Au nom d’Allah le Clément, le Miséricordieux, Louanges à Allah.

yom ar raji et bir ma3ouna

 

Après la tragédie d’Ohod, le prestige des croyants baissa et les ennemis ne cessèrent de fomenter contre le prophète, et les croyants.
Durant cette quatrième année hégirienne eurent lieu deux massacres connus sous le nom du jour de Rajia et du puits de Maouna.

Au mois de Safar de la quatrième année, les ennemis de l’islam, tendirent un guet apens aux croyants : des hommes venant d’Adl et Kara allèrent voir le prophète, pour lui demander de leur envoyer des musulmans pour qu’ils s’instruisent en religion. Le prophète,, leur envoya environ une dizaine de compagnons. Mais, les Adl et Kara, une fois arrivés à Rajia, un point d’eau, appelèrent les Banou Lihyan qui encerclèrent les croyants et les menacèrent pour les suivre chez eux. Ceux d’entre les musulmans qui refusèrent furent tués, il restait donc trois compagnons en vie qui acceptèrent de les suivre dont un qui changea d’avis et fut tué. Les deux autres compagnons furent vendus à la Mecque et emprisonnés, puis tués. L’un d’eux s’appelait Khoubaib, avant d’être crucifié, il fit deux prosternations et une invocation contre ses tortionnaires avant de réciter ce poème :

« Les factions m’ont encerclés après avoir mobilisé leurs tribus et réuni tous les leurs.
Ils ont entraîné avec eux leurs enfants et leurs femmes
Moi on me met près d’un tronc d’arbre long et résistant
Je me plaints auprès d’Allah de mon dépaysement et de mon chagrin ; car ces factions ne se sont pas réunis au lieu même où j’habite.
Seigneur fais-moi supporter le supplice qu’à présent ils me veulent après m’avoir déchiré le corps et soumis à la faim, après m’avoir fait choisir entre l’impiété et la mort.
J’ai cherché à pleurer sans toutefois trouver de larmes.
Peu m’importe si je meurs musulman car en quelque lieu que ce soit je me retrouverai avec Allah qui si Il le veut modifie les articulations de tout membre lacéré »
 
Asim ibn Thabit faisait également parti des tués du jour d’Ar raji3a, les qorayshites voulurent chercher un morceau de son corps pour l’identifier, mais Dieu envoya un nuage de guêpes sur le corps d’Asim qui les en empêcha.

L’évènement du puits de Ma3ouna se passa le même mois, Abou Bara vint voir le prophète, pour lui demander d’envoyer des compagnons pour disperser l’islam au Nadjd, le prophète envoya 70 hommes, et parmi eux Haram ibn Milhan fut chargé de transmettre une lettre du prophète à Amir At touffail qui le tua lâchement par derrière. Amir demanda ensuite l’aide de Bani Amir pour tuer les autres musulmans, mais ils refusèrent en tant que voisins de Bani Bara alors il s’adressa aux Bani Salim qui acceptèrent et les musulmans furent tous massacrés sauf Zayd ben Najjar.

Omaya ben Damoni et Al Mounthir qui passaient près du carnage essayèrent de venir en aide aux croyants, ils furent tués sauf Omaya qui fut capturé avant d’être finalement relâché par Amir quand ce dernier apprit qu’Omaya était de Moudar.

Sur la route le ramenant auprès du prophète, , Omaya rencontra deux hommes de Bani Kilab et les tua pour venger ses compagnons, mais il sut, par la suite, qu’ils faisaient parti des alliés des croyants. Le prophète, une fois informé déclara que cet acte nécessitait le paiement d’une rançon. Il parti demander de l’aide à ses alliés pour payer la rançon.

Ces deux évènements témoignent que tous les croyants contribuaient à la propagation de l’islam, et le prophète mandatait des compagnons. On remarque l’importance de la « Dawa » puisque malgré les morts du jour d’Ar Raji3a, le Messager de Dieu envoya 70 compagnons parmi lesquels les meilleurs réciteurs de Qur'ân.

Les savants ont conclu de ces évènements qu’il ne faut pas demeurer chez Dar al kouffar, car on ne peut y pratiquer son islam, et cela est « makrouh », si en revanche on ne peut pas y déclarer son islam, c’est  totalement « haram » d’y résider. Par contre, si on y va dans le but de propager l’islam, alors cela fait parti des actes « fard kifaya » et a la valeur d’un jihad.

Durant ces incidents, on a pu constater que les dénégateurs ont utilisé la traîtrise pour massacrer des musulmans et qu’à l’inverse, les croyants comme Khoubaib agissaient avec bonté et noblesse. En effet, bien que possédant un couteau pour se raser, Khoubaib joua avec l’enfant de ses tortionnaires, rassurant même la mère qu’il ne toucherait pas à l’enfant, on peut donc distinguer entre deux manières d’agir : la bonne éducation islamique d’une part et les agissements vils, sournois et lâches des dénégateurs.

Alors que Khoubaib allait se faire crucifier, Abou Soufian lui dit : « Serais tu heureux si nous faisions venir Mouhammad pour lui trancher le cou et que l’on te laisse rejoindre les tiens ? » Alors il répondit : « Non par Allah je ne serai pas heureux de rejoindre les miens alors que Mouhammad est en danger là où il est. »
Et ceci nous montre au combien les compagnons aimaient le prophète, , et ce malgré leur souffrance.

On s’aperçoit également à travers la lecture de la sira prophétique que les compagnons, que Dieu les agrée, recevaient des « karama », à ne pas confondre avec les miracles ou « mouhjiza » qui sont réservés aux prophètes, sur eux la paix et les bénédictions. Le miracle « mouhjiza » est en quelque sorte une réponse à un défi, mais surtout, il doit se voir, car il apporte la preuve de la véracité du Messager. Tandis que la « karama », ou bienfait, est discrète, comme un secret entre l’adorateur et Son Seigneur. Ce fut le cas quand Asim fut recouvert d’un nuage de guêpes, et ceci parce qu’il avait promis à Allah qu’aucun polythéiste ne le toucherait et qu’il ne toucherait aucun polythéiste. Quand il fut informé de cet évènement, Omar dit : « Allah protège son serviteur lorsqu’il est mort tout comme Il le protégeait de son vivant. »

Enfin, on peut se demander pourquoi le prophète, a envoyé d’autres compagnons après les premiers évènements tragiques du jour d’Ar Raji3a ou pourquoi il n’en a pas envoyé plus pour qu’ils se défendent? Parce que Dieu nous a demandé deux choses : bâtir une société musulmane même si cela comporte des difficultés. Deuxièmement, ces évènements difficiles mettent les êtres humains à l’épreuve afin que Dieu distingue les croyants des non croyants et offre le martyr à certains comme Haram ibn Milhan, le frère d’Oum Salim qui transpercé et couvert de sang par la lance d’Amir dit : « Allahou Akbar ! Par le Seigneur de la Kabba, j’ai réussi. »

 

Que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur le prophète Mohammad, celui qui a tenu sa promesse, le confident. Ô Allah nous ne savons que ce que Tu nous as appris, c’est Toi qui détiens la science. Ô Allah apprend nous ce qui nous apportera du bien et fais nous profiter du bien de ce que Tu nous as appris et augmente nos connaissances. Et embelli le bien à nos yeux et aide nous à le suivre. Et enlaidi le mal à nos yeux et aide nous à nous en détourner. Et mets nous parmi ceux qui écoutent la parole et suivent les meilleures d’entre elles. Et fais de nous tes bons adorateurs par Ta miséricorde.

Gloire à Toi Seigneur, que Tes louanges soient célébrées, j'atteste qu'il n'y a de divinité que Toi, j'implore Ton pardon et je reviens vers Toi repentante.