qui a fait pleurer,»

(sourate 53, verset 43)

Cela signifie qu’il n’y a qu’un Seul instigateur, Il fait les plans et les réalise, c’est Allah le Sublime. Allah rend heureux ou triste et c’est Lui qui a fait rire et pleurer qui Il veut tout comme Il décidera au jour dernier de faire rire les habitants du paradis et pleurer ceux du feu.

Ce qui fait pleurer l’être humain aujourd’hui pourra aussi le faire rire dans quelques jours. Un même évènement pourra à la fois faire rire des gens et en faire pleurer d’autres. Et tout cela sans que l’être humain soit atteint de folie, car l’état émotionnel de l’être humain est entre les mains de Celui qui fait tourner les cœurs.

Cependant, si les habitants de l'enfer pleurent sur leur sort et ceux du paradis rient de joie, sur terre, le rire et le pleurer ne sont pas forcément le signe d'une récompense ou d'une punition, car on pleure aussi de joie, de dévotion et de libération. Et par exemple, ceux qui riaient sur terre des croyants en pleureront demain :

"29. Les criminels riaient de ceux qui croyaient, 30. et, passant près d'eux, ils se faisaient des oeillades, 31. et, retournant dans leurs familles, ils retournaient en plaisantant, 32. et les voyant, ils disaient : “Ce sont vraiment ceux-là les égarés”. 33. Or, ils n'ont pas été envoyés pour être leurs gardiens. 34. Aujourd'hui, donc, ce sont ceux qui ont cru qui rient des infidèles 35. sur les divans, ils regardent. 36. Est-ce que les infidèles ont eu la récompense de ce qu'ils faisaient ? "

Sourate 83

Anas rapporte que le pleurer est une miséricorde que Dieu nous a offert:

«Le Messager de Dieu entra auprès de son fils Ibrahim alors qu’il agonisait. Les larmes se mirent à couler de ses yeux et Abdurrahman Ibn Awf lui dit : «Toi aussi (tu pleures), ô Messager de Dieu ?» Il lui dit : «O Ibn ‘Awf, cela est une miséricorde». Puis il ajouta : «L’œil pleure, le cœur ressent du chagrin, mais nous ne disons que ce qui satisfait notre Seigneur. O Ibrahim ! Ta séparation nous remplit certainement de chagrin».
Rapporté par Al Boukhari

Le pleurer peut aussi être une source de salvation puisque parmi les sept personnes qui seront ombragées par l’ombre de Dieu, le jour où il n’y aura d’ombre que la Sienne. Il y aura un homme solitaire dont les yeux ont débordé de larmes à l’évocation de Dieu.

Selon Abou Hourayra, le prophète a dit  :

«N’entrera pas en Enfer un homme qui a pleuré par crainte de Dieu tout aussi bien que le lait ne rentre jamais dans la mamelle. Jamais la poussière soulevée au service de Dieu ne se mêlera à la fumée de l’Enfer».
Rapporté par Attirmidhi

Cela ne signifie pas pour autant que l’homme doive rester toute la journée à pleurer, cela ne serait pas normale, d'ailleurs dans ce verset « Et que c’est Lui qui a fait rire et qui a fait pleurer,» Dieu n' a t-il pas placé le rire devant le pleurer comme lorsqu'Il a dit : «  Ma Clémence l’emportera toujours sur ma colère. »

Le prophète faisait justement des blagues et riait : Aicha (qu’Allah soit satisfait d’elle) rapporte :

« Une fois, je partis en voyage avec le Prophète. A cette époque, j’étais encore très jeune et très fine. Le Prophète demanda aux gens d’aller devant (et de nous laisser seuls). Les gens s’éloignèrent donc. Ensuite, il me dit : « Viens, allons faire une course. » Nous fîmes donc la course et je la remportai. Il laissa l’affaire jusqu’à ce que je prenne du poids et que j’oubliai l’incident de la course. Il m’emmena en voyage une autre fois et me fit la même proposition de la course. Nous fîmes donc la course et c’est lui qui la remporta. Il commença à rire et (pour me taquiner) me dit : « Celle-ci est pour l’autre. » (C’est-à-dire que cette course est la revanche pour la première course). »
Ahmad

Une veille femme dit au Prophète :

« O Messager d'Allah ! Invoque Allah pour qu'IL m'agrée au paradis ! Or elle reçu de lui la réponse suivante : « Mais les vieillards n'entrent pas au paradis. » A ceci la femme s'en alla en pleurant. Faites là revenir ! demanda le Prophète à son entourage, on ramena vite la femme et le Prophète lui expliqua : « Sache que tu n'entreras pas au paradis dans le statut d'une vieille : tout d'abord tu seras rendu jeune avant d’entrer.  Seulement j'ai voulu plaisanter avec toi »

Et quand on a demandé à Omar si les compagnons riaient, il a dit : « Oui ! Et la foi était plus enracinée dans leur cœur qu’une montagne bien ancrée. »

D’après certaines études, le rire et le pleurer, avec modération, seraient même bon pour la santé. Certains se soignerait même au rire.

Ce qui est à rejeter comme dans tous les principes de l'islam, c'est le dépassement des limites, du raisonnable. Et si nous avons insisté sur les bienfaits du rire, c'est parce que l'être humain se pend rarement de joie, souvent c'est le côté noir des émotions qui prend dangereusement le dessus, une tristesse passagère s’intensifie, les passions et les rêves accaparent l'esprit et l'empoisonnent, les pensées s’embrouillent, le corps souffre, se fane, c’est la déprime. Et l’islam, religion de vérité, n’a pas négligé ce problème, bien au contraire. Pour aider le croyant à gérer le flot de ses pensées et de ses émotions négatives, la religion musulmane propose des traitements.

Quels traitements ?

Dans le coran et la sunna se trouvent réunis à la fois les moyens préventifs et les traitements curatifs qui permettent de lutter contre la tristesse et la déprime, surtout si ces dernières sont d’origines extérieures. C’est une miséricorde de Dieu puisqu’ il nous suffit de revenir aux instructions contenues dans le coran et la sunna pour gagner la joie et la paix dans les deux mondes, Dieu dit :

« Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. »
Sourate Al Isra, verset 82

1. Le dogme.

Le dogme est à la fois un moyen préventif et curatif de soigner la tristesse et la dépression. Bien que les croyants aient déjà entendu parler de dogme, nombreux sont ceux qui ne connaissent pas le sens de ce mot, mais surtout ses répercussions dans notre vie. Le dogme influence en effet beaucoup les sentiments d’une personne et ses réactions. Et dans les paragraphes suivant nous vous proposons de découvrir comment :

A/ Le destin.

La croyance au destin qu’il soit favorable ou défavorable fait parti du dogme islamique. La foi musulmane interdit donc par essence les grandes tristesses. Comme nous le prouve cette parole du prophète à Ibn Abbas :

« Ô jeune homme, je vais t’enseigner quelques préceptes : observe les commandements de Dieu, tu le trouveras devant toi. Lorsque tu as à demander quelque chose, demande à Dieu. Lorsque tu as à implorer assistance, implore assistance auprès de Dieu. Sache que si la communauté est d’accord à l’unanimité  pour te faire quelque bien, cela ne te profitera que dans la mesure où Dieu te l’aurait assigné et si elle est d’accord à l’unanimité pour te causer du tort, tu n’en pâtiras en rien sinon dans la mesure où Dieu en aurait ainsi décidé à ton encontre. Certes les plumes sont levées et l’encre des feuillets a séché. »

Donc, si le croyant est convaincu comme ce hadith l’explique que toute chose est déjà écrite et que ceux qui l’entourent ne peuvent ni lui apporter du bien ni lui nuire, pourquoi sombrerait-il dans l’inquiétude ou la tristesse ?

B/ Le jour dernier et la mort.

Celui qui croit au jour dernier sait bien que cette vie est courte. Il sait aussi qu'elle n’a pas de valeur pour Dieu. Lorsque le croyant subit des coups durs dans sa vie, il ne doit donc pas trop s’en attrister, mais se rappeler du hadith du prophète :

« Si ce bas-monde valait auprès d’Allah le poids d’une aile de moustique, il n’aurait pas consenti au non croyant une seule gorgée d’eau. »
Rapporté par Tirmidhi

On a dit à Jésus : Apprenez-nous une seule chose pour avoir la satisfaction d’Allah. Il a dit : « Méprisez la vie sur terre et Allah vous aimera. »

Selon Ibn Omar, le Messager de Dieu le saisit une fois par l’épaule et lui dit :

«Sois dans ce bas-monde comme un étranger ou comme quelqu’un de passage».

Le fils de ‘Omar disait : «Quand tu es au soir, n’attends pas le matin et quand tu es au matin, n’attends pas le soir. Prends de ta bonne santé pour ta maladie et de ta vie pour ta mort».

Rapporté par Al Boukhâri

Se souvenir de la mort et aller aux enterrements secoue l’être humain et le rappel à l’ordre, pour qu’il rétablisse des priorités dans sa vie.

« Souvenez-vous de celle qui ruine les plaisirs. » Comme le prophète nous l’a dit.
De prime à bord, vous pourriez croire que ces propos sont lugubres, mais c’est un fait, lorsque le croyant se rappelle qu’il va mourir, il subit un choc qui le réveille, son attachement à la vie terrestre diminue, il se rappelle alors de sa propre mort et s’interroge : « Est-ce que mes préoccupations actuelles sont vraiment si importantes, est-ce que je ne m’égare pas, est-ce que je ne perds pas mon temps, j’œuvre pour la vie de l’au-delà ?
Nous avons employé le terme « croyant », car il est évident que celui qui ne croit pas à la vie après la mort et à l’utilité d’œuvrer en bien pour aller au paradis réagira différemment. 
C’est pour cela aussi que le prophète nous a conseillé de prier comme si c’était notre dernière prière et que nous allions mourir.
Le but ici est d’œuvrer utile pour l’au-delà, de délaisser les soucis de la vie matérielle qui peuvent devenir obsédants, de se focaliser sur de vrais priorités et de faire plaisir à Dieu.
L'obéissance à Allah ne signifie donc pas pour autant que nous devions abandonner la vie terrestre.

C/ La croyance aux noms de Dieu et à ses attributs.

La foi aux noms et attributs divins ne se limite pas à un chapitre de la croyance islamique dans un livre de dogme, elle doit avoir des effets dans la vie du musulman.
Dans le cas contraire, le croyant ne profitera pas au maximum de sa foi. Ainsi, le croyant qui sait que Dieu est Sage, doit savoir que tout ce qu’Il lui a destiné contient une sagesse, qu’il puisse ou non la comprendre. Il accepte donc tout ce qui lui arrive, car il sait que c’est un bien pour lui. Tout en sachant que la sagesse d’un évènement peut lui être révélée clairement, partiellement ou lui rester totalement inconnue.

Par exemple, si le serviteur sait que Dieu est Le Miséricordieux, Le  Tout miséricorde et recherche Son agrément, Allah provoquera en lui la tendance à nourrir le pauvre, à habiller le nu, à supporter les mauvais, à aider les orphelins, et à avoir pitié pour le désobéissant en lui donnant des conseils sincères afin de le secourir en le tirant de son obscurité vers la lumière de la foi. Allah aime que ses serviteurs suivent ses bonnes caractéristiques et désire que ses serviteurs montrent de la miséricorde les uns envers les autres. Le prophète  a dit :

« Le Tout Miséricordieux se montre clément envers ceux qui font preuve de miséricorde. Faites miséricorde à ceux qui se trouve sur terre, Celui qui se trouve au ciel vous fera miséricorde. »

Celui qui a cette caractéristique devient donc plus proche d’Allah ainsi le Messager de Dieu, le rapproché d’Allah, a-t il été doté de miséricorde :

«  Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’univers. »
Sourate Al Anbiyya, 21, verset 107

D/ Les principes du musulman face aux problèmes et à la tristesse.

Ces principes propres aux musulmans doivent être inscrits en lettres d’or. Ils font partis du dogme islamique. Ceux qui ne les comprennent pas passeront assurément leur vie à se plaindre. Ibn taymiya a dit : Quoi qu’il puisse arriver au croyant, c’est un bien venant d’Allah. Sa vie est un bienfait perpétuel que la situation dans laquelle il évolue lui plaise ou non.

« Lorsque Dieu aime un serviteur, Il le met à l’épreuve ; s’il fait preuve de patience, Il le rapproche de Lui ; s’il en est satisfait, Il en fait un de Ses bien-aimés ».
Rapporté par At-tirmidhi et Ibn Madja.

Le prophète a dit :

« Si Dieu aime un peuple, Il les met à l’épreuve. »

« Ceux qui sont les plus éprouvés sont les prophètes, puis les plus exemplaires d’entre les croyants et ainsi de suite. L’homme est éprouvé selon sa Foi, plus elle est solide plus les épreuves seront difficiles. »

Plus la foi est grande donc et plus l’épreuve est difficile et vis versa. Le prophète nous a conseillé :

« Le croyant fort est meilleur et plus aimé de Dieu que le croyant faible et le bien existe chez les deux, cherche alors ce qui t’est utile, demande à Dieu le secours et n’agis pas comme un impuissant, et lorsqu’un mal t’arrive, ne te mets pas à dire : Si j’avais fait ainsi et ainsi, mais dis plutôt : C’est Dieu qui a prédestiné et a fait ce qu’il a voulu. Car le « Si » permet à Satan d’intervenir. »

Il a dit aussi :

« Tu dois agir avec détermination et si une affaire te surmonte ou te dépasse dis : Dieu me suffit. Quel excellent protecteur. »

« Tout mal qui atteint le musulman, s’agit-il d’une lassitude, d’une maladie ou d’une angoisse, même d’une piqûre d’épine, lui vaut de la part de Dieu une rémission de ses péchés. »
Bukhari et Muslim

Rabi’a Al-‘Adawiyya, a dit : « L’essence de l’amour est la patience de l’amant vis-à-vis de Celui qu’il aime ».

Enfin le prophète a dit :

« L’affaire du croyant est étonnante, tout ce qui lui arrive est un bien pour lui. S’il lui arrive une chose qui le réjouit et qu’il remercie, c’est un bien pour lui ; Et s’il lui arrive un mal et qu’il patiente, c’est un bien pour lui. Et ceci n’est possible que pour le croyant »
 Rapporté par Mouslim.

 Sachant cela, le croyant sera plus tranquille, comptera plus sur Dieu et se rendra à son destin. L’endurance apporte aux croyants une grande récompense de Dieu :

« Dis : “ô Mes serviteurs qui avez cru ! Craignez votre Seigneur”. Ceux qui ici-bas font le bien, auront une bonne [récompense].»
Sourate az zumar, verset  10

Cela signifie que le croyant ne doit pas se contenter de considérer le dogme (comme une théorie à mémoriser), mais il doit la pratiquer en étant pieux et en craignant de désobéir à son Seigneur.

Ces points peuvent être développés davantage, mais nous allons nous arrêter ici.

2. Traitement de la déprime et de la tristesse par la piété et les bonnes œuvres.

La piété s’est l’obéissance à Dieu. Les bonnes œuvres sont par exemple : Croire en Dieu et ses prophètes, faire sa prière à l’heure, s’occuper d’un orphelin, être bon avec son voisin, aimer ses frères et sœurs... Cependant, selon le Qur’an, un acte ne peut être bon que si il est fait avec de la foi et accompli en conformité avec la guidance d’Allah et Son Messager.
La crainte de Dieu et les bonnes œuvres sont sans aucun doute un moyen de prévention efficace, Dieu dit :

« Quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie. Et Nous les récompenserons, certes, en fonction des meilleures de leurs actions.»
Sourate an Nahl, verset 97

Ce verset réfute l’idée de certains croyants et non croyants qui pensent que ceux qui sont honnêtes et adoptent une attitude pieuse sont perdant en ce monde, bien qu’ils soient les gagnants dans l’au-delà.  Allah avec ce verset met fin à cette idée. La bonne attitude assure une place dans l’au-delà, mais elle garantie par la grâce d’Allah une vie heureuse en ce monde. Car ceux qui sont vraiment sincères dans leur bonté, honnêtes et justes dans leurs échanges vivent une vie meilleure sur cette terre, ils profitent et récoltent les fruits de leurs bons comportements, ce qui ne peut être le cas pour ceux qui n’ont pas ces vertus. Mais, plus que tout, ils en profitent, même s’ils vivent dans une petite cabane.  Cette paix intérieure et cette bonne conscience est refusée aux orgueilleux.

L’autre partie : « Et Nous les récompenserons, certes, en fonction des meilleures de leurs action » : signifie que si une personne a fait de petits actes de bien et d’autres plus grands, Dieu le récompensera à partir des meilleurs actes qu’il aura fait.

Dieu dit dans un hadith Qudsi (saint) :

« Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par quelque chose qui M’est agréable, en plus de ce que Je lui ai prescrit, comme Il se rapproche avec des œuvres surérogatoires ; il ne cessera de se rapprocher de Moi jusqu’à ce que Je l’aime ; et lorsque Je l’aimerai, Je serai l’ouïe avec laquelle il entend, la vue avec laquelle il voit, la main avec laquelle il empoigne et le pied avec lequel il marche ».
Rapporté par Al Bukhari.

Et Ibrahim ben Adham disait à propos de ses nuits de « tahajud » (prière surérogatoire de la nuit), qu’elles sont tellement apaisantes que si les rois connaissaient ce bien-être, ils nous combattraient pour le prendre.
La bonne vie, c’est de se sentir paisible peut importe ce qui nous arrive.

3. Invocations, supplications et prières.

Plus le serviteur devient pieux, et meilleur il devient, atteignant des degrés élevés de foi.  A travers les épreuves l’adorateur demande l’aide de Son Seigneur, et c’est l’une des miséricordes d’une épreuve. Car c’est dans l’imploration sincère du serviteur que se trouve le trésor de l’adoration.

Le prophète a dit :

« Rien n’est plus méritoire auprès d’Allah que l’invocation »

Il a dit aussi :

« Votre Seigneur est vivant et généreux Il se gène de voir son serviteur lever les mains pour lui demander sa miséricorde et de ne pas exaucer ses vœux. »

Et encore :

« Il n’y a pas sur terre un musulman qui invoque Allah sans qu’Allah ne lui donne ce qu’il demande ou il repousse un malheur qui devait lui arriver, tant qu’il ne demande pas un péché ou de rompre les liens de parenté), un homme dit : « Nous augmenterons nos invocations alors ! » ; il dit : Allah est encore plus Généreux »
At-Tirmidhi.

D’après un hadith rapporté par Salman Al Farisi, le destin ne pourrait être repoussé que par les invocations :

« Le destin ne pourra être repoussé que par l’invocation et la vie ne pourra être prolongée que par l’invocation »
tirmidhi

Lorsqu’on se plaint d’un mal, le prophète a dit :

« Mets ta main sur l’endroit du mal et dis : «Au nom de Dieu. Puis dis : je me réfugie auprès de la majesté de Dieu et Sa puissance contre le mal que je trouve en moi et contre ce que je fuis » (sept fois).
Abou Daoud et Tirmidhi.

Il y a deux genres d’invocations, les préventives et les curatives. Exemple d’invocations préventives :

«O Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre l’angoisse et la tristesse, l’impuissance et la paresse, la lâcheté et l’avarice, le fardeau des dettes et la prédominance des hommes. »

Lorsque le prophète s’est senti mal face aux paroles blessantes des Qorayshites, Dieu lui a révélé :

« Et Nous savons certes que ta poitrine se serre, à cause de ce qu’ils disent.

Glorifie donc Ton Seigneur par Sa louange et sois de ceux qui se prosternent ;

et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude (la mort). »
Sourate 15, V. 97, 98, 99

La prière sur le prophète est aussi un moyen par lequel Allah soulage la détresse de Son serviteur.

 La prière nous aide à endurer les problèmes et les souffrances. C’est une source de réconfort, comme le prophète le disait à Bilal :

« O Bilal, appel à la prière, que nous nous soulagions par elle. »
Abou Daoud

Il ne faut cependant pas oublier qu’il s’agit d’invoquer Allah Le Seul et Unique Dieu, sans intermédiaire, deuxièmement le serviteur doit obéir à son seigneur et il ne doit pas mangé, ni gagner sa vie, ni se vêtir de tout ce qui est illicite.
Pour  invoquer Dieu, il est meilleur de le louer par ses plus beaux noms, de prier sur le prophète, de se diriger vers la Qibla, d’être humble, sincère et d’insister sans hausser la voix.
L’invocation peut se faire à tout moment, mais il faut savoir que les meilleurs moments pour invoquer Dieu sont durant la prosternation, pendant le jeûne, à Arafat, quand on est angoissé, opprimé, en voyage, le vendredi avant le coucher du soleil, et le dernier tiers de la nuit…

4. Se comparer à ceux qui sont moins bien lotis que nous.

Le prophète avait utilisé cela avant que les psychologues l’utilisent. Lorsque les compagnons subissaient des tourments de la part des qorayshites, Khabbab ben al Arath a rapporté :

« Nous nous plaignîmes à l’Envoyé de Dieu qui à ce moment se reposait sur son manteau, à l’ombre de la Ka’bah. Nous lui dîmes : « Pourquoi ne demandes-tu pas une aide de Dieu, pourquoi ne l’invoques-tu pas en notre faveur ?
-Dans les époques antérieurs, répondit-il, on prenait l’homme (qu’on voulait torturer) le plaçait dans un fossé qu’on avait creusé dans la terre, mettait la scie sur sa tête et la sciait en deux et on le peignait avec des peignes en fer pour lacérer sa chair, et malgré cela il ne reniait pas sa foi. Par Dieu, Dieu assurera l’expansion de l’islam au point qu’un cavalier de Sana’ a à Hadramaout ne craigne que Dieu et le loup pour son troupeau.  Mais vous autres, vous êtes impatients. »
Sahih Bukhari.

Lorsqu’on rencontre un éprouvé, le prophète a dit :

« Quiconque, à la vue d’un éprouvé, (handicapé, un malade, un pauvre…) dit :
« Louange à Dieu, qui m’a épargné de ce dont il a frappé autrui et m’a grandement avantagé par rapport à ceux qu’Il a crées, sera à l’abri de ce malheur ».
(Tirmidhi)

L’histoire d’Ayoub (Job) est un exemple d’endurance puisqu’il fut frappé par la perte de sa famille, de ses biens et fut atteint par diverses maladies. Dieu dit à son propos :

« Oui, Nous l’avons trouvé endurant avec constance, (quel) excellent serviteur, il aimait à revenir souvent à Nous. »
(Sourate 38, verset 44)

« Seigneur fortifie-nous de patience et reçois-nous en croyants soumis à Ta Volonté »
(Sourate 7, verset 126)

Face à un problème, il faut relativiser et observer qu’autour de nous certains sont plus malheureux que nous.

5. Etre réaliste et pas utopiste

Un dépressif réfléchit souvent de manière erronée, certains pensent qu’ils ne pourront être heureux que si tous ceux qui l’entourent sont contents de lui. Et cela n’est pas réaliste, il y aura toujours des gens auxquels nous ne plairons pas, qui ne seront pas satisfaits et d’autres qui le seront (et il y a une sagesse dans tout). En tout cas, chacun de nous doit comprendre qu’il ne peut satisfaire tout le monde, mais plus, dans chaque personne, il y a des côtés positifs et négatifs. Aussi, en tant que croyants, dans les rapports que nous lient avec ceux qui nous entourent (conjoints, enfants, famille, proches…) il faut savoir mettre les défauts d’une personne de côté et se contenter de ses qualités comme Dieu le dit :

« Un croyant ne pourra pas détester une croyante s’il désapprouve une de ses qualités il en aimera une autre. »

Chaque personne possède des défauts que d’autres peuvent détester, mais il faut savoir mettre face à ces défauts la priorité de la relation et ce qu’elle contient d’amour et de bien.

6. Conjecturer en bien.

Cela rejoint le point précédant, il vaut mieux essayer d’avoir une vision positive plutôt que négative, car c’est ceux qui voient le mauvais côté des gens qui se sentent le plus mal.
Par exemple, une personne passe devant son voisin qui ne le salut pas, il va s’interroger : pourquoi me déteste t-il, est-il fier, bref faire de mauvaises conjectures. Il deviendra vite triste et dépressif avec cette mentalité, mais si il lui trouve des excuses (exemple : il ne m’a pas vu, il est timide…), il ne sera pas déprimé. Dieu dit :

« Ô vous qui avez cru ! Évitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. »
Sourate Al Hujurat, verset 12

Cette manière positive de voir les choses est avant tout nécessaire pour notre bien-être personnel.
Il faut garder à l’esprit qu’il ne faut pas se tromper non plus comme l’a dit Omar : "Je ne trompe pas les gens, mais je ne laisse pas les gens me tromper."
Ce qui est rejeté ici ce sont les mauvaises conjonctures et le fait de sauter sur les conclusions aléatoires.

7. Comment réagir face au mal subit.

Les paroles de certaines personnes peuvent nous blesser, cependant il faut savoir que ce mal les touche à eux plus qu’à nous, sauf si nous sommes sensibles, dans ce cas nous en serons aussi affectés.
D’après Abu Hurayrah, le Messager d’Allah a dit :

« Savez-vous qui est l’indigent ? » Les compagnons dirent : « Celui qui n’a ni dirham avec lui ni santé. » Il dit : « Le pauvre de ma Umma sera celui qui viendra au jour de la résurrection avec des prières et du jeûne et de la Zakat, mais (il se trouva comme cambriolé en ce jour comme si il avait épuisé les fonds de ses mérites) parce qu’il hurlait, insultait les autres, rapportait des calomnies sur les autres etc (…) ses mérites seront donc donnés à ceux qu’il a fait souffrir. Et si ses bons actes ne suffisent pas à les rembourser, alors il prendra leurs péchés (à son compte) et sera jeté dans le feu de l’enfer. »
Muslim

Qu’Allah fasse que nous ne soyons pas du nombre des indigents. Amin.

De cela, on peut dire que ceux qui parlent dans notre dos, ou nous insultent, nous donne en fait des bons points.

Dieu est notre meilleur garant, Il dit :

 « Vous, (Musulmans) vous les aimez, alors qu’ils ne vous aiment pas ; et vous avez foi dans le Livre tout entier. Et lorsqu’ils vous rencontrent, ils disent “Nous croyons” ; et une fois seuls, de rage contre vous, ils se mordent les bouts des doigts.

Dis : “mourrez de votre rage” ; en vérité, Allah connaît fort bien le contenu des cœurs. »
Qu’un bien vous touche, ils s’en affligent. Qu’un mal vous atteigne, ils s’en réjouissent. Mais si vous êtes endurants et pieux, leur manigance ne vous causera aucun mal. Allah connaît parfaitement tout ce qu’ils font.
Sourate Imran, verset 119

Ceci prouve qu’un vrai croyant aime son frère ou sa sœur avec sincérité, sans hypocrisie, ni effets de salon. C’est justement la caractéristique des hypocrites que de se réjouir qu’un mal est atteint un musulman ou de s’enrager parce qu’un bien l’a touché.
En tout cas, si une personne musulmane ou non vous dit ou vous fait des méchancetés, laissez-la. Patientez, car si vous patientez Allah sera avec vous, Il vous aimera et sera satisfait. Allah repoussera toute sorte d’ennuis que personne ne peut repousser pour vous. Allah dit :

"Soyez patients, car Allah est avec les patients."

En effet, répondre n’a aucune utilité, à part de s’enfoncer encore plus dans le péché. A moins d’avoir la sincérité des prophètes et de répondre uniquement pour l’amour de Dieu. Ibn taymiya comme Al Ghazali disent la meme chose sur ce point : si la vengeance devient une habitude au dépend de la patience, on devient soi-même injuste. L’âme vengeresse ne se contente pas de se venger avec équité alors qu’il lui incombe d’être juste tant au niveau de la morale (savoir) qu’au niveau des intentions. Elle risque même d’être incapable de reprendre uniquement son droit, car sous l’effet de la colère, elle ne contrôle ni ses paroles ni ses actes. Elle passe ainsi du statut de victime en attente du triomphe au statut d’oppresseur en attente de la punition.

Lorsqu’il y a une dispute le prophète a dit :

« Si quelqu’un t’insultes en citant tes défauts, ne l’insulte pas en citant les siens. »

Il a dit aussi :

« Les deux hommes qui s’insultent sont deux démons qui se querellent. »

Un homme se mit à insulter Abu Bakr Assidiq et il gardait le silence. Quand il commença à prendre sa revanche, le Messager d’Allah se leva et Abu Bakr dit : « Quand il était entrain de m’insulter, tu gardais le silence et quand j’ai parlé tu t’es levé. Il lui a dit, car l’ange répondait à ta place et quand tu as parlé l’ange est parti et le diable est venu. Or je ne peux pas rester dans un endroit où le diable existe. »

Le jour de la résurrection quand Allah réunit les créatures, quelqu’un appelle : où sont les gens vertueux ? Beaucoup de gens se lèvent et se précipitent vers le paradis. Les anges les interceptent et leur disent : nous vous voyons accourir au paradis et ils répondent : nous sommes les vertueux. Ils leur disent : Quelles ont été vos vertus ? Ils répondent : nous patientions quand on nous oppressait, nous pardonnions quand on nous offensait et nous étions cléments quand on se mettait en colère contre nous. Entrez au paradis et vous l’avez bien mérité.
Même dans l’apprentissage de la religion, Abu Hurayra a rapporté du prophète :

« Cherchez à vous instruire et en même temps à avoir la paix et la clémence. Soyez souples avec vos disciples et avec vos enseignants. Ne soyez pas des ulémas durs afin que votre ignorance ne l’emporte pas sur votre clémence. »

Terminons par cette excellente parole de Jésus, fils de Marie, sur lui la paix :
Jésus christ, sur lui la paix est passé devant des juifs qui lui ont adressé des paroles abominables auxquelles il a répondu poliment  et on lui a dit : ils disent du mal et toi tu dis du bien ? Il a dit : Chacun puise de son contenu. »

8. L’espoir

Selon Abou Hourayra, le Messager de Dieu a dit :

«Dieu glorifié et honoré a dit : «Je suis conforme à la bonne idée que se fait de Moi Mon esclave. Je suis avec lui là où il M’évoque. Par Dieu, Dieu se réjouit du repentir de l’un de vous plus que ne se réjouit quelqu’un qui retrouve tout à coup sa monture après l’avoir égarée dans une région désertique. Celui qui se rapproche de Moi d’un palme, Je Me rapproche de lui d’une coudée. Celui qui se rapproche de Moi d’une coudée, Je Me rapproche de lui d’une envergure. Quand il vient vers Moi en marchant. Je vais à sa rencontre en courant». Rapporté par Moslem

On rapporte au sujet de Jaber Ibn Abdullah qu’il a entendu le Messager de Dieu dire :

«Que l’un de vous ne meurt qu’en ayant bon espoir en Dieu glorifié et honoré !»

Rapporté par Moslem

Anas a dit :

«J’ai entendu le Messager de Dieu dire : «Dieu le Très-Haut a dit : «O fils d’Adam ! Tant que tu M’implores et que tu espères en Moi, Je t’absoudrai sans M’en faire de tous tes péchés. 0 fils d’Adam ! Si tu viens à Moi avec la contenance de la terre comme péchés et que tu Me rencontres sans M’associer quoi que ce soit, Je t’apporterai sa contenance comme absolution».

Rapporté par Attirmidhi

La porte de l’espoir est toujours ouverte, Dieu dit :

 « A côté de la difficulté est, certes, une facilité !

 A côté de la difficulté, est certes, une facilité ! »

Dans cette sourate, après avoir mentionné au Messager les faveurs qui lui ont été accordées, Allah le rassure en lui disant qu’après une période difficile, en viendra une autre plus commode.

Nous savons que les épreuves font partis de la vie sur terre, car Dieu dit : 

« Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits.»

Cependant cela ne signifie pas pour autant que le test est insupportable, car s’il l’était, l’être humain ne commettrait pas de péchés à y échouer. Un test ne peut être régulier que s’il reste dans la mesure de nos capacités. S’il reste dans la mesure de nos capacités, ce test pourra alors être raisonnablement récompensé ou puni. Or Dieu a justement dit :

« Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. »

De cela, on comprend pourquoi le suicide a été jugé Haram en islam. Les croyants n’ont pas le droit de perdre espoir en Dieu, ils doivent considérer les temps de difficulté comme un test de Dieu qui sera suivit par une période d’aise.

Le verset est répété pour rassurer les croyants, et à l’époque de sa révélation, les croyants étaient injuriés, ils avaient besoin de garder l’espoir, d’être patients et de supporter les calamités. Allah a insisté sur la promesse de la facilité pour ceux qui le craignent en disant dans la sourate At talaq 2,3 :

« Et quiconque craint Allah, il lui donnera une issue favorable,
et lui accordera Ses dons par [des moyens] sur lesquels il ne comptait pas. Et quiconque place sa confiance en Allah, Il [Allah] lui suffit. Allah atteint ce qu’Il Se propose, et Allah a assigné une mesure à chaque chose. »

Il faut ajouter que l’espoir n’appartient pas au désobéissant, Dieu dit :

« Certes ceux qui ont cru émigré et lutté dans le sentier d’Allah ceux là espèrent la miséricorde d’Allah. »

C’est-à-dire que ceux là ont mérité la miséricorde d’Allah tandis que ceux qui s’occupent de ce qu’Allah déteste, ne regrettent pas, ni ne se repentent, Ghazali dit d’eux : « leur espoir d’avoir le pardon d’Allah n’est que folie et ressemble à l’espoir de celui qui a semé les grains dans une terre aride et dure et qui a décidé de ne se charger ni de les nettoyer, ni de les irriguer. »
Il a dit aussi : « Il y a beaucoup de dogmes vains et de grandes errances [ …] qui dépassent les 70 groupes. Le seul sauvé est celui qui suit le chemin que suivaient le prophète et les compagnons. C’est-à-dire qu’il ne faut pas négliger totalement la vie, ni dompter entièrement les passions et qu’il faut prendre de la vie la quantité suffisante pour pourvoir à ses besoins. »

“Seigneur ! Accorde nous belle part ici-bas, et belle part aussi dans l’au-delà ; et protège-nous du châtiment du Feu ! ”.

Sources :
La tristesse et la déprime à la lumière du coran et de la sunna du docteur Abdallah Khatar
Revitalisation des sciences de la religion, d'Al Ghazali
tafsir des sourates : englishtafsir.com et mosshaf.com

Que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur le prophète Mohammad, celui qui a tenu sa promesse, le confident. Ô Allah nous ne savons que ce que Tu nous as appris, c’est Toi qui détiens la science. Ô Allah apprend nous ce qui nous apportera du bien et fais nous profiter du bien de ce que Tu nous as appris et augmente nos connaissances. Et embelli le bien à nos yeux et aide nous à le suivre. Et enlaidi le mal à nos yeux et aide nous à nous en détourner. Et mets nous parmi ceux qui écoutent la parole et suivent les meilleures d’entre elles. Et fais de nous tes bons adorateurs par Ta miséricorde.

Gloire à Toi Seigneur, que Tes louanges soient célébrées, j'atteste qu'il n'y a de divinité que Toi, j'implore Ton pardon et je reviens vers Toi repentante.

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