Au nom d’Allah le Clément, le Miséricordieux, Louanges à Allah.

 

Usul Al Hadith

(1/présentation –2/sens du mot Hadith)

3/Les origines du Sanad

 

L'époque du prophète

Toutes les actions et les dires du prophète sont considérés comme une partie de sa Sounnah (chemin) qui représente l'application pratique de l'islam en accordance avec les prescriptions divines. Le prophète encourageait ses compagnons (sahabah) à apprendre et à mémoriser sa Sounnah de différentes manières. Parfois il leur faisait répéter certaines invocations de la même manière qu'il leur apprenait le saint Qur'âne. Parfois il répétait trois fois ses paroles pour que les compagnons mémorisent ses décrets les plus importants. Parfois il effectuait certains rites et demandait aux compagnons de l'imiter. Parfois il demandait aux compagnons de consigner des sujets complexes par écrit.

L'ère des compagnons (sahabah)

Après la mort du prophète , les aînés parmi les compagnons (sahabah) commencèrent à enseigner aux plus jeunes sahabah les paroles et pratiques du prophète qu'ils n'avaient pas pu voir ni observer. Ces compagnons (aînés et jeunes) avient l'habitude d'instruire ceux qui se convertissaient à l'islam pendant les derniers jours de la vie du prophète et ils n'eurent donc jamais l'opportunité d'apprendre quoi que ce soit directement du prophète.

Quand l'islam s'est répandue en Arabie, Syrie, Iraq, Perse, Egypte, durant le règne des califes bien guidés, les compagnons (sahabah) enseignaient à ceux qui entraient dans l'islam les principes de la religion. Ils disaient à ceux qui se rassemblaient autour d'eux  :" J'ai vu le prophète faire ceci" ou " J'ai entendu le prophète dire cela".

C'est ainsi que la chaîne de narration de la Sounnah débuta.

Ces nouveaux musulmans qui étudièrent sous les compagnons furent nommés par la suite les tabi'in.
La majeure partie des tabi'in avaient l'habitude de mémoriser les déclarations que les Compagnons avaient l'habitude de citer. Cependant, certains les notaient par écrit. Ils avaient l'habitude de parcourir la terre pour étudier et apprendre le plus possible sur la Sounnah du prophète.

Pourquoi tous ces efforts?

C'est naturel que les gens essayent de regarder ou de se rappeler des paroles et actes d'une personne qui leur est chère et pour ses partisans le prophète était la personne la plus aimée. Le prophète a lié cet amour à sa communauté en disant :

"Aucun de vous ne sera un vrai croyant que lorsque je deviendrai plus cher (à ses yeux) que son fils, son père et toute l'humanité."

Allah dans le Qur'âne a souligné l'importance de la Sounnah du prophète pour la ummah en leur ordonnant d'obéir à ses commandements.

"Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu'il vous interdit, abstenez-vous en; et craignez Allah car Allah est dur en punition."
Sourate 59, verset 7

Comment la communauté peut-elle obéir à ce commandement divin après la mort du prophète? Comment pouvaient-ils savoir ce que le messager d' Allah avait commandé et interdit s'ils n'étaient plus avec eux? Par conséquent, un grand soin devait être donné à la préservation de sa Sounnah et à sa transmission d'une génération de musulmans à une autre. Le prophète a aussi montré l'importance de transmettre sa Sounnah sans y faire aucune modification en promettant les bénédictions d'Allah :

"Allah bénie toute personne qui entend une de mes paroles, la mémorise et la comprend ensuite il l'a transmet exactement comme il l'a entendu."

Il a aussi souligné cela en les avertissant du sévère châtiment attendant celui qui ment sur sa personne, en disant :

"Celui qui ment sur moi trouvera sa place en enfer."

L'ère des tabi'in

Quand les compagnons (sahabah) commencèrent à mourir et l'islam à s'étendre en Inde, Afghanistan, Russie, chine, nord de l'Afrique, Espagne, les tabi'in prirent ce que les compagnons avaient laissé et commencèrent une dure besogne, celle d'instruire aux nouveaux convertis les principes de la religion musulmane. Ils disaient à ceux qui s'assemblaient autour d'eux : " J'ai entendu tel ou tel compagnon (Sahabi) dire qu'il a vu le prophète faire ceci" ou "…qu'il l'a entendu dire cela".

De cette manière, un deuxième maillon dans la chaîne de narration fut ajouté.

Ceux qui étudièrent sous les tabi'in furent appelés par la suite atba' at tabi'in (les adeptes des adeptes). Beaucoup de ces nouveaux étudiants avaient l'habitude de voyager des jours et même des mois pour rencontrer et étudier avec divers tabi'in, attachant un grand soin à mémoriser et à consigner par écrit les récits de leurs professeurs.
Durant cette période, le calife Umar ben Abdel Aziz ordonna à tous les grands savants de son époque de rassembler tous les faits et gestes du prophète qui étaient enseignés parce que certaines personnes d'Iraq avaient commencé à inventer des histoires sur le prophète.
L'un des premiers savants parmi les tabi'in à enregistrer les paroles du prophète  fut Mouhammad ibn Mouslim ibn Shihab az Zuhri. Il ne s'est pas contenté d'enregistrer ces paroles mais aussi les noms des narrateurs ainsi que des informations sur ces derniers afin que ceux qui inventent des Ahâdith soient facilement repérés.
Même si la rédaction des Ahâdith s'étendait à une grande échelle, la transmission orale continua car beaucoup plus d'informations pouvaient être transmises oralement sur une courte période. Ecrire était un travail long et monotone en ce temps là. Les instruments d'écriture étaient rares, et l'imprimerie n'avait pas encore été inventée. Ainsi donc les atba' at tabi'in enseignaient de la même manière que leur prédécesseurs à ceux qui se rassemblaient autour d'eux. Ils disaient  "J'ai entendu tel et tel tabi'in dire qu'il a entendu de tel et tel sahabi dire qu'il a un jour vu le prophète faire ceci ou dire cela."
Peu de livres des atba' at tabi'in nous sont parvenus, le plus connu est le livre de Malik ibn Anas appelé Al Muwatta et dont l'exemplaire le plus connu est celui de l'élève de Malik nommé Yahya ibn Yahya, de la tribu  de Masmudah.

Dans le deuxième volume de l'exemplaire de Yahya d'Al Muwatta au chapitre concernant le lézard (dabb) nous trouvons les éléments suivants :
Malik m'a dit d'Ibn shihab d'Abu Umamah ibn Sahl d'Abdullah ibn Abbas de khalid ibn Walid qu'il a accompagné le prophète jusqu'à la maison de sa femme Maymounah et qu'un lézard rôti lui a été apporté (comme nourriture)... alors le messager a tendu sa main pour en manger. Certaines femmes qui étaient avec Maymunah dire : "Informe le messager d'Allah de ce qu'il est sur le point de manger" Quand il fut informé que c'était du lézard, il enleva sa main et (Khaled) demanda : 'Est-ce interdit Ô messager d'Allah?" Il répondit : "Non, mais ce n'était pas dans le pays de mes gens et je l'ai trouvé répugnant." Khaled dit ensuite: "J'en ai pris une partie et je l'ai mangée pendant que le prophète me regardait." Al Muwatta d'Ibn Malik.
La Sanad (chaîne de transmission) de ce Hadith est comme suit :

Prophète
Sahabah : khalid-Ibn Abbas-Abu Umamah
Tabi'in : Ibn Shibab
Atba' at tabi'in : Malik
Atba' at tabi'in at tabi'in : Yahya

Khalid Ibn Walid, Ibn Abbas et Abu Umamah étaient tous des sahabah, mais Ibn Abbas était un jeune sahabi et Abu Umamah a seulement vu le prophète juste avant sa mort. Ainsi, khalid a relaté cet incident à Ibn Abbas quand il lui a demandé à propos du fait de manger du dabb et Ibn Abbas l'a raconté à Abi Umamah qui' l'a ensuite dit à Ibn Shibab qui l'a dit à Malik qui l'a écrit et dit à Yahyah.

Suit ce Hadith dans une autre narration sur le même sujet :

"Malik m'a informé d'Abdullah ibn Dinar d'Ibn Umar qu'un homme a demandé au prophète :
"Ô prophète d'Allah que dis-tu à propos du dabb? Le prophète d'Allah répondit "Je n'en mange pas et je ne l'interdis pas"

Dans ce cas, le Sanad est plus court parce que le sahabi Ibn Umar l'a raconté directement à son élève Ibn Dinar comme suit :

Prophète
Sahabah : Ibn Umar
Tabi'un : Ibn Dinar
Atba' at tabi'in : Malik
Atba atba' at tabi'in : Yahya

Questions :

1. Un sahabah est :

a) Toute personne ayant vu le prophète après l'hijra

b) Un musulman pubère ayant vu le prophète

c) Toute personne ayant vécu au temps du prophète et mort musulman

d) Toute personne ayant vu les compagnons (sahabah) du prophète et mort musulman

e) Toute personne ayant vu le prophète et mort musulman

 

2. Le prophète a encouragé ses compagnons à mémoriser sa Sounnah :

a) En l'écrivant pour eux.

b) En leur demandant d'inscrire tous ses faits et gestes.

c) En leur faisant répéter ce qu'il dit.

d) En se répétant trois fois pour qu'ils mémorisent ses jugements les plus importants.

e) En leur faisant une démonstration pratique de tout ce qu'il faut faire et ne pas faire.

3. Le premier maillon du sanad a été formé :

a) Quand les tabi'un ont enseigné aux anciens musulmans et aux autres compagnons qui n'étaient pas renseignés sur la Sounnah

b) Quand les sahabah ont vaincu les chrétiens et les juifs qui n'étaient pas familié avec l'islam.

c) Quand le prophète enseigna aux musulmans et aux sahabah qui n'étaient pas familé avec sa Sounnah

d) Quand les sahabah n'étaient pas familié avec la Sounnah du prophète

e) Quand les sahabah qui n'étaient pas familié avec la Sounnah du prophète enseignèrent aux nouveaux musulmans les pratiques des anciens musulmans

4. L'ordre de collecter par écrit les Ahâdith du prophète a été donné par Umar Ibn Abdul Aziz parce que :

a) Les sahabah ont commencé à oublier la Sounnah du prophète

b) Il voulait étudier la Sounnah du prophète pour être un bon calife

c) Les grands savants de cette période ont commencé à oublier certains aHadith rapporté par les compagnons

d) Certains savants ont commencé à inventer des histoires sur le prophète

e) Aucun de cela

5. Le premier livre de Hadith et son auteur fut :

a) Al Muwatta d'Ibn Malik

b) Sahih Boukhâry par Mouhammad ben ismail Al Boukhâry

c) Ad-dabb par Abdullah ben Abbas

d) Al Malik par Muwatta Ibn Anas

e) Al Muwatta par Malik ben Anas

6. Boukhâry est connu comme :

a) Le sahabi ayant raconté le plus de aHadith

b) Un compilateur du plus précis recueil de Hadith appelé al Muwatta

c) L'écrivain du premier livre de aHadith appelé sahih Al Boukhâry

d) Un des livres de Hadith les plus précis

Que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur le prophète Mohammad, celui qui a tenu sa promesse, le confident. Ô Allah nous ne savons que ce que Tu nous as appris, c’est Toi qui détiens la science. Ô Allah apprend nous ce qui nous apportera du bien et fais nous profiter du bien de ce que Tu nous as appris et augmente nos connaissances. Et embelli le bien à nos yeux et aide nous à le suivre. Et enlaidi le mal à nos yeux et aide nous à nous en détourner. Et mets nous parmi ceux qui écoutent la parole et suivent les meilleures d’entre elles. Et fais de nous tes bons adorateurs par Ta miséricorde.

Gloire à Toi Seigneur, que Tes louanges soient célébrées, j'atteste qu'il n'y a de divinité que Toi, j'implore Ton pardon et je reviens vers Toi repentante.

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